Défi 6 de l’été

Et voguent les histoires
Oz

L’été est le temps du farniente et de la lecture.

Racontez ce moment de plaisir dans un hamac jusqu’au moment où….

un incident, un moustique et…

Vous pouvez aussi vous arrêter à ce moment délicieux

a vos plumes

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11 réponses à Défi 6 de l’été

  1. madeleine brinkmann dit :

    Dernier jour de vacances, et le soleil perce encore joliment à travers les nuages moutonneux. Je m’évertue à profiter au maximum de cette dernière bulle de liberté. Je m’installe confortablement dans un hamac, un thé frais à la menthe à portée de main, dans lequel flottent quelques glaçons en cliquetant doucement. Au milieu, la paille jaune soleil se dresse. Tête et visage sont protégés par un chapeau aux larges bords. Je suis vêtue d’une robe d’été toute en légèreté et je suis chaussée de sandales. J’ai prévu aussi la vue sur la mer que je vois à présent un peu plus grise que bleue au travers de mes verres fumés. Et entre les mains, une lecture dont je fais durer le plaisir…Plus que quelques heures et le travail va recommencer, mais d’ici là, j’ai mis prioritairement le farniente au programme. Sans lâcher mes pages, je tends la main vers ma boisson fraîche. Quel bien-être…! Je m’assoupis un petit moment, juste quelques instants. Je rêve que je suis sur la plage, au bord de l’eau qui gicle doucement…
    Mais pourquoi la mer calme mouille-t-elle autant? En sentant l’eau sur mon visage, je me réveille subitement. Il a commencé à pleuvoir!
    Bon, voilà qui me ramène à la dure réalité un peu plus tôt que prévu!

  2. Loretta Loria - Riedel dit :

    Les enfants se sont souvent heurtés (surtout autrefois) à l´interdit de lire, lorsqu´on est adulte c´est la vie professionnelle et donc le manque de temps qui remplace les parents, encore de nos jours beaucoup d´incompréhension pour la plus enrichissante des activités, cela ressort bien du texte. Merci Odile!

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Le polar
    Voilà, il s´est endormi. L´air marin et la baignade matinale l´ont bien fatigué. Il sourit dans son berceau, les yeux et les poings fermés. Une heure et demi, deux heures peut-être rien que pour moi. Je sors silencieusement de la chambre dont la porte-fenêtre donne directement sur la terrasse. Là, entre deux piliers, le hamac se balance au gré de la brise, comme pour me solliciter à m´y installer.
    J´accepte l´invitation, m´allonge au creux de la toile et contemple l´horizon. L´île de Vulcano est devant moi, cône presque parfait. Son cratère exhale une légère fumée, signe que tout va bien. Les cigales, seules, troublent le silence. Les autres îles de l´archipel se dessinent au loin, interrompant ici et là la ligne où ciel et mer se touchent.
    J´ouvre mon livre. Rien de tel, pour me détendre, que l´un de mes enquêteurs préférés. De Wallander à Brunetti, passant par Montalbano ou à la rigueur Poirot, j´entre dans leur monde, je me promène dans une rue de Stockholm, dans une « Calle » vénitienne, je m´imagine, un après – midi torride, flâner dans un village de Sicile admirant églises et palais baroques qui l´ornent ou bien me voilà catapultée dans le monde on ne peut plus « british » de l´Inspecteur à la moustache impeccable. Je ne dédaigne pas les polars américains, Mary Higgins Clark m´a tenue si souvent en haleine …
    Le chant des cigales me berce, parfois Morphée me rejoint, peuple mon repos des images tirées du dernier polar dévoré. Une histoire d´enlèvement d´enfant … mais il est encore tout près, je l´entends pleurer ! C´est bien lui, il faut que je coure à sa rescousse ! Le temps d´ouvrir les yeux, de me remémorer où je suis … je cours prendre mon bébé dans mes bras et le berce doucement.

  4. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Les deux arbres semblent avoir été plantés là, à la distance idéale l’un de l’autre, juste pour installer mon hamac. Un hamac immense en toile robuste, ramené du Brésil. Il pourrait contenir une famille entière d’indiens d’Amazonie. C’est dire si j’y suis à l’aise. Un coussin, un plaid et un bon livre, me voilà partie pour un beau voyage.
    J’ai une pensée rapide pour mes collègues qui risquent une insolation au Forum ou au Colisée et je bénis la fraîcheur dont je jouis sous mon tunnel végétal, bordé d’un côté par les ormes et de l’autre par les sureaux en pleine floraison. Le parfum est intense. Il me vient une envie de beignets de fleurs de sureau. On verra ce soir, maintenant c’est l’heure du relax et de la lecture.
    Cent ans de solitude, le livre que j’ai lu et relu cent fois, retrouvant toujours avec le même plaisir l’atmosphère de Macondo et ses personnages. J’ai une sympathie particulière pour la jeune fille sur laquelle se posaient les papillons jaunes peut-être parce qu’il m’est arrivé de parcourir les passerelles au-dessus des cataractes d’Iguazù couverte de papillons multicolores. Je souris à ce souvenir.
    Je m’allonge, je m’incruste dans le hamac et me balance en regardant au loin la vallée du Fucin dans la brume. Je me sens en harmonie avec la nature qui m’entoure, heureuse, comblée. Je ne veux penser à rien d’autre qu’à la lecture. Elle m’apaise, me fait oublier les fatigues quotidiennes, les préoccupations. Je m’évade et elle m’emporte très loin vers d’autres horizons que je visualise avec une incroyable précision. Je suis tellement prise dans la trame que plus rien n’existe. Je suis ailleurs, dans un autre espace et un autre temps.
    Je suis partie si loin que je n’entends même pas les sollicitations des pinsons habitués à m’entendre siffler avec eux, si loin que j’ai du mal à réaliser ce qui m’arrive lorsque je me retrouve soudain couverte de feuilles et de brindilles. Un vent violent s’est levé. Le ciel est noir, les nuages lourds, la pluie arrive. Le temps change vite en montagne. J’ai juste le temps de décrocher le hamac avant le déluge et de nous mettre à l’abri, le livre et moi.
    Tant pis pour les beignets de fleurs de sureau, on verra demain.

  5. Marc dit :

    (…) Titi avait pensé que, compte tenu de son excentricité, si cela était nécessaire, il retrouverait facilement Lulu. Mais qui des deux autres femmes était Blanche ? Sans véritable raison, ou peut-être parce que ce prénom lui rappelait un vieux film qui l’avait beaucoup ému, il opta pour celle qui paraissait la plus jeune et qui promenait ostensiblement une ombrelle dont elle n’avait nul besoin, le soleil s’étant momentanément dissous dans le coton du ciel. Il décida que, si les femmes devaient se séparer, c’est cette dernière qu’il suivrait. Elles marchèrent un moment sans but apparent tout en poursuivant leur conciliabule, quand, à proximité d’une petite place,au milieu de laquelle une fontaine au débit prostatique déversait un timide jet d’eau sur trois nymphes impassibles, Lulu serra la main des deux autres femmes tandis que Blanche et l’inconnue s’embrassèrent chaleureusement. Blanche pénétra dans la cour d’un hôtel particulier plutôt cossu et, sans se retourner, gravit les marches du perron. Titi contourna la battisse en longeant une venelle adjacente et constata qu’elle était adossée à un petit jardin enserré par un mur de pierres à travers une faille duquel il pouvait, sans être vu, observer la maison. Il patienta quelques minutes lorsque Blanche, qui avait quitté la veste du strict tailleur qu’elle portait à l’église, s’installa dans un fauteuil d’osier sur la terrasse. Chaussant une paire de lunettes qu’elle avait extraite de son sac, elle entama la lecture du livre qu’elle tenait dans la main. Titi, qui, jusqu’à lors, ne l’avait vue que de dos, fut frappé par la beauté de ce visage concentré sur l’ouvrage dont il ne pouvait distinguer le titre. La douceur des traits de Blanche enchâssés dans son épaisse chevelure blonde, la pâleur de ses yeux et le très léger mouvement de ses lèvres fines lui donnaient un air juvénile que contredisaient sans conteste la courbure de ses hanches, la rotondité de ses seins ou la sensualité de ses gestes. Elle hochait imperceptiblement la tête, laissant son regard se promener sur la page qu’elle tournait périodiquement d’un index gracieux. Le soleil qui, pour l’occasion, avait aiguisé quelques-uns de ses rayons, jouait parfois à l’éblouir et l’obligeait à se repositionner confortablement. De temps à autres, son attention se déplaçait au loin, elle fixait alors un point mystérieux du jardin et semblait se plonger dans une rêverie dont elle ne sortait brusquement que pour reprendre le cours de sa lecture. Dans un étui posé sur un petit guéridon de fer forgé, elle puisa une cigarette qu’elle alluma en protégeant d’une main délicate la flamme de son briquet. Tout en se débarrassant l’un après l’autre de ses escarpins, exhumant un long jet de fumée blanche, elle rechaussa ses lunettes et se cala à nouveau dans son fauteuil, le livre ouvert sur les genoux. Titi avait observé, non sans plaisir, le langoureux abandon de Blanche dont le corps tout entier se livrait à la lecture, qui semblait se tenir hors de portée du monde et fondre intimement son univers dans celui de l’ouvrage qu’elle lisait et dont il aurait aimé connaître la teneur.
    – Mateur ! avait dit le matou.(…)

  6. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile
    Je peux enfin lire tranquille. Pourquoi m’a t’on interdit de lire ? Enfin des livres futiles comme on me disait. Pour la classe mais vite pour retourner au solfège, aux partitions, à la musique, pour ne pas perdre mon temps. J’aime lire, et je lisais en cachette en allumant une bougie près de mon lit à la Villa … quand j’étais petite. En dehors des vacances c’était impossible, entre la musique et l’école… j’aime la musique, je ne dis pas le contraire mais me plonger dans un livre, le dévorer … je perds la notion du temps, je m’évade. La musique m’a longtemps donné ce bonheur mais en devenant professionnelle … Richard voyait aussi d’un œil mauvais mes achats de romans. C’était cher, futile et je recevais tant de livres en cadeaux… je voulais les miens, les choisir et les payer, écrire mon nom dessus, les caresser … maintenant je vais avoir du temps pour lire … tout Tolstoi, tout Balzac … les classiques … et les prix … lire, lire… et écrire. Oui il ne faut pas le dire, vous comprenez les paparazzi … j’écris… la musique je suis interprète… écrire je crée mon monde… un délice. Lire et écrire enfin

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