Défi 5 de l’été

Catastrophe…. le stylo a des pansements …

que va t’il donc écrire …. inventez un style, une langue, jouez avec les mots mais surtout amusez vous !

Pour lire les textes du défi 4 c’est ici.

A vos stylos !

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7 réponses à Défi 5 de l’été

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta
    Défi numéro 5
    Ça y est, c´est arrivé, on est bloqués !
    J´étais pourtant un produit de qualité, de quoi pouvait – on se plaindre ? Je filais lisse sur la feuille, ne coulais pas, ne séchais pas, ne m´arrêtais pas au beau milieu d´une phrase, tout comme sur des roulettes, quoi !
    Et puis, tout-à-coup, le vide ! Comme si plus rien ne poussait à aller de l´avant ! Syndrome de la page vide ! Serait – ce la faute de cette vilaine blessure ? En plus, on me l´a occasionnée, même si ce n´était pas fait exprès. Et puis bon, avec le sparadrap, on a paré au plus urgent et je pourrais bien continuer mon boulot. Je voudrais bien prouver que je ne suis pas devenu inutile! Mais on me tourne et retourne entre le pouce, l´index et le médium, on mâchouille mon extrémité – en plus ça me chatouille ! – on me jette par terre avec exaspération et sans motif apparent, comme si j´y étais pour quelque – chose, à quoi en fait ? Et puis, aucun égard pour ma blessure, on me malmène ! Je ne l´ai pas mérité, après au moins deux ans de bons et loyaux services, bringuebalé sans ménagements dans un sac en compagnie d´un carnet écorné, dans l´avion, le train, à la mer comme à la montagne, sans parler des villes … ah là, c´était plus sympa. On me sortait, enfin, toujours avec mon inséparable compagnon-carnet écorné, en général à la terrasse d´un café, parfois dans un musée et enfin j´entrais en action, à remplir de bleu des pages et des pages blanches. Maintenant, fini la belle vie ! Je crois que je n´arriverai même pas à la retraîte ! Peut – être finirai-je mes jours dans un mug recyclé porte – crayons, sur un bureau, relégué à attendre un coup de fil pour que l´on prenne note de ce qu´un anonyme raconte à l´autre bout du fil…

  2. Allessandra Dis dit :

    Le testavrai
    Mademoiselle Sophie, monsieur Albert son frère et Jules, le majordome sont dans la salle d’attente du notaire.
    Mademoiselle Sophie se tient droite dans un canapé mou, dans lequel elle s’enfonce : Jules, mon guillemet et moi sommes frisés que vous soyez ici.
    Monsieur Albert étonné : Quenouille ?
    Mademoiselle Sophie : Vise, Albert, après toutes ces morilles au cœur de Papa, Jules gourmande bien une petite chenille !
    Monsieur Albert : Tant qu’elle est petite, je suis verni.
    Mademoiselle Sophie : Ne le cousez pas, Jules, mon guillemet est un caillou qui ne fabrique pas ce qu’il roule !
    La secrétaire les convie à entrer dans le bureau de Maître Descombes. Ils s’assoient.
    Maitre Descombes : nous sommes soudés aujourd’hui pour décapsuler le testavrai de monsieur feu de la Croix Rosée. « En première ligne, monsieur de la Croix Rosée gambade qu’il a toujours repassé, Sophie et Albert, comme ses propres mésanges ».
    Mademoiselle Sophie, ne comprenant pas la phrase : Escarmouche, Maître, mais il chute sûrement le mauvais argument ! Mon guillemet et moi sommes les mésanges de Papa.
    Maître Descombes rajustant ses lunettes : je ne tue que la bécasse écrite. Votre héros … pardon … monsieur feu de la Croix Rosée a couché sur son testavrai « a toujours repassé, Sophie et Albert, comme ses propres mésanges ».
    Monsieur Albert : Quenouille ? Le héros avait lâché sa peluche !
    Mademoiselle Sophie, agitée : Coupe la rose, Albert !
    Maître Descombes : Je roucoule, si vous le gagez bien. Monsieur de la Croix Rosée gambade ensuite que « Jules Delacre, agité le vingt-quatre monnaie 1932 à Yssingeaux, est son unique mésange ».
    Mademoiselle Sophie, levant les bras au ciel : Tartare de bœuf, Maître, quelle est cette vadrouille ?
    Monsieur Albert renversant sa chaise en se levant : Quenouille de sorcière ? Avez-vous bientôt choisi ces vers-de-terre ?
    Maître Descombes s’épongeant le front avec un mouchoir à carreau : Du potage, du potage, monsieur Albert ! Etalez-vous ! Je dois pourfendre jusqu’à la gargouille. « Etant ingurgité que monsieur de la Croix Rosée a déjà goulument étalé les besoins de Sophie et Albert, il relargue ses mouches, moustiques et sauterelles à monsieur Jules Delacre, dans leurs entièretés ».
    Monsieur Albert attrapant le notaire par le col : Je vais te faire ratisser ton testavrai !
    Mademoiselle Sophie se tournant vers Jules : Mais Jules, ouvrez le bec !
    Jules, inclinant la tête avec respect : les ritournelles de mademoiselle Sophie et de monsieur Albert seront chantées dès ce soir à leur cité U.

  3. Marc dit :

    (…) Lucienne, était à quelques mètres de lui et les trois commères semblaient tremper dans une affaire trouble. Sans faire le moindre bruit il sortit, de sa poche un stylo publicitaire rafistolé d’un sparadrap blanc et un vieux prospectus au dos duquel il nota :
    Vendre-dis-Deezer-Jars-daim-pub-lit-queue.Lu-lu-meuh-do-noeud-hune-se-tâte-hue-trait-lait-deux.
    Mie-dit-K-T-Deux râles-3 pères sonnent qu’on pelote : lu-lu-blanc-che-haie- hun-cone-hue.
    Lait-claie-d’Ubu-rot-du-paire-10-pas-rue. Note-air-paso-cou-rang. Deux coups-ah ?
    Depuis qu’il était gamin, Titi composait ce genre de message qu’il échangeait en cachette avec Solange quand celle-ci venait passer ses vacances dans petit village du Jura. Il avait conservé cette manie et s’adonnait souvent à cet exercice pour le simple plaisir de triturer les mots.
    Espérant entendre le reste de la conversation, Titi retint son souffle mais les trois femmes se levèrent au passage d’un groupe de touristes un peu bruyants. Elles étaient passées devant lui sans le voir et il leur avait discrètement emboîté le pas.
    Après avoir récupéré chat et poussettes, Titi avait suivi les trois femmes sans percevoir une bribe de ce qu’elles pouvaient se dire. Contrairement à l’aspect plutôt négligé de Lulu, les deux autres femmes étaient nettement plus distinguées et semblaient moins âgées qu’elle. Elles avaient emprunté une rue peu fréquentée qui longeait la cathédrale et Titi était obligé de rester à distance s’il ne voulait pas se faire repérer.
    – A quoi on joue ? avait demandé le chat, tu te prends pour Sherlock Holmes ?
    – Chère loque, pensait Titi (…)

  4. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    − Me voilà, chérie, enfin arrivé, quelle circulation et quelle chaleur, ça tape un max. Alors, tout baigne ?
    − Ah! Chéri ! C’est grandiose ! La mer, la plage, le soleil ! Bronzer, j’adore, suis accro, c’est ma drogue.
    − Ouais, en attendant d’être zébron t’aurais plutôt un look de homard. En court-bouillon, écarlate et fumant. Si tu te voyais ! Mais le bronzage est très tendance, incontournable !
    − Bingo ! T’y es arrivé tout seul, t’es futé quand tu veux. En tout cas chacun son style. Toi, c’est plutôt débarqué last minute. Tu pourrais faire un effort et arriver un peu coloré, non ?
    − Je rêve, j’hallucine ! Bonjour la logique ! Je bosse, moi, c’est quand même avec mes tunes que tu te dores les couennes !
    − C’est pas possible cette tornade depuis que t’es arrivé ! Et puis t’as une drôle de voix !
    − C’est l’air conditionné au bureau, j’ai chopé mal à la gorge.
    − Écoute, puisque vu ton gabarit tu ressembles au Mont Blanc, t’as deux solutions. Ou tu t’allonges là-bas, très loin de moi, ou alors ici tout près.
    − On peut savoir pourquoi ?
    − Tu captes vraiment rien ! Tu fais tache dans le paysage, t’es d’accord ? Si t’es loin j’ai pas l’air de te connaître et tu me fous pas la honte. Par contre si tu te poses tout près de moi… tu fais ressortir mon bronzage ! T’imprimes ? Décide-toi, tu me fais de l’ombre sur le dos.
    − Parlons-en de ton dos. Depuis que je suis-là je vois que ça, t’es toujours à plat ventre. Mais dis-donc, pourquoi t’as pas de culotte ?
    − D’abord on appelle ça des slips. Et puis j’en porte un.
    − J’ le vois pas.
    − Parce que je l’ai roulotté et rentré dans les fesses pour bronzer intégralement.
    − C’est une obsession ce bronzage ! Si au moins le soleil t’adoucissait !
    − C’est toi qui m’a attaquée depuis que tu t’es pointé.
    − Dis, tu pourrais te retourner de temps en temps, non ? Ça serait plus facile pour s’empailler.
    − Bonne idée, je vais enfin pouvoir te dire en face d’aller… mais qui êtes-vous, monsieur ? Je vous connais pas ! Je croyais parler à mon mari !
    − Et moi à ma femme ! On aurait vraiment dit… Moi c’est Paul, enchanté !
    − Moi c’est Natacha.
    − Avouez, c’est pas banal comme situation ! Dites, on le continue comment le scénar ? Ça serait dommage de s’arrêter avec l’entraînement qu’on a.
    − Oui, c’était bien parti ! Ça détend drôlement ! Ça décrasse les jointures ! Allez, venez, je vous fait une place sur mon transat.
    − Natacha, vous avez raison, qu’est-ce qu’on est bien au soleil !
    − Paul, vous savez que vous êtes craquant ! Et puis, après tout, vous n’êtes pas si blanc que ça. Il me semble même que vous avez déjà bronzé.
    − Ah ! Natacha ! Il y a de ces miracles, l’été!

  5. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile
    Aaaaaaallons y, douuuuuuucement … de petits mots courts et sans jambages …. la tout doux … je me lance ahhhhh ahhhh je coince un petit mouvement et … heureusement elle a la main douce … et si je … surtout ne pas y penser, c’est la poubelle et la décharge même pas de recyclage … elle veut me garder, elle m’a mis un bandage, un pansement … je suis un doux souvenir, quelle chance ! Je ne suis pas un vulgaire bic, moi …. aïe aïe ça pince oui à la charnière … un peu de repos oui elle me pose et elle réfléchit, une femme si douce, intelligente qui ne se fâche jamais …. elle me secoue maintenant ouille aïe … c’est la fin, je me disloque …qu’est-ce qu’il lui prend ?

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