Atelier 4,5,6 mai

Quel retard !

La proposition du 4 mai

Vous vous inspirerez de cette photo pour écrire votre texte.

 

5 mai

En mai fais ce qu’il te plait ….

écrivez la suite ….

6 mai

De votre fenêtre vous regardez la ville, la rue, le ciel et là quelque chose  à changer … le ciel n’est plus si bleu, la rue … décrivez et interprétez…

À vos plumes et tenez bon, votre inspiration est forte …

 

Odile

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4 réponses à Atelier 4,5,6 mai

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine
    4 MAI – La garden-party

    Les deux petites filles pouffaient de rire. Depuis leur cachette elles venaient de voir s’écrouler la pile de casquettes blanches des nouveaux officiers, déposées en équilibre précaire sur un des fauteuils du vestiaire que leur frère Guillaume avait maladroitement heurté. Mais peut-être l’avait-il fait exprès !

    Leur père commandait l’Ecole Navale et, comme c’était la tradition, il avait invité les jeunes officiers à une garden-party dans le parc aussi, depuis le matin, la résidence de l’amiral Dufresne était en effervescence sous la supervision du majordome qui n’admettait pas la moindre défaillance. Rien n’échappait à son regard acéré. Il voyait et contrôlait tout. La réception devait être parfaite, toutes les personnalités de la ville seraient présentes.

    Hortense et Julie, les filles ainées, étaient au comble de l’excitation. L’occasion était trop belle d’approcher autant de beaux jeunes gens. Beaux… ils ne l’étaient pas tous, mais l’uniforme leur donnait une allure folle. Aussi elles avaient mis leurs plus belles robes et fignolé leur coiffure.
    Hortense, l’ainée, avait dix-sept ans et Julie seize. Très différentes l’une de l’autre, les deux étaient ravissantes. Hortense avait relevé ses longs cheveux blonds alors que Julie laissait libre sa crinière rousse et, comme elle ne tenait pas en place, ses cheveux voletaient autour d’elle à chacun de ses mouvements. Elles descendraient dès qu’elles seraient prêtes, bientôt.
    La plupart des invités, accueillis par l’amiral et son épouse, étaient arrivés par vagues successives et devisaient maintenant entre eux.
    Malgré leurs supplications les fillettes n’avaient pas été autorisées à participer à la fête, aussi elles se défoulaient en se moquant de tout et de rien. Les jeunes officiers étaient leur cible préférée. Intimidés ils discutaient entre eux par petits groupes, lançant des regards à droite, à gauche, cherchant à échapper à l’attention de l’amiral. Certes, ils l’admiraient et le respectaient mais ils le craignaient aussi, ses coups de gueule étaient mémorables.

  2. Claude Klein dit :

    Une famille de marins. Cela ne fait aucun doute. Huit couvre-chef à visière ou à pompon rouge, la Marine avait recruté tous les hommes de la famille ! C’est la réflexion que se font ceux qui entrent dans le vestibule de la maison. Avouez qu’une telle exposition, c’est pas courant! Même en Bretagne.
    Les Perdreau et leurs sept filles… Une maison en haut d’une falaise. Une vue à couper le souffle. Tout le vert changeant de l’océan tantôt paisible et lumineux, tantôt enragé et gris-fer sous un ciel d’encre.
    Ce jour-là, je suis arrivée par beau temps. Brise légère, mouettes piaillant et rochers découverts. A marée basse, l’eau est transparente et les couleurs des fonds varient du brun-noir au jaune des algues ambrées, qui s’agitent doucement au gré des petites vagues courtes de la mer décidée à remonter vers la plage. Les verts sont toujours-là mais inutile de le redire à chaque fois. Vous avez bien compris qu’ils sont multiples et parfois aussi nombreux qu’en Irlande, où rien ne peut être vert tout simplement. Non, une pelouse est vert tendre, les feuilles des arbres vert primaire, amende, au printemps, et, bouteille, plus avant dans la saison. Bref, le Vert est infini. C’est ce que m’explique la benjamine de la famille, Gwendoline.
    Elle m’a entraînée sur le sentier des douaniers. Impossible de s’asseoir pour contempler le paysage, il faut marcher jusqu’au fortin de la pointe d’où l’on embrasse le Golfe des Escarbilles. Ne le cherchez pas sur une carte, il n’existe que pour Gwendoline. Elle a douze ans, un des bérets de mousse est le sien. Elle n’a pas encore atteint le grade de quartier-maître. Pas avant quinze ans, me dit-elle.
    Hélène, qui a dix-huit ans, va bientôt commencer l’entraînement pour de vrai. Elle aspire à devenir Amirale.
    – Ah, bon ? Les femmes sont Amirales maintenant ?
    – Quand Hélène aura cinquante ans, elles le seront. C’est sûr et certain.
    Nous continuons notre route. Heureusement, mes chaussures supportent les cailloux et les inégalités du chemin côtier.
    – Dis-moi, ma chérie, vous êtes toutes dans la Marine ?
    Gwendoline me regarde abasourdie. Qui parle de Marine ?
    – Ben les casquettes et les bérets, ta grande sœur aspirante Amirale, ton père Commandant…
    Un rire en cascade me répond. Pauvre Dominique, maman ne vous a pas expliqué la situation ? Dans la famille Perdreau, nous apprenons en jouant. Tous les ans, nous choisissons un thème et le mettons en scène pendant un an. L’année dernière, nous habitions en village en Russie. Croyez-moi, je suis incollable sur l’agriculture en URSS. Ce que vous avez vu dans l’entrée, n’est que le début de notre travail de cette année : La Marine Nationale dans tous ses états. Actuellement, nous apprenons comment ranger sans abîmer dans un espace restreint. Cette idée de Papa peut paraître bizarre. Il aime tellement diriger et organiser !…
    Nous, nous jouons le jeu pour lui faire plaisir. Cobayes consentantes, quoi. Quand on habite un endroit aussi excentré, il faut bien s’occuper. Et sans en avoir l’air on apprend pas mal de choses. Ne croyez pas que tout se passe toujours bien. Il y a des crises et des engueulades. Normal, nous sommes neuf. Mais dans l’ensemble, c’est assez rigolo. On s’amuse.
    Allez, assez parlé. Nous allons être en retard pour la levée du drapeau. Et ça, pas possible de le manquer !

  3. Marie-Pierre dit :

    4 mai

    C’était plus fort que lui. Chaque année pour le carnaval, il se déguisait en marin. Et chaque année il achetait un nouveau béret, avec ou sans pompon. Dans toutes les armoires, dans tous les placards, on pouvait être sûr de trouver un de ses couvre-chefs.
    De toutes ses manies, celle-ci était la plus insupportable pour son épouse. Elle acceptait qu’il tourne 7 fois la clé dans la serrure, qu’il nettoie la salle de bains avant et après chaque usage ou qu’il impose des menus réguliers. Mais cette collection de béret de marins la rendait folle.
    Elle lui posa donc un ultimatum : ou il faisait quelque chose avec ses bérets durant le week-end, ou elle les donnerait à une association lundi.
    Il détestait bouleverser son quotidien, mais il aimait sa femme. Alors il se mit à réfléchir. et décida d’en faire une œuvre d’art. Il essaya d’abord de reproduire la Tour Eiffel en les entassant mais il ne parvint pas à surmonter les lois de la physique et toujours la pile finit par s’effondrer.
    Il médita alors en regardant les toiles de son peintre préféré, Diego Vélasquez, et l’idée s’imposa. Il allait se peindre vêtu d’un béret et entouré de béret se peignant vêtu d’un béret et entouré de bérets et sur la toile sur la toile on le verrait se peindre vêtu d’un béret et entouré de béret se peignant vêtu d’un béret et entouré de bérets etc. Grâce à la mise en abîme, il allait intégrer chacun de ses bérets sur le mur du salon… Et lundi sa femme pourrait offrir les objets ainsi immortalisés dans sa fresque.

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