Après une pause … la reprise

Elle est si belle….

Je vous propose trois étapes :

trouvez-lui un nom

mettez la en situation : où est elle ? que fait-elle ?

son problème, son souci ou sa joie …

et vous écrivez un texte, une histoire, une aventure

à vos plumes ….

ce sera un grand plaisir de vous lire

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11 réponses à Après une pause … la reprise

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Un rayon de lumière illuminait la scène et l’homme s’arrêta un instant sur le seuil pour contempler sa fille occupée à broder près de la fenêtre, tellement jolie dans ses vêtements aux imprimés orientaux, un teint d’ivoire, des yeux noyés d’obscurité et de mélancolie. Depuis que son promis et son grand frère avaient été enrôlés dans l’armée ottomane.
    Son cœur se serra, les paroles qu’il s’apprêtait à prononcer allaient bouleverser le tranquille univers de Sévana. Tranquille Sévana ? Pas tant que ça. Elle avait surpris des chuchotements jusque tard dans la nuit entre ses parents, des conciliabules avec des inconnus. En outre la fébrilité soudaine de ce père d’ordinaire si calme, les yeux rougis de sa mère l’avaient mise en alerte.

    Ecoute-moi bien ma fille, tu vas aider ta mère à préparer des bagages, légers, juste quelques vêtements et quelques victuailles – il sembla hésiter un instant devant les grands yeux soudain inquiets – nous devons partir sans perdre de temps, la situation est grave, nous courons un grand danger si nous restons… Et surtout pas un mot, à personne…

    Mais, père… Azad et Samvel quand ils reviendront… Ma pauvre enfant… ils ne reviendront pas.
    Il savait depuis quelques jours que son fils aîné et son futur gendre avaient été massacrés, ainsi que tous les soldats arméniens de l’armée, sur l’ordre du sultan. Aussi plus rien désormais ne le retenait à Constantinople. Il lui fallait maintenant protéger sa femme et sa fille car il avait appris aussi que nombre de jeunes arméniennes, les plus jolies, avaient été enlevées, les exécutions sommaires se multipliaient. Alors oui, le temps pressait.

    Son frère, qui s’était expatrié plusieurs années auparavant avec sa famille, le pressait de partir et de le rejoindre à Marseille. Les deux hommes s’occupaient d’exporter des étoffes orientales et leur commerce florissant lui avait donné les moyens d’organiser la fuite, alors depuis quelques jours il s’y employait secrètement.

    D’épais nuages noirs cachaient la lune lorsqu’ils partirent, en pleine nuit, rasant les murs en silence, Sévana et sa mère, tremblant de peur et de froid, se serraient l’une contre l’autre. Un homme les attendait au sortir de la rue avec un chariot bâché. Arrivés au port ils embarquèrent sur un bateau de commerce qui prit le large aux premières lueurs du jour laissant derrière eux pour toujours les coupoles et les minarets de Constantinople.
    Sévana comprit que jamais elle ne verrait le lac d’Arménie dont elle portait le nom.

  2. MIREILLE dit :

    Faustine et là et le regarde.
    Elle vient d’arriver. On est venu la chercher en hâte. Elle n’a pas eu à marcher comme les rares fois où elle se rendait chez son maître, dans son imposante demeure. Pendant tout le trajet, elle n’a pas desserré les dents. Le vieux Joseph qui conduisait la charrette a tout de suite remarqué le rouge de sa colère qui empourprait ses joues et n’a pas cherché à engager la conversation. Sur le seuil de la porte c’est le maître lui-même qui est venu l’accueillir. Sans se l’avouer, elle a apprécié ce geste. Ce n’était pas comme ce matin lorsqu’il est arrivé avec grand fracas dans sa voiture avec cocher. Il s’est adressé uniquement à son époux alors que c’était elle l’enjeu de la discussion, elle n’a eu aucun droit à la parole lors de la négociation et maintenant, il fallait obéir.
    Il l’a invitée à le suivre. Ils ont marché à pas pressés dans le long corridor qui mène à l’escalier. Faustine s’est sentie minuscule sous ces hauts plafonds. Les personnages drapés de dignité qui s’affichaient sur les murs dans d’immenses tableaux la transperçaient du regard.
    – Que fait cette intrigante sous notre toit ?
    Dans le couloir qui mène aux chambres, une porte légèrement entrebâillée laisse échapper des gémissements. Faustine a entendu les chuchotements de servantes qui s’activaient en silence.
    C’était donc vrai. Ce n’est pas une lubie de jeune femme coquette … Elle se meurt !
    Au bout du couloir, les pleurs, les cris d’un bébé affamé. Elle a alors compris le sacrifice qu’on exigeait d’elle : laisser son propre enfant, son petit Jules adoré, qu’elle allaitait encore malgré ses deux ans passés, pour venir nourrir ce nourrisson dont la mère allait passer de vie à trépas !
    Faustine entre dans la chambre où ce petit innocent l’attend.
    Elle est là et le regarde, attendrie.

  3. Claude Klein dit :

    Elle est jeune et vieille. Sans discontinuer, elle veille sur sa patronne.
    En ce moment, attendant d’être requise pour parfaire la coiffure de Madame Oki, c’est sa propre image qu’elle observe dans le miroir du boudoir où elle se tient.
    Que voit-elle entre les cils de ses paupières baissées ?
    Une peau lisse protégée du soleil depuis sa plus tendre enfance ? Oui, mais ce teint rosé, peau de pêche, elle l’a toujours pris pour argent comptant. Elle ne la voit même plus.
    Des pommettes hautes soutenant la ligne étirée de ses yeux qu’elle sait ardents et mordorés comme ceux de sa mère venue d’un lointain pays – là-bas de l’autre côté de l’océan – et qui avait suffisamment aimé Teleo , pour lui laisser une petite fille en héritage ? Non plus.
    Son père, Teleo… La vague l’avait emporté et Yuki était restée seule. Elle avait sept ans et savait lire, écrire et compter. Sa grand-mère n’avait pas pu la garder. Sa mère, repartie pour son pays de cocagne, n’avait pas laissé d’adresse. Elle fut placée comme camériste chez une lointaine parente.
    D’abord bonne à tout faire, elle avait peu à peu gagné ses galons d’assistante de vie, troquant ses galoches de jute contre des chaussures d’intérieur en soie. Echangés, ses habits de gros coton pour une tenue décente : robe d’intérieur plissée haut croisée et châle tricoté à pois. Sur la tête, le fichu noué en bonnet lui cachait les cheveux. Par décence. Oui. Mais surtout parce qu’ils étaient la marque indélébile du tsunami de sa petite enfance.
    Quand on l’avait retrouvée accrochée à une poutre sous un amas de sable boueux, Yuki était devenue une enfant-vieillard. L’espace d’une vague, sa chevelure s’était transformée en une épaisse couverture de neige, l’enveloppant comme pour la protéger.
    L’hérédité avait immédiatement pensé sa grand-mère dont la tête était restée telle quelle. Le choc, avait dit le docteur versé en psychologie des traumatismes de la vie.
    C’est en s’attachant au dessin précis de sa bouche à la fois tendre et volontaire que Yuki continue à se contempler paisiblement. Elle savoure ce moment de paix volé à ses obligations quotidiennes. Elle sait que dans trois minutes exactement, la voix autoritaire de sa cousine va résonner pour siffler la fin de cet instant de silence et de calme. Alors, la petite enfant-femme commencera à brosser les cheveux épais pour les relever en un chignon élégant, lisse comme une pelote de fils de soie noire.
    Madame Oki se prépare à célébrer la fête des cerisiers en fleurs. Tout en elle doit être à la hauteur.

  4. Odile zeller dit :

    La photo

    Ce n’était qu’une image après tout. Elle la trouvait belle une Japonaise avec un visage lisse un air sérieux concentré, comme une épure. Mais que faisait il là ce cliché sur le bureau de son père dans un cadre. Il ne luis semblait ne jamais l’avoir vu à cet endroit de son vivant. Mais elle ne venait quasiment jamais dans son bureau. Il fallait toquer attendre qu’il crie « entrez » et elle n’avait pas la patience ou l’oreille assez fine. Aucune photo de famille, pas la moindre de ses enfants ou de ses petits enfants. Il disait que cela n’intéressait pas ses clients, sa vie privée. Une photo de Japonaise. Elle ne savait même pas s’il était jamais allé au Japon, peut être avant sa naissance … mais à l’époque c’était une épopée dont on aurait parlé ensuite.
    Derrière une date 1890 … son père n’était pas né !
    Elle pourrait essayer de questionner sa mère un jour où elle aurait toute sa tête mais elle connaissait la réponse : je ne me suis jamais occupée des affaires de ton père, tu sais bien.
    Une japonaise, une geisha.
    Son père était si traditionaliste, si coincé qu’il était impossible de lui supposer une liaison avec une Asiatique.
    La réponse vint par surprise quand il fallut vider la maison , payer les frais de succession. Le commissaire priseur avait délicatement pris le cadre entre deux doigts effleurer la photo.
    un très beau cliché, un chef d’œuvre. Si c’est une original cela vaut une fortune …
    je ne sais pas d’où ça vient
    Vote père était notaire … une œuvre pareille ça peut éponger une dette importante vous savez.
    Je ne crois pas avoir jamais vu ce cadre … avant son décès
    Eh bien c’est une aubaine … si vous le vendiez …. faites moi signe

    Elle l’avait gardé et s’était rendu aux jardins Albert Kahn …

  5. Marie-Pierre dit :

    Aya s’est encore laissée entraîner dans un projet de Tom. Encore une fois il pense qu’il a trouvé le moyen de devenir célèbre très vite et de faire exploser ses réseaux sociaux sous le poids des admirateurs.
    Elle n’y peut rien : elle l’aime bien Tom. Elle l’a aimé le premier jour, en classe de Terminale quand il s’est assis à côté d’elle en cours d’anglais.
    Tom veut devenir riche, très riche, très vite. Pour ne plus se lever le matin, pour ne plus devoir répondre aux courriels de son manager à 19 heures. Pour enfin lire des romans en paix et monter des spectacles.
    C’est un rêveur et un fainéant, mais elle l’aime bien.
    Elle a une mère japonaise et un père français. Elle a grandi en Normandie, elle aime les légendes du Japon mais déteste le poisson, elle sait calligraphier son prénom en japonais et celui de son chat, mais elle préfère parler italien. Elle déteste tous les clichés sur les asiatiques…
    Mais là voilà de nouveau à jouer la carte “exotique”, la carte “traditionnelle” pour plaire à Tom.
    Elle n’y peut rien, elle l’aime bien Tom.
    Pour lui elle sera héroïne de manga ou geisha, n’importe quelle femme en kimono ou en robe de chambre…. Tout pourvu qu’il ne l’oublie pas dans le bazar de ses rêves de gloire.

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