Deuxième défi de la francophonie

Deuxième défi de la semaine de la francophonie

Vous avez écrit pour le premier défi ou vous avez préféré commencer maintenant. Voici notre deuxième défi de la francophonie. Si vous avez écrit un premier texte, vous pouvez le continuer

ou

écrire un texte sur le sujet du jour :

vous êtes dans une foule, vous écoutez les cris, les voix quand tout à coup ….

le lieu importe peu vous avez le choix : file d’attente, aéroport, gare, trottoir, couloir du métro …..

à vos plumes !

Les premiers textes sont ici.

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11 réponses à Deuxième défi de la francophonie

  1. Emilie dit :

    Je la contemple un moment puis je sors sur le balcon qui donne sur la place. Aujourd’hui c’est jour de marché et les étals offrent leurs couleurs et leurs odeurs au soleil. J’aime observer la foule, elle s’éparpille, se rassemble, se divise, ondule. Quand le cri retentit, elle se fige, « Au voleur, au voleur !», et s’écarte, bousculée par un sweat rouge à capuche remontée. Il court en zigzagant, poursuivi par le charcutier qui finit par perdre sa trace. De mon promontoire je le vois tourner dans la ruelle à coté de l’imprimerie. Je suis née dans ce quartier et je le connais comme ma poche. Sans réfléchir je prends les clefs, claque la porte et descend les escaliers en courant. Je sors et tourne à gauche, j’arrive ainsi à l’autre bout de la ruelle qui fait un arc de cercle. Je vois le sweat à capuche marcher tranquillement vers moi, concentré sur son téléphone. C’est au moment où on se croise, quand il lève les yeux, que je le reconnais, c’est Baptiste, le cancre de la classe, le Bad Boy du collège. Lui aussi me reconnait mais il ne s’arrête pas.

  2. Odile zeller dit :

    Janine Texte 2

    La foule

    D’abord ce fut comme si une pieuvre s’était accrochée à elle et lui collait au corps. Elle essaya de s’ébrouer pour se libérer, rien à faire, impossible de bouger. Au contraire, la pression augmentait. Ce n’était plus une pieuvre mais un boa constrictor qui l’enserrait dans ses spires. Il allait l’étouffer, la triturer, l’avaler peut-être. Il fallait s’échapper, fuir. Mais ses efforts restaient vains, le carcan se resserrait.
    Et puis un mouvement lent, inexorable la poussa en avant. Elle pointa les pieds, rien n’y faisait, le mouvement l’entraînait.
    Dans cet espace confiné les voix résonnaient toutes ensemble en une cacophonie infernale. Une tour de Babel. Se boucher les oreilles. Elle aurait bien voulu mais impossible de lever les bras. Elle était prise dans une sorte de gangue vivante, moite, collante, ça devenait insupportable.
    Un grondement, une vibration qui se propage.
    On la pousse. Un élan, l’impression de s’envoler.
    Le hurlement de la foule l’a-t-elle entendu ?

  3. Marc dit :

    C’était toujours la même chose le jour de la Saint Martin. Il faisait un froid de gueux sous un soleil radieux et les rues étaient encombrées de toutes sortes d’inventaires et d’étalages dans une pagaille sans nom. Les forains avaient installé leurs manèges sur le Champ de Foire et les trottoirs se transformaient en une gigantesque galerie marchande dans laquelle colporteurs, brocanteurs, bonimenteurs et autres ambulants convoitaient tous le même chaland. Plus qu’un jour de marché ordinaire, la foire avait attiré tout ce que la région contenait de camelots et la multitude s’insinuait alors dans les moindres ruelles qui transportaient des odeurs de gaufres et de châtaignes grillées. La foule ondulait lentement à travers les étals, s’arrêtait un instant pour mieux repartir dans un écoulement compact et sans fin. Une musique perpétuelle couvrait à peine le bruissement sourd du long serpent humain qui, de temps à autres, subissait un assaut contraire, l’obligeant à se contracter ou à se diviser pour laisser passer le flux inverse.
    Fatou aimait déambuler parmi les gens. Elle avait à l’esprit les grands marchés de Conakry, certes plus bruyants, plus colorés, plus odorants, plus sales et plus poussiéreux aussi. Mais c’était la proximité des corps que Fatou appréciait particulièrement ; elle retrouvait dans ces contacts fortuits, ces frottements involontaires, le besoin d’une promiscuité chaleureuse et sensuelle avec ses frères humains. Les européens, pensait-elle en le regrettant, répugnent à se toucher, s’évitent et se repoussent comme les pôles de deux aimants contraires. Alors, se faufilant dans l’affluence, Fatou se mouvait avec grâce, jouant des épaules, levant les bras pour se glisser entre une ménagère et un adolescent devenu écarlate en lorgnant les seins rebondis de la belle guinéenne passer lentement à quelques centimètres de son acné. Elle se délectait de ces rapprochements des corps qui, contraints par les frémissements de la foule, s’affrontaient, se frottaient, se heurtaient ou s’accrochaient les uns aux autres en prodiguant parfois des excuses gênées ou des sourires confus. De nature résolument optimiste, ces contacts charnels la confortaient dans son sentiment d’appartenance à une communauté humaine soudée et solidaire. Elle acheta un cornet de marrons grillés, se brûla les doigts en les décortiquant, se brûla la langue en les avalant et les trouvant trop fades à son goût les offrit à un gamin qui la gratifia d’un baiser sonore.
    Fatou avait rendez-vous avec Xinh, Myriam et Margot pour assister au défilé de mode organisé à l’occasion du concours auquel Palivot s’était inscrit. Elle s’engagea sur la place d’Armes et se dirigea vers le jardins des Minimes en se demandant si Palivot appartenait bien à cette communauté humaine ou s’il n’en était qu’un résidu.

  4. martine dit :

    texte 2 de Martine
    Insupportable ces grands congrès internationaux : 3000 participants à Nice, presque plus que de Niçois ou de touristes ! ça fait peur ces grands groupes ! Chaque année il y a des participants qui se sentent tellement seuls dans la foule qu’ils font des épisodes d’angoisse aigüe. Les Sud-Américains se promènent par 50 au moins. On n’entend plus parler qu’anglais, espagnol. Les terrasses sont bondées de congressistes et pas la peine d’aller au marché aux fleurs prendre son café tranquille !
    Une idée : le cimetière de Nice. J’ai toujours adoré les cimetières, on m’y promenait enfant, il y avait des chats partout : mâles, femelles , chatons, vieillards , estropiés, borgnes , aux oreilles déchirés , blessés au combat en période de chaleurs, guettant et attrapant les pigeons . Et peu probable que les trois mille congressistes y débarquent d’autant qu’il faut grimper la colline…il fait chaud mais tant pis , on y va …
    … que c’est beau d’ici la baie de Nice, la baie des Anges… on domine, on voit même la coupole du Negresco . Etonnant tous ces noms russes dans cette allée , on se croirait dans un roman de Dostoievski et quel calme sous ce soleil ! Faudrait même chercher un coin d’ombre d’ailleurs à propos de soleil…pour ne pas mourir déshydratée…j’aurais du prendre de l’eau… heureusement que c’est la fin de l’après midi, quel cagnard ! Comment ils tiennent encore dans une salle de 1000 personnes en bas , en ville?…
    ça il n’y a personne …pas un chat ! pas même un chat …
    Mais qui c’est, cette fille qui regarde les tombes … je l’ai déjà vue ? elle est au congrès je crois ! … incroyable ! … je fais semblant de ne pas l’avoir vue ou je la regarde ? je me demande comment elle est …bon allez je lui souris ..
    martine

  5. martine dit :

    très réaliste et drôle, on imagine bien la scène !

  6. Odile zeller dit :

    Texte 2 d’Odile

    _ Ne poussez pas …enfin
    _ Maman Maman tu es où ?
    _ ici mon chéri derrière toi, je te vois.
    _ cette foule, on étouffe, Arcimboldo … je n’aurais p1s dû venir un samedi…
    _ regarde là les poires, les raisins…
    _ toutes ces faces bizarres moi j’aime pas
    _ ton appart tu le quittes…
    _ demain des pizzas ? Ça irait ?
    _ chut chut …le truc je n’entends plus rien.
    _ pardon monsieur
    _ scusate
    _ cette bousculade je vais tomber…
    _ c’est quoi ce truc ?
    _ oh elle m’a fait peur. Une poupée. Je ne vois pas ce que cela vient faire là.
    _ mais si c’est à la manière de, tu sais
    _ un postiche quoi.
    _ on dit pastiche.
    _ ah toi toujours à me corriger. J’ai pas fait d’études, moi mais je sais bien que c’est postiche
    _ non pastiche , maman
    _ ah mademoiselle je sais-tout veut avoir raison eh bien on passera pas à la pasticceria !
    _ oh maman , c’est ….
    _ si tu pleures on rentre direct à la maison, à toi de voir !

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