Atelier 3 mai logorallye

Pour le 3 mai voici le logorallye de mai

 

Les mots sont les suivants

inquiet, rêveur, victorieux, riant, jaloux, tendre, optimiste, bouillonnant.

Bonne inspiration et

à vos Plumes

 

Odile

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10 réponses à Atelier 3 mai logorallye

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    3 Mai – Logorallye

    – Salut, tu vas bien ? Ça fait un bail, dis donc, où t’étais passée ? Tu sais que j’ai rencontré Thierry l’autre jour. Il a l’air remonté contre toi.
    – Tu m’étonnes, je l’ai largué !
    – J’avais cru comprendre. Mais pourquoi ?
    – Un grand malade ce mec, jaloux comme un tigre. Toujours sur mon dos à me surveiller, à questionner, à râler. Pourquoi tu réponds pas au téléphone ? T’étais où ? Où tu vas, pourquoi tu regardes ce bouffon, tu le connais ? C’est qui ?J’osais plus regarder personne. Un vrai cauchemar !
    – A ce point ? Je pensais pas qu’il était comme ça. Donc… t’es single.
    – Oui et non.
    – Comment ça, oui et non ?
    – J’ai pas décidé. Tu te souviens le gars qu’on avait rencontré à la bibliothèque, je l’ai revu. Mais j’hésite encore. Il a trop l’air rêveur, trop dans la lune.
    – Ouais, t’as raison. Pas fiable. Et… le successeur du tigre tu le verrais comment ?
    – J’sais pas, disons… gai, optimiste. Qu’il prenne les choses du bon côté quoi, c’est pas compliqué quand même. Le copain de ma cousine il se crée pas de problèmes lui, il est jamais inquiet, il a toujours une solution pour tout, sans se prendre la tête. Il est reposant. Après ce que j’ai passé, un mec comme ça, ça me ferait des vacances.
    – Peut-être, mais te connaissant j’ai comme un doute, je sais pas combien de temps tu résisterais.
    – Qu’est-ce que tu veux dire ?
    – Ben, avec ton caractère bouillonnant… Y a des fois on a du mal à te suivre. Et je peux comprendre que Thierry ait eu quelques inquiétudes.
    – Bravo la copine ! Tu prends son parti maintenant ? Mais dis-donc, je me trompe ou tu flashes sur lui ? Ah, c’est ça…!
    – C’est vrai qu’il a une belle gueule avec son regard ténébreux…
    – Je te vois venir, toi t’as déjà mis une option ! Je t’aurai avertie c’est pas un tendre. Tu vas pas rigoler tous les jours.
    – Justement, moi j’aime les gars qui ont du caractère, et puis ça serait un véritable challenge, non ? Mater un keum comme lui, t’imagines ?
    – Je vois que t’es sûre de ton coup, t’as déjà l’air victorieux ! Bonne chance ! Tu me tiens au courant ? Allez ciao !
    Elles s’éloignent en riant.

  2. Odile zeller dit :

    Matthieu se retourne, fouille ses poches, inquiet. Jusqu’à présent l’avenir était pourtant radieux pour lui. Directeur des ressources humaines dans un grand groupe industriel, il,agit de quoi être optimiste. Bien sûr il faisait des jaloux. Selon les rumeurs et Radio cafétéria certains membres âgés du personnel n’étaient pas tendres avec lui. Le soir il rentrait chez lui retrouver sa petite famille. Riant facilement, il racontait souvent les anecdotes amusantes de sa journée. Il aimait jouer au tennis plusieurs fois par semaine avec sa chère Marie et d’anciens camarades de promotion. Ce soir il est encore sorti victorieux d’un match facile contre Gregory. Il a compris que ce rêveur tranquille, amateur de musique et de peinture s’était transformé en bouillonnant manager au fil des années. Il soupçonne même maintenant que Gregory le laisse gagner dans les deux ou trois sets finaux pour recueillir des révélations sur la vie quotidienne au bureau.
    Aujourd’hui Gregory a scellé la fin de leur belle amitié en lui révélant qu’on cherche un DRH pour lui succéder. Matthieu est très très inquiet … Il tente de se rappeler toutes les confidences faites à Gregory au fil des mois : les quolibets sur les directeurs, les surnoms ridicules donnés au PDG. Gregory s’est porté candidat … et avec les informations… oui Matthieu est gagné par l’anxiété.

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Gustave ne tenait plus en place et faisait les cent pas dans le jardin tout en guettant la grille d´accès à la propriété. Avait – il raison d´être inquiet ? Son petit -fils, qui sortait d´une période d´examens éprouvante et qu´il hébergeait dans sa maison de campagne, n´était toujours pas rentré de sa ballade journalière en vélo. Le village n´offrant aucun des attraits qui auraient justifié un retard, que pouvait-il être arrivé ? Julien, qui était d´un naturel rêveur mais curieux à ses heures, pourrait fort bien avoir décidé d´explorer les environs et avoir perdu l´orientation, tous les chemins de campagne en terre poussiéreuse se ressemblant, c´est bien connu. Le soir tombait et toujours rien … Il repensa à cette fois où, lors d´un séjour au bord de mer, Julien encore enfant s´était égaré. Les seuls à avoir ressenti de l´inquiétude à l´époque furent les parents alors que le gamin retrouva son chemin et en les repérant au loin les nargua d´un air victorieux, comme après une épreuve de force, riant de leurs craintes. Mais cette fois, il savait son petit – fils fort déstabilisé et fragile, l´optimisme qu´il affichait habituellement s´était comme volatilisé depuis la crise qui avait suivi son bac. Gustave était bouillonnant d´anxiété: non seulement ressentait-t-il tout le poids de sa responsabilité mais encore lui fallait – il admettre que Julien était son petit-fils favori : Peut-être à cause de cette façon si tendre qu´il avait, lorsqu´il le prenait, encore bébé, sur ses genoux de jouer avec sa barbe. D´ailleurs le fait que les autres petits-enfants fussent jaloux de Julien ne put jamais rien changer à cet état de fait. Ses yeux se brouillèrent, il rentra pour aller chercher son portable et forma le numéro du poste de police.

  4. Loretta Loria dit :

    Deux textes originaux et vivants, émouvants même surtout celui de Claude Klein. Très réussie les sous – entendus dans les rapports de voisinnage dans un immeuble, les sentiments cachés … merci!

  5. Marie-Pierre dit :

    Inquiet, Théodore du premier ouvre la fenêtre : les chats sont-ils revenus rôder autour des poubelles ? Pendant ce temps, Valentine au deuxième écoute avec un esprit rêveur les volets voisins. Pense-t-il parfois qu’elle est là au-dessus de lui ?

    Théodore retient un petit cri victorieux : le répulsif a fonctionné, les poubelles sont intacts. Le bonjour riant de Charlotte du troisième le retient encore à la fenêtre. Elle va, comme chaque matin, faire son jogging dans le quartier pendant que son mari jaloux promène le chien. Théodore lui rappelle d’éloigner l’animal des poubelles : il ne faudrait pas ramener les chats.

    Valentine écoute la voix tendre de Théodore remonter dans les canalisations. Comme chaque matin, il commente le journal à voix haute. N’est-il pas adorable ? Optimiste, la locataire du deuxième se dit qu’il la remarquera un jour. Elle sait qu’elle n’a pas besoin de se mouler dans du lycra comme Charlotte. Non, pour faire craquer Théodore, on doit trier ses ordures correctement et passer l’aspirateur sur le pallier. Tantôt, elle engagera la conversation en se plaignant du nouveau locataire qui a collé de travers son nom sur la boîte aux lettres. Pour l’instant, elle se plonge dans son bain bouillonnant en imaginant Théodore épier les glouglous de l’eau dans les tuyaux.

  6. Claude Klein dit :

    – A partir de maintenant, je ne serai plus du tout inquiet.
    Cette affirmation péremptoire provoque quelques sourires vite réprimés quand Jérémie, l’éternel rêveur de la famille, l’assène pendant le dîner. Personne même pas son jumeau, Erik, ne veux se moquer de lui. Il fait tellement d’efforts pour sortir de ses élans parano, lui, l’enfant heureux de vivre qui s’est transformé sans prévenir pendant son adolescence. De riant, son visage ouvert et accueillant a revêtu un masque d’indifférence feinte. Seuls ses yeux ne se cachent pas. Ils disent son mal-être et sa peur de vivre.
    – Son grand-père était comme ça…
    Ça lui fait une belle jambe à Jérémie qui essaye de toutes ses forces de détacher à grands coups de détermination les miasmes de terreurs inavouées collées à son esprit. Peur de grandir. Peur de devenir aussi lourd que les adultes autour de lui. Peur de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attendait de lui. Descendant d’une famille de polytechniciens, comment fait-on pour bifurquer vers les Beaux-Arts ?
    Peu à peu, agressif car jaloux de son petit frère, Florent, il épouse l’insolence trash. A Erik, son intime, il ne raconte plus grand-chose. Il s’éloigne progressivement de son alter ego. Le repousse même parfois. Son double, doté d’un solide caractère et d’un sens de l’humour développé, prend le taureau par les cornes. Il n’hésite pas à lui faire savoir que son attitude est inadmissible. Risible. Les plaisanteries tombent alors, drues, parfois acerbes jamais destructrices. Pour Erik, pas d’autre issue que de pousser son frère dans ses derniers retranchements.
    – Il faut qu’il comprenne que je ne le lâcherai jamais. Jamais de jamais. Quel con !
    Les parents interviennent. Nous sommes en 2020. Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là? Cellule de crise et assistance psychologique, non ? Pourtant, la famille n’est pas portée sur les faiblesses de ce type. Mais-là, Jérémie dépasse les bornes. L’envoyer comme interne au mois d’avril ? Pas impossible mais risqué. L’année scolaire risque d’être complètement perdue. Il est en classe de Troisième, quand même! Faut pas rater Le Parc.
    Alors, Oncle Dagobert est entré en lice. Il l’a pris entre quatre-yeux. Ce qu’il lui a dit ? Personne ne le sait. Mais en juillet, en plein milieu du dîner, Jérémie a prononcé la phrase définitive qui a fait sourire. Pas de quoi vraiment, car, à partir de ce moment-là, l’ado agressif est devenu tendre, et, l’anar en herbe, optimiste. Bouillonnant d’idées et de projets, il s’est mis au fusain. Matin et soir.
    Sa mère tente bien de limiter les traces de doigts charbonneux sur les murs et les meubles de la maison. Oncle Dagobert met alors un doigt sur les lèvres. Et puis, elle est tellement contente de ce changement de comportement…
    – Après tout, un coup d’éponge humide c’est vite fait, non ?

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