22 janvier dernier défi

Un Botero ou presque
Oz

notre dernier défi …

un départ! Un voyage ou un adieu

a votre choix

la plume

10 réponses à 22 janvier dernier défi

  1. Régine Bobée dit :

    je débarque avec quelques jours de retard sur ce défi, mais tant pis! je vous poste tout de même mon texte qui me tient à coeur. merci pour ces défis et lectures si variées! xx

    Premier départ pour l’Angleterre
    C’est seulement à la fin de la classe de sixième que ma mère avait enfin consenti à me laisser partir en Angleterre chez ma tante, qui était également ma marraine et me réclamait déjà depuis plusieurs années: mariée à un Britannique juste après la fin de la seconde guerre, elle était partie habiter là-bas bien avant ma naissance et ne revenait que rarement au pays; elle n’avait pas d’enfant et demandait chaque été qu’on m’envoie chez elle pour les grandes vacances.
    Ma petite mère-poule, terrorisée à la seule idée que je me puisse me perdre dans un pays étranger dont je ne comprenais pas encore la langue, avait tenu à attendre que j’aie fait au moins une année d’anglais au lycée. Non pas que je sois devenue bilingue en quelques mois, loin de là, mais cela lui avait suffi pour comprendre que j’allais aimer cette langue. Elle me laissa donc partir, non sans m’avoir fait avaler des cachets contre le mal de mer (qui me donnèrent la nausée), et après m’avoir confiée à une hôtesse de bord.
    Celle-ci me fit monter sur le ferry et m’installa pour la nuit dans le dortoir des femmes; à l’époque – on était au début des années soixante – les femmes et les hommes, même mariés, étaient séparés pour la traversée; les filles allaient avec leurs mères, les garçons avec leurs pères, et chacun dormait dans sa couchette, derrière un rideau. Le cœur gros – mais je n’allais pas pleurer, je venais d’avoir douze ans, j’étais grande ! – je quittai ainsi mes parents et ma petite sœur pour la première fois.
    L’été suivant, puis tous les étés de ma scolarité, je suis retournée en Angleterre pour trois longs mois de vacances, si bien que mes professeurs et mes copines me surnommèrent la demi-anglaise. Mais, si ma mère ne s’était pas trompée, elle ne se doutait pas que j’allais me plaire au Royaume-Uni, y trouver ma liberté et m’y jeter “à corps perdu”, au point de quitter la France douze années plus tard jour pour jour, pour aller moi aussi vivre de l’autre côté de la Manche… avec la ferme intention de m’y installer. Ma mère nous avait quittés alors.
    Aujourd’hui, je suis revenue “au pays”. Mais je n’oublie rien.
    Une inscription sur les fenêtres des trains d’alors, que nous empruntions pour aller au port, m’était pourtant restée gravée en mémoire: ‘È pericoloso sporgersi’… J’ai su beaucoup plus tard que c’était de l’italien. Et c’est en train encore que j’ai rejoint mon futur mari en Italie, depuis la gare de Rimini où l’avion de Londres m’avait déposée, jusqu’à la gare de Milan où G. m’attendait…
    Le destin parfois nous parle dans une langue inconnue sur le moment. J’ai appris l’italien depuis… et quitté la Grande-Bretagne. Je la garde au cœur et dans mes souvenirs, sans nostalgie.

  2. Odile zeller dit :

    Merci à tous.

    Notre deuxième défi de 21 jours.
    Le suivant ne sera peut-être pas pour tout de suite.
    Il me faut de nouvelles idées.

    Comme vous j’ai aimé lire et écrire , une certaine liberté aussi d’écrire le lendemain.
    C’est exactement le sens de ce blog : des défis, des logorallyes, des concours et aussi des relectures pour ceux qui gardent des manuscrits dans leurs tiroirs.

    Je vous réserve bien sûr une ou deux surprises

    A bientôt et un grand merci pour votre générosité et ces belles plumes

    Odile

  3. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile
    Au Canada, sans voiture tu n’es rien. D’ailleurs les citoyens utilisent le permis, la licence comme pièce d’identité. Ottawa- Montréal deux heures … sans les congestions… sans les travaux. Ottawa Québec cinq heures … Ottawa Toronto quatre heures et demi aux bonnes heures et pour traverser de cote à cote une semaine en roulant dans le respect des vitesses autorisées neuf heures par jour.
    Alors quand j’ai vu la RAV 4 monter dans le container, les manœuvres pour qu’elle arrive à bon port. Le dernier coup d’oeil autour de nous … j’ai su que le départ était imminent. Sans voiture ici, avec les kilomètres de promenade … le bus bien sûr, la marche aussi mais pour sortir de la ville, flâner dans la nature … sans voiture ?

  4. loretta Loria - Riedel dit :

    À mon tour de te remercier, Odile, et de remercier tous ceux et celles qui ont contribué à animer ces pages. Comme Marc, j´ai aussi pris un énorme plaisir à lire les textes en ligne, j´ai retrouvé Ottawa et le Canada avec ceux d´Odile, attendu le prochain épisode du feulleton de Marc, apprécié la fantaisie, les sentiments, la belle plume de tous!
    J´espère à très bientôt sur cette longueur d´ondes,
    Loretta

  5. Marc dit :

    Saul s’était mis à transpirer ; il chercha du regard un coin d’ombre et invita le petit groupe à rejoindre le dernier banc disponible au pied d’un bouquet de bouleau.
    – C’est toi qui nous a mis dans ce merdier, a dit Momo en direction de Mokthar, c’est à toi de nous en sortir.
    – Ouais ! a dit Saul
    Mokthar implorant se tourna vers Titi.
    – Ne me regarde pas comme ça, dit ce dernier, on dirait un loukoum dégoulinant de miel !
    Brisant le silence qui s’était invité, les cloches se mirent à sonner la sortie de la messe.
    – Je m’en occupe, dit Titi plantant là Mokthar, Saul et Momo, on se retrouve demain ici, même heure !
    – Moi je serais en route pour le bled, objecta Mokthar,
    – Tu as raison, fais toi oublier et laissez la ferraille où elle.
    En quelques minutes il avait rejoint le parvis de la cathédrale et n’eût aucun mal à repérer, au milieu des blancs uniformément endimanchés, la lumineuse Fatou et ses trois adorables fillettes qui la suivaient gaiement comme la ribambelle colorée d’un cerf-volant. Il lui glissa quelques mots à l’oreille ; elle partit d’un grand éclat de rire et, en signe d’accord, du plat de la main, tapa dans la la main de Titi.
    – Ça va marcher ? avait demandé le chat, quand ils eurent quitté la petite famille africaine,
    – Bien sûr ! dit Titi, Fatou est trop contente !.
    Il acheta un beau maquereau et une barquette de fraises au marché et regagna son antre. Le dimanche après-midi, la ville se mettait en veille. Les rues étaient désertes, les commerces qui en possédaient encore avaient baissé leurs rideaux de fer, et la circulation ordinairement si dense était devenue anémique. La chaleur de ces derniers jours avait pétrifié la cité et les habitants, qui quémandaient une once de fraîcheur derrière leurs volets clos, restaient cloîtrés collés à leurs ventilateurs. Titi erra un bon moment dans les rues, flâna le long du canal et se délecta du silence qui s’était emparé de l’univers. Il s’était fait à la présence soyeuse du chaton dans sa poche et s’amusait de l’entendre ronronner sous la caresse.
    Le lendemain matin Titi rassembla ses affaires et empila ses deux poussettes l’une sur l’autre. Il hésita devant le violon qu’il reposa finalement entre la machine à coudre et les vieux livres de classe.
    -Tu viens ou tu restes ? demanda-t-il au chat qui, en guise de réponse, s’installa au sommet de l’équipage.
    Lorsqu’il entra dans le jardin des Minimes, Titi repéra tout de suite Momo et Saul à l’endroit même où il les avait laissés la veille. Un instant après, Fatou apparut tout sourire, elle fit un clin d’œil à Titi et salua les deux frères.
    – Avant d’aller au travail, les cousins ont repéré le fourgon du patron, près de l’Arquebuse. Le pare-choc arrière touche presque terre, dit-elle en riant.
    – Ensuite ? demanda Titi,
    – Comme tu me l’as demandé, j’ai téléphoné à la gendarmerie pour dire que je l’avais retrouvé. Bien sûr, personne ne savait qu’il avait disparu. Quand les flics sont venus lui annoncer ça, mon patron est devenu tout rouge comme un piment oiseau, a-t-elle raconté dans un grand éclat de rire ! Il est en train de s’expliquer avec eux.
    – Il aurait voulu vous faire porter le chapeau ; maintenant, je ne pense pas qu’il va faire le malin avec l’histoire du rideau de fer, ajouta Titi qui déjà s’éloignait en saluant la compagnie.
    – Y aura toujours une andouillette pour toi ! cria Saul,
    – Et une danse africaine aussi! compléta Fatou.
    Titi sourit et remonta en direction de la gare. Il marchait vite et fredonnait, aujourd’hui la vie était belle.
    – T’as remarqué ? Fatou,… elle avait des ailes dans le dos, avait dit le chat.
    – Un ange ! avait dit Titi.

    • Marc dit :

      Merci à Odile et à tous les administrateurs de ce site bien sympa. J’ai un peu l’impression de l’avoir squatté quelques temps, mais ce fût avec un énorme plaisir. Je me suis pris au jeu, même si la commande n’avait pas la contrainte que je me suis fixée d’un récit continu… j’espère ne pas avoir trop bouleversé les habitudes, ni l’esprit du lieu. Je renouvelle mes remerciements pour ce qu’il y a de stimulant dans ces défis. Par ailleurs,, j’ai aussi beaucoup de plaisir à lire les contributions de chacun, dont la plupart témoigne de beaucoup de talent, de poésie et de sensibilité. Bien amicalement. Marc

  6. Ludmilla dit :

    Une fin, un au-revoir !
    L’auberge est chaleureuse, bien tenue et les menus très variés. J’y ai passé des vacances très agréables, instructives, loin du tumulte d’une foule agitée et des intempéries prévisibles en cette saison. Voici venu le jour de mon départ et c’est avec un petit pincement au cœur que je m’en vais vers d’autres horizons. Je voudrais garder pour moi ce lieu magique avec ses surprises quotidiennes, tous ces ingrédients que j’ai dégustés sans en laisser une miette et surtout ces lectures en silence que nous avons faites ensemble. Oh certes nous n’étions pas bien nombreux, cinq comme les cinq doigts de la main qui avons réussi à boucler cette aventure littéraire menée de main de maître.
    Mais je ne peux résolument pas me taire, parce qu’il faut, un jour, oser faire cette expérience ! Je la conseille à toutes et tous car il n’y a ici aucune obligation, aucune contrainte sinon celle de respecter au plus près chaque défi et la langue française, le tout sur une courte période qui permet de s’investir complètement quand nos agendas ne nous le permettent pas toujours !
    Alors, que vous soyez d’ici ou d’ailleurs, sentez vous libre, léger ou légère comme une plume et laissez faire votre imagination, elle vous mènera vers des univers insoupçonnés qui vous surprendront vous-mêmes et régalerez les lecteurs.
    A quand les prochains défis ? Je cours réserver mon billet tout de suite !

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