Défi 7 de l’été

Vous prenez un fruit, un légume que vous aimez…vous le décrivez avec des phrases sans le nommer et en ménageant du suspense….

c’est un exercice de précision mais utile parfois dans un texte long.

Vous avez le droit d’opter pour un café ou une glace mais préférez un objet simple

à vos plumes

Les droits sont réservés sous la forme CC

3 réponses à Défi 7 de l’été

  1. Janine dit :

    Texte de Janine
    C’est dans le péristyle de la jolie domus près du Forum que j’ai trouvé les plus belles, les plus joufflues, les plus rouges.
    Tout commence par une fleur, qui ressemble à une petite rose aux pétales froissées de la couleur du feu. Très fréquentée par les abeilles. Et puis à la base se forme une minuscule boule qui va grossir jusqu’à la taille d’une orange et même d’une pamplemousse, et passer du vert au rouge avec des variations du rose au bordeaux. La petite couronne pointue au sommet est le vestige de la capsule qui contenait la fleur. Sa peau est lisse et dure, comme du cuir.
    Elle aime la chaleur, le soleil, elle s’y prélasse tout autour de la Méditerranée, elle l’emmagasine et le retient.
    Lorsqu’elle est trop gorgée de soleil elle éclate et révèle alors ses richesses, des rubis en quantité, rouge clair, brillants, transparents.
    La grenade est généreuse et symbolise les dons de la vie.

  2. Marc dit :

    (…) Surpris par la réflexion du chat, Titi s’était demandé comment entrer en contact avec celle qu’’il continuait de prénommer Blanche. Il saisit l’animal par la peau du cou, le posa sur l’assise du mur et d’une pichenette l’expédia dans le jardin. Le chat, fidèle à la tradition féline atterrit sur ses pattes au milieu d’un parterre odorant qui lui rappelait vaguement le parfum de certains restes de yaourts, qu’à l’occasion, Titi lui abandonnait et qu’il léchait goulûment à s’en noyer les moustaches. Dans sa chute, il avait senti une de ses pattes heurter une bille dure qui roula sous ses coussinets. Il y planta ses griffes, une minuscule gouttelette de liquide translucide perla aussitôt. Il huma le parfum qu’exhalait la sphère verte hérissée de microscopiques poils blancs, sans pouvoir l’associer à une image précise. Curieux, il observa un instant la végétation qui l’entourait, constatant que de nombreuses boules similaires jonchaient le sol liées à leurs mères par une fine collerette brodée et de petits fils ronds qui couraient à terre en tous sens. D’autres pendaient en l’air comme des clochettes, d’autres encore paraissaient naître entourées d’un délicat bonnet blanc. Elles semblaient se tenir toutes à l’abri du soleil sous un épais feuillage crénelé sans se soucier de la grosse limace orange qui laissait derrière elle son tapis de bave visqueuse. Maintenant la boule au sol, il passa dessus une langue râpeuse et tenta de la croquer mais elle s’avéra être dure comme du bois et une forte acidité la lui fit recracher instantanément.
    – Bonjour Madame, dit Titi qui s’était hissé par dessus le mur, vous n’auriez pas vu mon chat ?
    Blanche eût un léger sursaut.
    – Bonjour Monsieur, mais qui êtes-vous ? Non, désolée je n’ai vu aucun chat, répondit-elle.
    – Il a escaladé sur votre clôture et sauté dans votre jardin. On m’appelle Titi, je suis un vagabond. J’ai la rue pour salle à manger, un pont comme chambre à coucher, le ciel en couverture et je possède le plus grand jardin du monde, dit-il dans un sourire.
    Blanche sourit à son tour.
    – Enchantée, dit-elle, votre chat doit-être dans les fraisiers, ils sont gigantesques cette année.
    – Des fraises ! avait dit le chat… même pas mûres ! (…)

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