Défi 6 de l’été

Et voguent les histoires
Oz

L’été est le temps du farniente et de la lecture.

Racontez ce moment de plaisir dans un hamac jusqu’au moment où….

un incident, un moustique et…

Vous pouvez aussi vous arrêter à ce moment délicieux

a vos plumes

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5 réponses à Défi 6 de l’été

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Les deux arbres semblent avoir été plantés là, à la distance idéale l’un de l’autre, juste pour installer mon hamac. Un hamac immense en toile robuste, ramené du Brésil. Il pourrait contenir une famille entière d’indiens d’Amazonie. C’est dire si j’y suis à l’aise. Un coussin, un plaid et un bon livre, me voilà partie pour un beau voyage.
    J’ai une pensée rapide pour mes collègues qui risquent une insolation au Forum ou au Colisée et je bénis la fraîcheur dont je jouis sous mon tunnel végétal, bordé d’un côté par les ormes et de l’autre par les sureaux en pleine floraison. Le parfum est intense. Il me vient une envie de beignets de fleurs de sureau. On verra ce soir, maintenant c’est l’heure du relax et de la lecture.
    Cent ans de solitude, le livre que j’ai lu et relu cent fois, retrouvant toujours avec le même plaisir l’atmosphère de Macondo et ses personnages. J’ai une sympathie particulière pour la jeune fille sur laquelle se posaient les papillons jaunes peut-être parce qu’il m’est arrivé de parcourir les passerelles au-dessus des cataractes d’Iguazù couverte de papillons multicolores. Je souris à ce souvenir.
    Je m’allonge, je m’incruste dans le hamac et me balance en regardant au loin la vallée du Fucin dans la brume. Je me sens en harmonie avec la nature qui m’entoure, heureuse, comblée. Je ne veux penser à rien d’autre qu’à la lecture. Elle m’apaise, me fait oublier les fatigues quotidiennes, les préoccupations. Je m’évade et elle m’emporte très loin vers d’autres horizons que je visualise avec une incroyable précision. Je suis tellement prise dans la trame que plus rien n’existe. Je suis ailleurs, dans un autre espace et un autre temps.
    Je suis partie si loin que je n’entends même pas les sollicitations des pinsons habitués à m’entendre siffler avec eux, si loin que j’ai du mal à réaliser ce qui m’arrive lorsque je me retrouve soudain couverte de feuilles et de brindilles. Un vent violent s’est levé. Le ciel est noir, les nuages lourds, la pluie arrive. Le temps change vite en montagne. J’ai juste le temps de décrocher le hamac avant le déluge et de nous mettre à l’abri, le livre et moi.
    Tant pis pour les beignets de fleurs de sureau, on verra demain.

  2. Marc dit :

    (…) Titi avait pensé que, compte tenu de son excentricité, si cela était nécessaire, il retrouverait facilement Lulu. Mais qui des deux autres femmes était Blanche ? Sans véritable raison, ou peut-être parce que ce prénom lui rappelait un vieux film qui l’avait beaucoup ému, il opta pour celle qui paraissait la plus jeune et qui promenait ostensiblement une ombrelle dont elle n’avait nul besoin, le soleil s’étant momentanément dissous dans le coton du ciel. Il décida que, si les femmes devaient se séparer, c’est cette dernière qu’il suivrait. Elles marchèrent un moment sans but apparent tout en poursuivant leur conciliabule, quand, à proximité d’une petite place,au milieu de laquelle une fontaine au débit prostatique déversait un timide jet d’eau sur trois nymphes impassibles, Lulu serra la main des deux autres femmes tandis que Blanche et l’inconnue s’embrassèrent chaleureusement. Blanche pénétra dans la cour d’un hôtel particulier plutôt cossu et, sans se retourner, gravit les marches du perron. Titi contourna la battisse en longeant une venelle adjacente et constata qu’elle était adossée à un petit jardin enserré par un mur de pierres à travers une faille duquel il pouvait, sans être vu, observer la maison. Il patienta quelques minutes lorsque Blanche, qui avait quitté la veste du strict tailleur qu’elle portait à l’église, s’installa dans un fauteuil d’osier sur la terrasse. Chaussant une paire de lunettes qu’elle avait extraite de son sac, elle entama la lecture du livre qu’elle tenait dans la main. Titi, qui, jusqu’à lors, ne l’avait vue que de dos, fut frappé par la beauté de ce visage concentré sur l’ouvrage dont il ne pouvait distinguer le titre. La douceur des traits de Blanche enchâssés dans son épaisse chevelure blonde, la pâleur de ses yeux et le très léger mouvement de ses lèvres fines lui donnaient un air juvénile que contredisaient sans conteste la courbure de ses hanches, la rotondité de ses seins ou la sensualité de ses gestes. Elle hochait imperceptiblement la tête, laissant son regard se promener sur la page qu’elle tournait périodiquement d’un index gracieux. Le soleil qui, pour l’occasion, avait aiguisé quelques-uns de ses rayons, jouait parfois à l’éblouir et l’obligeait à se repositionner confortablement. De temps à autres, son attention se déplaçait au loin, elle fixait alors un point mystérieux du jardin et semblait se plonger dans une rêverie dont elle ne sortait brusquement que pour reprendre le cours de sa lecture. Dans un étui posé sur un petit guéridon de fer forgé, elle puisa une cigarette qu’elle alluma en protégeant d’une main délicate la flamme de son briquet. Tout en se débarrassant l’un après l’autre de ses escarpins, exhumant un long jet de fumée blanche, elle rechaussa ses lunettes et se cala à nouveau dans son fauteuil, le livre ouvert sur les genoux. Titi avait observé, non sans plaisir, le langoureux abandon de Blanche dont le corps tout entier se livrait à la lecture, qui semblait se tenir hors de portée du monde et fondre intimement son univers dans celui de l’ouvrage qu’elle lisait et dont il aurait aimé connaître la teneur.
    – Mateur ! avait dit le matou.(…)

  3. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile
    Je peux enfin lire tranquille. Pourquoi m’a t’on interdit de lire ? Enfin des livres futiles comme on me disait. Pour la classe mais vite pour retourner au solfège, aux partitions, à la musique, pour ne pas perdre mon temps. J’aime lire, et je lisais en cachette en allumant une bougie près de mon lit à la Villa … quand j’étais petite. En dehors des vacances c’était impossible, entre la musique et l’école… j’aime la musique, je ne dis pas le contraire mais me plonger dans un livre, le dévorer … je perds la notion du temps, je m’évade. La musique m’a longtemps donné ce bonheur mais en devenant professionnelle … Richard voyait aussi d’un œil mauvais mes achats de romans. C’était cher, futile et je recevais tant de livres en cadeaux… je voulais les miens, les choisir et les payer, écrire mon nom dessus, les caresser … maintenant je vais avoir du temps pour lire … tout Tolstoi, tout Balzac … les classiques … et les prix … lire, lire… et écrire. Oui il ne faut pas le dire, vous comprenez les paparazzi … j’écris… la musique je suis interprète… écrire je crée mon monde… un délice. Lire et écrire enfin

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