Défi n°2 décembre 2018

La colère Egon Schiele 


Pour ce deuxième défi nous écrirons la colère. 

Vous avez deux possibilités au choix 

Un logorallye avec les mots 

Colère, rouge, vociférer, raisins , feu, fou, calmer 

Ou 

Décrire  une crise de colère en monologue intérieur. 

Vous trouverez ici les textes et commentaires du premier défi.

A vos plumes et bonne inspiration 

6 réponses à Défi n°2 décembre 2018

  1. Marc dit :

    Dans la voiture, le disque qu’il écoutait en boucle depuis quinze jours remplissait sa mission hypnotique et le déconnectait d’une réalité tangible en le maintenant dans une alerte basse et instinctive. La fatigue comme la profonde lassitude qui l’envahissaient étaient le signe que les bras encore tétanisés, les yeux endoloris d’avoir retenu leurs larmes, le ventre noué par une sourde crainte, n’avaient toujours pas évacué les tensions qui les avaient saisis.
    Après avoir répondu par bribes aux questions inquiètes de sa femme qui comprit rapidement que Romain avait besoin de vide, son fauteuil de cuir et le bavardage continu de la radio l’engloutirent en quelques minutes.
    Les pleurs du gamin, les cris de sa mère, le bruit de son poing se fracassant contre les portes remontaient en bulles sonores qui éclataient à la lisière de sa conscience comme autant de témoignages de son incapacité à maîtriser et à comprendre la situation.
    Ils s’étaient retrouvés au foyer d’accueil dans un huis-clos tragique dans lequel un môme de quinze ans menaçait de s’en prendre à lui-même si on ne le laissait pas quitter la pièce. Et c’était justement la crainte qu’il essaie de mettre fin à ses jours qui justifiait leur obstination à le garder dans ce bureau. Les chaises, la corbeille à papier, le téléphone volaient sous les coups de pied rageurs du gamin sans qu’ils puissent en contenir ni la violence ni la peine. Il suppliait, frappait la cloison, les insultait puis se cognait la tête contre les murs jusqu’à ce Romain le ceinture afin d’éviter qu’il ne se blesse. Ils essayaient de justifier leur volonté de l’hospitaliser en lui glissant le plus doucement possible qu’ils souhaitaient le protéger contre lui-même. Le protéger. L’ado tenta plusieurs fois de pousser Romain pour qu’il libère la porte qu’il gardait jusqu’à l’arrivée du SAMU.
    La scène avait duré une éternité. Elle ne s’était achevée que lorsque deux infirmiers l’avaient emporté, mais elle se prolongeait dans l’esprit de Romain que rien ne semblait pouvoir apaiser. Cette rage désespérée était incompréhensible. Quels mots, quelles intentions, quelle maladresse avaient déclenché ce brutal flux ce colère ? Quelles étaient les souffrances enfouies qui émergeaient soudainement ?
    Malgré la présence de sa mère il n’y avait eu aucun mot de tendresse, aucune présence affectueuse. Ils étaient tous engoncés dans leurs rôles et leurs missions éducatives pour un gamin perdu dans sa détresse et dépassé par sa propre violence. Romain comprit enfin que l’enfant ne faisait que quémander un geste d’amour que sa mère était dans l’impossibilité de lui donner tant elle reproduisait leurs intentions moralisatrices exemptes de tout affects.
    Les uns après les autres, en essayant de dédramatiser, il avait rassuré ceux qui, à travers une mince cloison avaient assisté à cette explosion de violence. Une mère qu’il avait convoquée pleurait. Il lui prit les mains, lui sourit. Ses yeux lui dirent qu’elle avait eu peur mais qu’elle été heureuse que ce ne soit pas son fils qui soit ligoté dans l’ambulance. Il donnait le change et assurait à ceux qui étaient dans la pièce qu’ils avaient correctement joué leur rôle, qu’ils avaient pris la bonne décision, qu’il n’y avait rien d’autre à faire. Quand l’alignement ordonnancé de ses paroles, le ton obstinément calme, résolu, légèrement affecté qu’il s’était composé, permit à tous de partir avec chacun un morceau du fardeau de cette souffrance, Romain, désarmé, s’était enfermé dans son bureau incapable de contenir les larmes qui dans son demi-sommeil coulaient à nouveau sur ses joues.

  2. martine estrade dit :

    très sympa la liberté intérieure qui autorise la femme à ne pas être là, à se livrer à son plaisir, lire . la colère est parfois porteuse de constructions personnelles et de libération psychique.

  3. martine dit :

    Défi 2 la colère
    Ca alors : me demander, en plus, de ne pas utiliser Whatsapp mais plutôt le mail pour respecter l’intimité ! … Sachant qu’il répond à ses mails quand il veut et que je ne lui avais rien demandé. ..C’est lui qui a donné mon nom pour venir à Buenos Aires ! Lui encore qui s’est imposé comme traducteur ! Pas pour traduire , non ! Pour être sur un podium prestigieux et y représenter l’ambassade de France… D’ailleurs il n’a traduit que ce qu’il voulait. .Incroyable ! quand la représentante des Provinces Argentines a fait une intervention longue sur une poétesse mésopotamienne dont les écrits ont été découverts sur des tablettes d’argile ,je ne comprenais plus. Lui il est resté silencieux, absent. Perdue, dans l’impossibilité de répondre, Je lui ai donné un coup de coude et il a chuchoté « ça va trop vite pour que je traduise mais ça n’a aucun intérêt ! » je suis restée stupéfaite : je ne m’y attendais pas… Si au lieu d’être de Mendoza elle avait été la présidente Argentine, il aurait traduit. Là sa majesté ne se donnait pas la peine…Alors que nous sommes collègues depuis 16 ans . Ne pas pouvoir se parler directement par whatsapp pour travailler mais en différé par mail quand il veut lui ! comme si je n’avais qu’à attendre ! Pour qui se prend il , ! tout lui est du à celui là,
    ça, ça va pas être possible ! le congrès international je ne m’y inscris pas, son atelier , il le fera seul, j’ai assez travaillé avec et sans lui , je serai en vacances.

  4. Odile zeller dit :

    Quel visage tourmenté … un Schiele ! Ce regard immense et renfermé …de la colère ? Oui, une fermentation interne qui fait mal. Il souffre de ne pas exploser. Un enfant hurlerait, taperait des pieds et des poings, deviendrait tout rouge, exploserait de fureur et refuserait de se calmer. Ici une colère froide, amère qui se propage acide dans les veines. Rester calme parce qu’il est impuissant, que des gestes violents n’y changeraient rien.
    Elle connaît, elle maîtrise depuis des années ses tendances colériques , pour ne pas perdre la face, pour ne pas devoir s’excuser. Cette fois c’est trop. Elle avait pourtant dit de … avec son argent, sur sa bourse personnelle … elle enrage … mais de toute manière …ses joues ont rougi, elle a chaud et ouvre la fenêtre … enfin non, avec les travaux…
    Elle va sortir,marcher, faire un tour, se calmer, enfin non. Il faudrait saluer poliment trois personnes avant de gagner le monde libre dans la rue au delà du porche. Elle va lire oui lire, plonger dans un univers où sa colère s’essoufflera.
    Acheter … avec son argent, se moquer d’elle, elle va lui dire, lui demander des explications … elle ne va pas laisser passer … et ce livre ? Dans sa main ? Ah oui lire elle … le téléphone ? C’est lui justement … il sait qu’elle est là, on lui a dit … tout le monde sait où elle est, ce qu’elle fait … eh bien non, elle n’y est pas, elle lit, elle a bien droit ….

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