6 janvier

 

6 janvier : le défi du jour à savourer

 

un plat, une recette, un fruit exotique, un restaurant où vous êtes allés et qui vous a emmené ailleurs… une saveur inattendue…

bref que le goût ait une saveur inhabituelle …

Les textes d’hier c’est ici.

a vos plumes

la plume

8 réponses à 6 janvier

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Je l’avais lu côté habitude mais il se lit aussi côté cuisine avec les Palatschinken dégustées en Hongrie avec plaisir.

    La « Gasthaus »
    Quand on ne connait ni la langue, ni les coutumes locales, il est di cile de se repérer dans les menus qu ́on vous propose dans les « Gasthäuser », pas vraiment restaurants mais plus que cafés, traduit li éralement, ça donne « maisons d ́hôtes ». Aujourd ́hui, avec le développement du tourisme, la plupart des hôteliers se sont mis à la page et proposent, en général, des menus en anglais mais jusque dans les années ́80 la ville sommeillait, engoncée dans ses habitudes, provinciale. Toutefois, c ́est le même air qu ́autrefois qu ́on respire encore dans ces restaurants typiques. On peut toujours y goûter les plats tradi onnels, les coutumes sont dures à mourir dans la gastronomie locale et les innova ons en la ma ère ne se frayent un chemin que très lentement. Le bio, la cuisine végane ou la nouvelle cuisine ont ici la vie dure.
    C ́était en 1979, à la n de l ́hiver. Nous entrons dans la salle (double porte, un rideau épais après la seconde, en souvenir du temps où les hivers pouvaient encore se dire tels), l ́ambiance y est chaleureuse, décora on rus que, tables en bois brut, nappes à carreaux, servie es en papier. Nous prenons place après nous être dûment débarrassés de manteaux, châles, bonnets, pulls (un peu comme au ski, il ne manque que les bo es). La serveuse – nous avons eu de la chance, nous avons pu l ́admirer en costume typique, le « Dirndl », tradi on oblige – s ́approche pour prendre la commande des boissons. Elle nous tend les menus dont la couverture a connu des temps meilleurs et nous laisse abandonnés à notre sort. Tous les quatre, interdits, nous interrogeons sur les prochaines étapes à suivre.
    Seule de la compagnie ayant des connaissances de base d ́allemand, je prends mon courage à deux mains et déclare être prête à assumer l ́en ère responsabilité de l ́ordre. Mes yeux parcourent les feuillets protégés par des poche es plas ques vaguement graisseuses sur les bords. « Palatschinken », voilà quelque – chose qui doit avoir rapport avec du jambon. Risque minimum. Concerta on générale, le plat fait l ́unanimité.
    Nous sirotons la bière, excellente, en a endant l ́arrivée du plat. Nous discutons, rions, oublions presque l ́appé t que nous avions en entrant. Le « Dirndl » réapparaît soudain, tel un jongleur, portant en équilibre sur bras et mains quatre plats contenant chacun … deux énormes crêpes saupoudrées de sucre glace et entourées d ́une montagne de crème foue ée, un pot de compote de prunes dans chaque assie e. Nous échangeons, en silence, des regards qui en disent long, subjugués cependant par la vue du met. Un éclat de rire suivi de trois autres brise le charme.

  2. Marc dit :

    Momo c’est le roi de l’andouillette à la ficelle. De temps en temps, il donnait un coup de main au tripier de la rue du Conservatoire. Dans son atelier de fabrication, il découpait (au couteau, pas à la machine!) la panse du porc et son gros intestin, le chaudin, en fines lanières qu’il assaisonnait avec du sel, du poivre, de la moutarde et un peu d’oignons hachés. Ensuite, il attachait ensemble huit lanières de chaudin et quatre de panse qu’il faisait passer dans la robe à l’aide d’une ficelle. Il nouait alors les deux extrémités de l’andouillette et procédait à la cuisson. Cinq heures au court-bouillon. Jamais plus de 85°, au delà la robe éclatait.
    Momo avait quatre belles andouillettes un peu boursouflées, grisâtres et légèrement odorantes, ce qui garantissait qu’elles ne devaient rien à la charcuterie industrielle. Saul avait dressé la table. Quatre assiettes en pyrex, quatre verres dépareillés, quatre fourchettes et chacun avait son mouchoir et son couteau. Momo avait fait dorer quelques belles échalotes émincées dans une poêle, les andouillettes les y avaient rejoint et un verre de vin blanc avait déglacé le tout dans un crépitement vif qui embauma la minuscule cuisine des frères. Précautionneusement il avait fait glisser le contenu de la poêle dans un plat, versé généreusement quelques cuillerées de moutarde et enfourné un bon quart d’heure. Le mur du fond de la cuisine était étrangement constitué d’un rideau de fer qu’on avait fixé là et sur lequel était peint le visage étonnamment réaliste d’une vielle femme aux cheveux et aux yeux gris perle. Titi avait déjà vu ce portrait. Mais où ?
    Quand le plat arriva sur la table, Momo déposa sur les andouillettes, prêtes à craquer dans leur peau merveilleusement cuivrée, quatre belles cuillers de crème que quatre paires d’yeux regardèrent fondre avec gourmandise. Saul répartit les andouillettes dans les assiettes les arrosant copieusement de crème ambrée dont chacun respirait le léger voile de vapeur qui s’en échappait.
    – Bon ap ! dit Rico,
    – Bon ap ! Répondirent les autres, chacun entamant silencieusement sa part.
    Quand la dernière goutte de sauce fut aspirée par la dernière miette de pain, Titi demanda :
    – T’as pas une tranche de jambon ? … pour le chat.

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Méchoui dans le désert

    Tard dans l’après-midi nous arrivons au désert du Wadi Rum, accompagnés par la musique du film «Laurence d’Arabie». En face de nous les Sept Piliers de la Sagesse illuminés par le soleil qui décline.
    Au campement la grande tente noire en poil de chèvre, dans laquelle nous passerons la nuit, est déjà montée. Non loin de là des bédouins s’affairent autour d’un feu dans une tranchée, sur lequel cuira notre diner, un agneau de lait fourni par un nomade.
    Nous quittons l’autocar pour des 4×4 avec lesquels nous allons visiter le désert pendant que l’agneau cuit à petit feu. Le désert et les montagnes passent par toutes les couleurs du couchant, avant de sombrer dans les mauves. Il fait presque nuit lorsque nous revenons au campement. Le parfum de la viande rôtie nous accueille et stimule notre appétit.
    Assis en cercle autour du feu nous dégustons l’agneau qui a été farci avec du riz parfumé à la cardamome. Ça me change du traditionnel abbacchio de la campagne romaine parfumé au romarin. Il est délicieux et tellement tendre qu’il fond dans la bouche. Je le trouve infiniment plus savoureux. Magie du Wadi Rum sans doute !
    Les bédouins des alentours arrivent les uns après les autres avec des instruments de musique. Chants et danses vont égayer la soirée.
    Jamais la nuit n’a été aussi bleu, jamais il n’y a eu autant d’étoiles dans le ciel.

  4. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Iguane en colère

    Ma chère Sophie,
    Tu me demandes quelques recettes pour épater ta mère qui vient pour les fêtes. Je comprends que tu veuilles faire bella figura.
    Tu m’avais demandé comment cuisiner un dragon, vu la ressemblance avec ta mère ! (T’exagèrerais pas un peu ?)
    Mais où veux-tu dénicher un dragon ? Que dirais-tu plutôt… d’un iguane ?
    C’est un plat tout à fait spectaculaire mais extrêmement délicat à préparer, surtout dans la phase préliminaire. En effet pour que le plat soit réussi, l’iguane doit être bien hérissé. Et pour cela il faut lui faire très mal.
    La meilleure solution c’est de le pincer sans pitié dans ses endroits sensibles. Mais attention, ainsi agressé il peut mordre.
    Une autre solution serait de lui faire peur. Dans ce cas l’installer devant l’écran de télévision et l’obliger à regarder les discours de certains politiques. A la rigueur lui montrer une photo des frères Bogdanov.
    L’iguane étant très sensible ne peut rester indifférent, il se hérisse et prend alors des couleurs extraordinaires, allant du turquoise au violet avec des pointes pourpres.
    Lorsqu’il est bien hérissé il faut le saigner comme un poulet.
    Ensuite
    – avec un couteau bien affilé détacher délicatement la carapace, la mettre à sécher au soleil, bourrée de paille pour qu’elle conserve sa forme. Elle servira pour la présentation. L’occhio vuole la sua parte.
    – Désosser l’iguane. Hacher les chairs. Ajouter 1kg de brandade de morue, 2 œufs, de la mie de pain trempée dans du lait, des câpres, des anchois, de l’ail, du persil, de la coriandre, du gingembre râpé, du sel, du poivre. Travailler le tout à la fourchette. Le mélange doit être consistant.
    – Bien étaler la farce. La recouvrir d’une couche d’épinards. Disposer 3 œufs
    durs à la queue leu leu.
    – Rouler le tout et former comme un gros saucisson.
    – Le ficeler. L’enfariner.
    – Dorer de tous les côtés dans une grande cocotte, arroser de cognac et flamber.
    – Ajouter des échalotes émincées très fin, des carottes et du céleri. Lorsque les échalotes sont transparentes ajouter du vin blanc. Cuire à feu très doux pendant 2 heures.
    On peut aussi en fin de cuisson ajouter quelques tomates Pachino mais juste pour colorer la sauce.
    – Présenter le roulé d’iguane recouvert de sa carapace hérissée ( n’oublie pas d’enlever la paille) entouré de tranches de pain grillé. Présenter la sauce à part.

    C’est un plat qui ne laisse pas indifférent. Ça m’étonnerait que ta mère, surprise par l’originalité de tes recettes, s’incruste ou même qu’elle revienne l’an prochain.
    Voilà, passe de bonnes fêtes, je te souhaite une très heureuse année et je t’embrasse affectueusement.

  5. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Ma première poutine, c’était aux promenades des Outaouais dans un centre commercial. La serveuse m’a apporté une assiette énorme pleine de frites recouvertes de fromage fondu. Mon mari a éclaté de rire face à ma mine déconfite. Je ne sais pas ce que j’imaginais. C’était des frites, plat que j’évite toujours, et du gruyère fondu. J’ai fini mon assiette avec lenteur. J’ai ri aussi un plat pour trappeurs, pas du tout pour dame souhaitant garder la ligne. Les pommes de terre avait bon goût, le reste moins. Pour survivre par moins 20 le nombre de calories adéquat, pour jouer au hockey certainement parfait. Je n’ai plus jamais mangé de poutine. Enfin si une fois en Italie on avait peut être voulu me faire plaisir, me rappeler le Canada c’était raté.

    Par contre j’ai gardé le sirop d’érable, c’est bon dans le yaourt, ça ne sucre pas trop. Et les souvenirs me reviennent, les arbres reliés par des petits tuyaux le long des petites routes, les cabanes à sucre avec ce plaisir de goûter la tire, les gouttelettes figées dans la neige et cette ambiance de février ou l’on croit à tort que l’hiver est presque fini.
    Les arbres à l’automne flamboient dans les ors et les rouges avant de s’éteindre et de renaître quand il ne gèle plus que la nuit. Cette joie des cabanes, ces échanges de sourire autour d’une tartine, d’un repas pris ensemble assis sur un banc au chaud en regardant la neige et la forêt. Le feu de bois et la fumée qui sort par un tuyau perché au dessus du toit pentu. Les oiseaux sont aussi à la fête. Les écureuils, les marmottes ne sortent pas encore de leurs cachettes. Quel bonheur d’aperçevoir l’oiseau voleur perché sur le gobelet où coule la sève. L’érablière anime toute une famille, le sirop est partagé, apprécié et conservé tout au long de l’année. Autrefois c’etait le seul sucre, maintenant c’est une douceur-plaisir.

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