19 janvier un personnage de l‘Histoire

Aujourd‘hui note défi est plus difficile. Vous ferez parler un personnage historique. Une figure, un symbole si vous voulez ou tout simplement un buste, une Marianne … comme vous voulez!

A vos plumes

6 réponses à 19 janvier un personnage de l‘Histoire

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    La dernière Maharani

    Désormais je ne sors plus de ma résidence de Jaipur. Le poids des années.
    On me dit fière et orgueilleuse. Mais comment ne pas l’être.
    Née princesse de l’état du Cooch Bihar, je suis devenue rajmata de Jaipur, la reine, choisie et aimée du maharajah. Habituée par mon éducation à une grande liberté, j’avais toutefois posé une condition, ne pas être soumise au purdah, la ségrégation dans le quartier des femmes. Jamais je ne l’aurais supporté, je tenais trop à mon indépendance et Sawai mon époux ne savait rien me refuser.

    Notre vie fut des plus agréables. Nous partagions notre temps entre les voyages et les réceptions, le tennis, le ski, l’équitation, les tournois de cricket et de polo dont Sawai était un grand champion. La reine d’Angleterre et Jackie Kennedy étaient mes amies et je figurais dans la liste des dix femmes plus belles du monde. Mais ce n’est pas de cela que je suis la plus fière.

    Dans les années soixante je me suis lancée dans la politique, il y avait fort à faire dans le pays et j’étais contre la dynastie des Gandhi. J’ai été élue par trois fois députée du Rajasthan avec une majorité tellement écrasante qu’elle ne fut jamais égalée par aucun politicien. Un record.
    Oubliant les mondanités, j’ai visité les coins les plus reculés du Rajasthan, touchant du doigt une réalité dont la vie fastueuse m’avait tenue éloignée. J’ai tenté d’améliorer le sort des plus démunis et ce ne fut pas une mince affaire. Essayez donc de vider l’océan avec une cuillère à café ! Une de mes réussites cependant a été la création à Jaipur d’une école supérieure pour jeunes filles. De cela je suis fière.
    Cependant mon opposition à Indira Gandhi m’a valu maints désagréments. Moi, la maharani de Jaipur, j’ai passé cinq mois en prison pour violation des lois relatives à la possession de devises. Les inspecteurs des finances avaient trouvé chez moi la somme énorme de… dix-neuf livres sterling et quelques francs suisses !
    Mais, en réalité, ce que convoitait cette femme impitoyable c’était le légendaire trésor des maharajahs de Jaipur. Pour renflouer les finances de l’état.
    Elle employa l’armée qui fouilla et sonda de fond en comble tous les palais et forteresses que nous possédions et dans lesquels nous aurions pu le dissimuler. L’une d’elles fut démantelée pierre par pierre. C’est dire l’acharnement de mon ennemie. Mais… le trésor reste bien caché !

    La vie m’a beaucoup donné et m’a aussi beaucoup repris, me touchant dans ce que j’avais de plus précieux. Mon mari d’abord, mon unique fils ensuite. Je n’ai plus désormais d’autre espoir que celui de les rejoindre bientôt.
    Quelqu’un se souviendra-t-il un jour de Gayatri Devi ?

  2. Marc dit :

    Titi avait décidé de rendre visite à son ami Mokthar qui était empêtré dans de sales embrouilles. Il attendit patiemment la fin de sa lessive en jetant des regards furieux aux deux gamins qui polluaient son espace sonore de leur insupportable musique techno. Mais, hypnotisé par le roulement régulier de la machine à laver qui lui faisait face, et caressant mécaniquement le chaton qui s’était endormi sur ses genoux, il s’abîma une nouvelle fois dans ses pensées. Parfois, sans trop savoir ni comment ni pourquoi, le personnage d’Edward Smith surgissait inopinément au détour des ses rêveries ; peut-être parce qu’il vouait, depuis longtemps, une tendresse toute particulière au premier, et dernier, commandant du Titanic avec lequel il partageait l’expérience de la noyade en eau froide. Titi ne comptait plus les points communs de leurs destinées et, à chaque fois qu’il évoquait leurs trajectoires respectives, il les voyait se confondre dans d’étranges communions fraternelles et douloureuses. Comme lui ; Edward était né d’une famille modeste dont il s’était extrait par le travail et l’apprentissage. L’un comme l’autre avaient gravi, un à un, les échelons pour accéder à l’excellence, et acquis une popularité qui les propulsaient au sommet de leur art. Titi, sans doute avec la même arrogance, la même insouciance et le même mordant qu’Edward Smith, s’était persuadé qu’aucun iceberg ne pouvait se mettre en travers de sa route. L’un pilotait un paquebot qu’il croyait insubmersible, l’autre un atelier dont la renommée le mettait à l’abri d’un éventuel naufrage. Le premier naviguait sans se soucier de la menace des éléments, le second aimait sans se préoccuper des écueils disséminés dans la morosité du quotidien. Titi songea un instant qu’ils avaient tous deux péri, emportés par leur outil de travail. Edward Smith englouti dans son cercueil de fer, Titi dans l’illusion de l’épave qu’il avait fait de sa vie. Du moins le pensait-il.
    – L’essorage est terminé, avait dit le chat.

  3. Ludmilla dit :

    Madame de Sévigné

    Lettre de Madame de Grignan à sa mère Madame se Sévigné
    (réponse inspirée librement à un courrier de février 1671)
    Marseille 13 mars 1671
    Ma bien chère et tendre mère. Je comprends ô combien le souci que vous vous faites pour moi, il est à l’égal de ce que je ressens pour vous et je suis bien inquiète. Mais je vous en supplie mère tant aimée, ne versez plus de larmes pour moi quand je vous écris vous aimer plus que tout. L’idée de voir votre visage triste et pâle lors de ma prochaine rencontre m’est insupportable. Vous êtes si belle, le serez toujours et l’entendrez de vos connaissances pour autant que vous les rencontriez. Acceptez aussi je vous prie quelque invitation. N’écoutez en cela aucunement les conseils de mon cousin Eugène, vous ne sauriez les apprécier. Je vais moi m’en occuper, si vous le permettez, car vous savoir ainsi sans bon moral et ne pensant qu’à moi m’attriste au plus haut point.
    Vous savez les distances qui nous séparent, je ne puis les réduire ni raccourcir le temps d’aujourd’hui jusqu’à notre prochaine visite. Je forme le vœu de venir avec mes filles, vos « petites-entrailles » comme vous les appelez et prie Dieu de me l’accorder. Pauline est toujours aussi belle, enjouée et charmante, quant à Marie-Blanche je m’inquiète d’une sorte solitude qui la rend peu proche de nos conversations. Devrais-je lui proposer de vous écrire avec l’espoir que vous lui répondiez ou bien que vous lui écriviez quelque histoire ?
    Portez-vous toujours l’étole d’organdi grise que mon époux et moi vous avons offert l’an passé ? Vous me dites dans votre avant dernière lettre que vous le tenez à la main le jour durant et au long de vos nuits sans oser vous en servir. Le faire me réjouirait tant. Je n’oublie pas de vous remercier pour cette magnifique bague que vous m’avez adressée, elle convient parfaitement à mon doigt et au teint de ma peau de neige. Je vous revois encore la portant, ce diamant embellissait votre main qui n’en avait aucun besoin à mes yeux.
    Vous êtes, mère aimée, celle qui m’a donné la vie et un amour infini. Vos mots sont plus beaux en les écrivant qu’en les prononçant ; le choix et l’arrangement que vous en faites leur donne plus de force et d’amour. Vous avez aussi le secret et le don de certaines formules, cherchant « toujours à ne (se) point ennuyer ». Ne vous mettez plus dans un grand ennui en attendant mes lettres, je viens bientôt et vous ferai rire à nouveau.
    Merci de m’avoir lue mère bien aimée et pardonnez mon écriture si loin de la qualité de la vôtre mais mon cœur guidait chaque mot de chaque ligne de chacune de ces pages.
    Votre Françoise

  4. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Champlain, Samuel de Champlain, vous le connaissez ? Le découvreur, l’homme fort, le pionnier, le soldat valeureux… mais l’autre le gentil mari qui installe sa jeune épouse en Nouvelle France, le meneur qui parlemente avec les Indiens. L’homme dont l’astrolabe perdue et retrouvée montera au ciel jusqu’à la station spatiale ! Celui que je préfère c’est le rédacteur des carnets. Dans ces cahiers garde format il écrit, il dessine un pays idyllique où les indigènes très belles circulent nues, où les champs donnent de bonnes récoltes où la chasse est facile et les forêts giboyeuses. Son catalogue rappelle certains dépliants de voyages organisés où le rédacteur oublie les maladies, les risques… ici le bon Champlain vante un Canada paradisiaque avec ses lacs, ses animaux à fourrure et toutes ses merveilles en oubliant un détail …. les rigueurs de l’hiver. On l’imagine faisant circuler les carnets, y ajoutant force commentaires pour séduire de nouveaux émigrants pour faire pièce aux Anglais et peupler la Belle Province.

    • Ludmilla dit :

      Merci Odile, tu nous fait redécouvrir un homme aux multiples compétences, parmi lesquelles celle qui te tient à coeur, les carnets ! Images, dessins, légendes… à la manière d’une bande dessinée disent certains articles. Un bon article qui incite à l’achat de l’ouvrage !

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