Défi 14 décembre

Dernière proposition

La vengeance, la vraie ou celle dont on se délecte mais qui restera à l’état de projet.

Racontez une vengeance réelle ou rêvée, une fuite peut être pour échapper à la violence …

a vos plumes

 

4 réponses à Défi 14 décembre

  1. Marc dit :

    C’est le raffut que firent deux gros pigeons sous sa fenêtre qui éveilla Mélanie, juste avant que son réveil ne sonne. Elle enfila en vitesse ses vêtements de la veille et s’apprêta à ouvrir la porte avec l’intention de rentrer les containers des poubelles qui devaient l’attendre sur le trottoir. La main sur la poignée, elle fronça les sourcils comme happée soudainement par une réalité que le sommeil avait embrumée.
    – Le premier janvier les éboueurs ne passent pas, pensa-t-elle, tout en se demandant combien de fois, dans les prochains jours, elle allait devoir souhaiter la bonne année.
    Elle entreprit de se faire un café et énuméra dans sa tête les personnes à qui elle présenterait ses vœux. Ses collègues caissières du supermarché. Le patron. Lantier et les clients familiers, bien sûr et les autres, à condition qu’ils soient les premiers à le faire. La boulangère avec qui elle prenait le thé de temps en temps. Ses parents qu’il faudrait qu’elle appelle. Les habitants de l’immeuble. Le mari cocu et sa femme du cinquième, le joueur du troisième, Monsieur Grégoire… Tout en faisant ses comptes, elle avait machinalement sorti une à une les six poupées russes que contenait le cadeau surprise de Grégoire. Elle l’avait ouvert hier soir émue et intriguée. La plus grande des poupées mesurait une douzaine de centimètres et la plus petite à peine deux. Elle les ré-emboîta les unes dans les autres en prenant soin d’aligner correctement les visages de telle sorte qu’en les sortant, elle put admirer le sourire des figurines et les deux points rouges posés sur leurs joues rebondies. Elle embrassa chaque matriochka, attribuant à chacune un étage de l’immeuble et leur souhaita une bonne année. Quand elle les eût ordonnées devant la tasse de son café fumant, elle fit à nouveau le rapprochement qu’elle avait fait la veille : les dossiers qu’elle s’évertuait à ouvrir les uns après les autres dans l’ordinateur de Grégoire s’apparentaient à ces poupées qui, en définitive ne gardaient aucun secret. A minuit pile, son logiciel avait produit la série de petits sons stridents qui l’avertissaient que le dernier fichier était prêt à livrer son secret. Sans l’ouvrir et sans regret, Mélanie l’avait effacé.

  2. Odile zeller dit :

    Elle ruminait sa vengeance : partir, le quitter et tout saccager chez lui. Il était près de ses sous et bien il allait voir. Cet imbécile avait encore un téléphone fixe et le nouveau grand amour de sa vie Keiko n’était pas blonde mais née à Tokyo. Quand Marc-Henri rentra ce soir la, un bruit bizarre attira son attention. Il était tard, il était fatigué de son voyage au Japon. Le lendemain il remarqua le combiné du téléphone décroché et cette voix. En écoutant il comprit qu’on parlait japonais et … son téléphone était branché avec l’horloge téléphonique japonaise … il raccrocha immédiatement et sentit le froid glacer son dos … la facture d‘Orange …. qui ? Elle s’était vengée ! Il fit changer les serrures … toutes les serrures !

  3. martine estrade dit :

    Et maintenant que vais-je faire ? : vivre !
    En allant en Argentine, j’espérais la confrontation à l’étrangéité, la possibilité de m’exiler de mon petit quartier parisien insulaire, la rencontre avec ce qui , si loin au delà de l’Atlantique pouvait m’étonner, me manquer même . après tout « te extrano » signifie « tu me manques » et dans ce manque là je voulais apprendre, vivre, partager.
    Pourtant , là bas, où je fus présentée comme une star et où j’allais travailler énormément somme « un service non rémunéré rendu à des collègues » selon le contrat de l’association qui finançait mon vol et trois nuits d’hôtel, l’identité que je ressentis fut autre , celle de l’estrangera avec qui existait une différence absolue et irréductible. Je ne parlais pas l’espagnol, nous communiquions par l’intermédiaire de traducteurs, ou dans un français approximatif et limité et cette explication me parut acceptable.
    Une autre réalité fut plus douloureuse et surprenante. Depuis des années j’avais à Paris des amis argentins. Par goût du voyage, par quête de la différence et d’une intimité autre nourrie de nos horizons et de nos histoires différents, nous partagions souvent des moments ensemble , à Paris ou ailleurs en Europe.
    Certains de ses amis argentins furent présents lors de mon séjour à Buenos Aires. S’ils assistèrent à mes conférences, aucun ne m’invita sur son « territoire ». Une amie de vingt ans avec qui nous fêtions régulièrement nos anniversaire organisa un repas pour le sien et ne m’y convia pas. Or, son compagnon était français et nous étions , du moins le croyais-je, amis du couple pour avoir partagés ensemble des week ends en Italie ou des repas. Lorsque je lui envoyai un message ce jour symbolique , elle ne répondit pas. Plus tard elle évita de me rencontrer. Face à cette situation, le passé vécu en commun semblait être un non-lieu, irréel ou faux. J’étais l’estrangera, d’un pays riche dont elle avait d’ailleurs pris la nationalité mais , à Buenos Aires , j’étais renvoyée aux oubliettes.
    Cette expérience douloureuse éclaira sous un autre jour ma relation au voyage et au rêve, elle me donna un discernement que je n’avais pas , me rendit moins naïve.
    Au fond elle m’avait appris quelque chose d’important et si la relation retomberait sans doute dans le néant dont elle était sortie, je devais constater qu’entre temps, j’avais grandi et mûri. La vie commence peut être avec certains renoncements au rêve

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