Défi 8 décembre

Pour notre huitième défi, nous allons écrire sur la curiosité. L’adage „ la curiosité est un vilain défaut“ est il justifié ? 

Inspirez vous de cet enfant ou de toute autre situation… 

Soyez curieux, rompez avec la routine… 

Au plaisir de vous lire ! 

Les plumes 

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5 réponses à Défi 8 décembre

  1. Marc dit :

    Tout le monde au 25 de la rue des Papetiers se doutait bien que Mélanie, la concierge, ouvrait discrètement le courrier des habitants de l’immeuble, mais personne ne l’avait jamais prise sur le fait ni ne possédait de preuve qui puisse la mettre sérieusement en cause. Au fil du temps, ils s’étaient habitué à la savoir au courant de leurs petites affaires et n’en prenaient plus ombrage, tant Mélanie était discrète. Quand elle s’enquerrait de votre santé, elle n’ignorait rien de vos résultats d’analyse mais adoptait un air contrit ou rassuré selon qu’ils fussent bons ou mauvais. Les vacances des amis n’avaient aucun secret pour elle, pas plus que les querelles de famille qui secouaient les propriétaires du second. Lorsque la locataire du cinquième prit un amant, seule Mélanie en eut connaissance. Idem quand le monsieur du troisième contracta des dettes de jeu. Mélanie était une tombe et gardait secrètes toutes les informations qui lui parvenaient de façon si peu délicate. Elle aimait juste se tenir au fait des vicissitudes des ses habitants et dispensait son humanité de manière appropriée, en fonction des heurs et malheurs des uns et des autres. Un petit mot gentil à celui dont l’ami vient de perdre sa femme. Un bonbon acidulé à l’enfant qui va entrer à l’hôpital. Un geste amical à celle qui a si brillamment réussi son examen. Mélanie mettait son défaut au service de son métier. Elle décachetait les lettres à la vapeur et recollait les enveloppes avec dextérité, sans qu’aucune trace de colle ne vienne éveiller les soupçons. Au début, elle lisait tout au fur et à mesure mais les passages tardifs du facteur l’obligeaient à faire un tri préjudiciable à son entreprise. Elle fit alors l’acquisition d’un photocopieur qui lui permit de reporter au soir la lecture de « son » courrier.
    Les occupants de l’immeuble ne remarquèrent pas immédiatement les changements survenus peu à peu dans l’attitude de Mélanie. Elle était toujours aussi serviable, toujours aussi aimable, toujours aussi discrète, mais les petites attentions particulières qu’elle distillait à chacun, s’estompaient au fur et à mesure que le volume du courrier postal s’amenuisait. On remarqua que Mélanie perdait son entrain habituel et les rapports amicaux devinrent uniquement polis, presque distants. Elle ne parlait pour ainsi dire plus, se contentant de distribuer sans joie les quelques factures et autres rares relevés aux habitants qui commencèrent à s’inquiéter pour elle. Jusqu’au jour où sa bonne humeur réapparut comme par enchantement, laissant à penser qu’elle avait probablement du traverser une passe difficile qui avait affecté son moral. Elle venait seulement d’apprendre à pirater une boîte mail.

    • Odile zeller dit :

      Un très beau texte et un personnage extraordinaire qui vaudrait une suite. On l’imagine parisienne mais peut-être est ce une interprétation erronée. Comment lui est venue cette curiosité un peu perverse ? Bref le texte si bien ficelé demande une suite. Merci

  2. martine estrade dit :

    Les paseadores de perros de Buenos Aires

    Sur la pelouse près du Musée des Beaux Arts de Recoleta, les chiens sont à l’honneur. Un homme lit sur un banc et son compagnon canin s’y installe également, pas question de rester au sol. Une femme fait du jogging avec son golden retriever en laisse, lorsque , soudain l’animal décide qu’il en a assez et se couche sur la pelouse. Il n’est pas malade mais il n’a plus envie et la propriétaire se résigne à cesser sa course. A Buenos Aires, les chiens sont rois et les habitants qui en possèdent sont près pour eux à rogner sur leur essentiel sinon sur leur indigence pour les satisfaire.
    Un homme paraît tenant en laisse une quinzaine de chiens de taille moyenne et de races différentes. Je le regarde stupéfaite et le prends pour un original. Mais quelques minutes plus tard en apparait un autre, puis un autre encore accompagnés chacun d’une douzaine de specimens. Bientôt s’avance une jeune femme , sa meute est constituée de chiens plus petits, au pas plus lent.
    Une passante lit sur mon visage mon expression étonnée. C’est l’heure du turno de l’après-midi apprendrais-je. Le le « paseador de perros » , le promeneur de chien, sonne à chacun des domiciles de ses protégés, la maitresse descend alors son animal en laisse. Il fixe cell-ci par un mousqueton à sa ceinture d’un geste rapide et sûr pour l’insérer dans le groupe et la meute s’élance fièrement dans les rues de la ville vers les allées des parcs pour une promenade de deux heures, un turno.
    Je regarde le spectacle avec étonnement , attendant, espérant, un événement exceptionnel comme la survenue d’une chienne en chaleur dans le voisinage, un combat de deux meutes rivales ou une dispute de chiens au sein d’ une meute. Comment le maître de la meute s’en débrouillerait il alors. J’attends et contemple la promenade de plusieurs groupes. Hélas, rien ne se passera et les paseadors de perros se suivront et se croiseront d’un pas soutenu et tranquille , aussi décidés que professionnels, tenant chacun leur meute d’une main ferme.

  3. Odile zeller dit :

    Il savait qu‘il ne faut pas regarder par le trou de la serrure. Mais de l’autre côté de la porte il entendait des chuchotements et des petits bruits. La porte était fermée à clé. Alors il est allé chercher sa petite chaise et à essayer de regarder par le trou de la serrure. Ce n’était pas facile, il fallut fermer un œil et garder l’autre ouvert celui pour la serrure. Les premières fois il fermait le mauvais œil et n’y voyait rien. Ensuite il voyait mais juste le côté de la chambre qui faisait face au mur. Il apercevait juste un fauteuil et le tableau, rien d’intéressant. Il essaya une vue en biais mais cela ne lui donnait qu’un angle très limité qui ne donnait pas sur l’origine des bruits. A force de déplacer la chaise et de monter et descendre, sa présence n’était pas assez discrète et dans la chambre ce fut le silence. Il n’eut pas le temps de déguerpir que la clé avait verrouillé la vue. La voix de sa sœur retentit : Clément, fiche le camp. Matthieu et moi on voudrait être tranquille. On travaille et on ne veut pas être dérangé. Derrière lui, il sentit une respiration, puis un fou rire … Clément qu’est-ce que tu fais là?
    Sa mère étouffait une explosion de rire, son père, qui les avait rejoints, prit un air sévère. „ Clément tu me ranges tout ça !“ avant de prendre la fuite en pouffant.
    Le soir ils eurent droit à un sermon sur la vie de famille, la discrétion… Clément avait les joues rouges mais Céleste, sa sœur n’en menait pas large non plus.
    Bonne Maman qui entendait mal s’écria : „ c’est quoi cette affaire de serrure et de précaution ? Quelqu’un pourrait m’expliquer ? On ne me dit jamais rien dans cette maison !“ ce qui provoqua une rigolade générale et termina la leçon de morale.

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