Défi 9 une mosaïque

Ce matin au courrier, vous trouvez un paquet sans nom d’expéditeur. Vous ouvrez avec curiosité et vous trouvez cette mosaïque. Écrivez la suite.

A vos plumes

5 réponses à Défi 9 une mosaïque

  1. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Aurélie fronce le nez : tous ces petits morceaux, mis un à un … une patience mais ils avaient le temps pas Internet ni la télé !
    Marie Pia sourit et se tait. Elle commente : «  c’est de l’art, vraiment et pour le temps, ils n’en avaient pas plus que nous. »
    Aurélie hausse les épaules.
    je sais, je sais … tu ne vas pas me faire un cours. La peinture, la musique… la sculpture à la rigueur… mais la mosaïque non c’est de l’artisanat, pas de l’art, de la déco, pour les thermes et à la place de nos parquets …
    Marie Pia hoche la tête … elle se tait, fronce les sourcils et dégage la mosaïque de son emballage. De qui peut elle venir ? Qui fait encore des mosaïques à l’ancienne ? Pourquoi ?
    Aurélie insiste : question émotion moi une mosaïque ce n’est pas le frisson. Une copie maladroite, rien d’autre … un Botticelli, un Goya… la oui je ressens …

    Oui Aurélie les maîtres et pas tous les Picasso.

    Écoute …Marie Pia on ne va pas se fâcher pour un morceau de mosaïque, dont on te fait cadeau … au fait c’est qui l’expéditeur ? D’ailleurs j’ai besoin de tes conseils. L’une des toiles accrochées à la résidence me semble être un faux.
    La visiteuse regarde autour d’elle pour vérifier qu’elles sont bien seules.

    Marie Pia sourit et écoute son amie.
    une copie tu es sûre ? Vous avez des œuvres de valeur chez vous ?

    Aurélie se carre dans le canapé et efface une grimace de son visage.

    Mais oui pas comme vous ou comme les palais romains mais quelques peintres hongrois fauves. Un Rippl-Ronaîl par exemple mais il brille on dirait que le vernis est tout neuf … tu

    Marie Pia accepte d’un geste de la tête. Elle reprend la mosaïque et l’examine avec plaisir.
    Un joli cadeau, tu ne trouves pas ? Qui a envoyé ça ?

    Des pas font craquer le parquet. Les deux amies se taisent et tournent la tête vers l’entrée.

  2. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Que pouvait bien contenir ce mystérieux paquet ? J’avais beau le tourner de tous les côtés je ne voyais aucune trace de l’expéditeur. Il ne me restait plus qu’à l’ouvrir.
    D’une boîte, bien enveloppé de papier bulle voilà qu’apparut un poisson ! Pas n’importe quel poisson. D’un certain poids. Tout en marbre ! Il s’agissait d’une mosaïque. Polychrome sur fond blanc. Sans doute la copie d’une mosaïque romaine. Ma surprise était immense, d’autant plus que j’avais une impression de déjà vu. Comment ce poisson avait-il atterri chez moi ? Oui, je l’avais vu quelque part, mais où ? Mais à Rome, bien sûr ! Cependant le mystère de son apparition demeurait. J’essayai de rassembler mes souvenirs.

    Le voyage à Rome. La visite des musées du Vatican. Épuisante. La queue, les bousculades, le piétinement, le brouhaha. Heureusement le guide nous avait fait emprunter une sortie réservée aux groupes et nous étions arrivés directement dans l’atrium de la basilique Saint-Pierre. J’avais bien remarqué qu’il avait un peu bâclé la visite mais j’étais si fatiguée que je ne m’en étais pas plainte, je pensais y revenir seule en fin d’après-midi. Il nous entraîna dans un magasin de souvenirs. Le groupe s’était précipité vers les vitrines pour faire le plein de médailles et de chapelets.
    Je m’étais arrêtée, fascinée, devant une jeune femme en train de travailler à une mosaïque. Un guide, entouré de touristes japonais, en expliquait la technique et l’évolution depuis la mosaïque romaine jusqu’à la micro-mosaïque réalisée avec des tesselles tellement minuscules que le résultat final imite la peinture, regardez, n’est-ce pas merveilleux, cherchant à les convaincre d’acheter ces chefs-d’œuvres absolument uniques.
    La jeune femme était en train de terminer son poisson.
    Le poisson que j’avais sous les yeux en ce moment !
    Le corps irisé comme s’il était dans l’eau, frétillant, vivant, pas une nature morte.
    A force de repenser au voyage, de me remémorer les lieux visités, les membres du groupe, voilà qu’une silhouette, un visage se détachèrent de l’ensemble. Un homme grand, de belle prestance, la cinquantaine grisonnante. Réservé, presque taciturne. Il écoutait et observait mais ne parlait presque pas. Pourtant il n’avait pas l’air timide. Nous n’avions été que rarement voisins de table. Justement le jour de la visite du Vatican. Quelqu’un au cours du repas avait loué la beauté des micro-mosaïques. Vous ne trouvez pas ? Non je ne trouvais pas. Pour moi elles étaient trop lisses, trop froides, sans vie. Par contre la mosaïque de style romain, tenez par exemple le poisson polychrome que nous avions vu en cours d’exécution, au moins on y voit le travail de l’artisan, ses gestes, son respect de la matière, son amour du travail bien fait. J’en avais parlé avec un enthousiasme qui m’avait étonnée moi-même. D’ailleurs si je trouvais dans ma ville un cours sur la technique des mosaïques…
    Lui, dont j’ai oublié le nom, peut-être ne l’ai-je jamais su, avait posé sur moi un regard profond, un regard que j’avais surpris plusieurs fois au cours des jours suivants.
    Etait-ce possible, ce cadeau pouvait-il venir de lui ?
    Le saurai-je jamais ?

  3. Marc dit :

    (…)
    – S’il te plaît, dis bonjour à… ?, demanda-t-il au chat,
    – À Blanche,
    – Dis bonjour à Blanche, répéta Titi heureux d’avoir deviné le nom de son hôtesse,
    – Pas question ! dit le chat, mais Blanche ne l’entendit pas, toute occupée qu’elle était à dévisager Titi qui ressemblait si peu au vagabond qu’il avait déclaré être.
    – Vous…êtes réellement… ? osa-t-elle lui demander,
    – Un clochard, un chemineau, un SDF…, ? Oui, dit-il avec un large sourire et un éclat amusé dans les yeux, mais je suis naufragé volontaire, clodo par vocation, marginal par conviction,…. Et vous ?
    – Moi ? Je vis seule ici avec mon père qui est malade et dont la tête ne fonctionne plus très bien.
    – C’est une mission bien difficile. Il y a quelqu’un qui vous aide pour cela au moins ? demanda Titi
    – Il y a Lucienne qui est au service de mon père depuis toujours comme sa mère l’a été de mon grand-père, et puis ma sœur Marie qui m’aide aussi beaucoup.
    A coté du livre de Blanche, un paquet entrouvert laissait en partie voir une ravissante petite mosaïque représentant un poisson inscrit dans un cercle. Des tesselles noires encadraient l’animal dont le corps était empli d’éclats bleus, jaunes, ocres, blancs et rouges, donnant à l’ensemble un caractère antique et moderne à la fois. Blanche qui avait intercepté le regard de Titi ôta le kraft qui emballait sans précaution l’objet dont ils purent admirer la superbe facture.
    – Mon père est un historien expert auprès des tribunaux. C’est un spécialiste des œuvres d’art et on fait souvent appel à lui pour des estimations. C’est très probablement le cas pour cette œuvre, mais curieusement l’expéditeur n’a laissé ni carte ni explication.
    – Peut-être votre père sait-il de quoi il s’agit, avança Titi,
    – De quoi je me mêle ? avait dit le chat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.