Défi 7 de l’été

Vous prenez un fruit, un légume que vous aimez…vous le décrivez avec des phrases sans le nommer et en ménageant du suspense….

c’est un exercice de précision mais utile parfois dans un texte long.

Vous avez le droit d’opter pour un café ou une glace mais préférez un objet simple

à vos plumes

Les droits sont réservés sous la forme CC

9 réponses à Défi 7 de l’été

  1. madeleine brinkmann dit :

    Une mouche vous enfonce légèrement la face, et cette dernière ne présente pas un ovale parfait, elle est parfois même un peu bosselée, à dire vrai.
    Votre mine bonne santé que d’aucuns qualifieront de jaune, est aussi piquetée, plus ou moins harmonieusement, de petites étoiles noires, et certains esprits chagrins feront aussi remarquer qu’elle est affligée de quelques taches brunes.
    Vers l’arrière, votre forme s’affine en un cône imparfait ; cette queue en bois dur à votre extrémité peut même intriguer.
    Caressée contre une joue, à proximité du nez, vous dégagez un parfum subtilement doux.
    Vous faites votre entrée sur les tables juste avant les fromages.
    Si, d’aventure, un convive ouvre votre robe, c’est à ce moment que vous plairez le plus, que votre nom soit Conférence ou Beurré Hardy, que votre chair soit croquante ou moelleuse et juteuse, le convive saura vous savourer à votre juste valeur.
    (La poire)

  2. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Défi numéro 7
    Le câpre
    Le terrain de ce fruit est aride. Là où il pousse, pas grand-chose à tirer du sol, voilà pourquoi ces îles se sont dépeuplées, nombre de leurs habitants sont allés chercher fortune ou plutôt leur survie très loin, au-delà de l´Océan. Cette plante pauvre comme la terre qui l´engendre a pris possession de ce qui reste des maisons délabrées, des pierres blanchies par le soleil qui ont résisté, année après année, à l´agression des éléments. Elle recouvre les pans de muraille et dès le mois de juin, des baies en forme de tout petit cœur vert olive apparaissent sous le feuillage. C´est alors le moment de la cueillette, toute la famille s´y met y compris enfants, oncles, tantes, cousins. Ce fruit est une des rares richesses de ces îles, on le prépare dans un saumure ou bien on le conserve dans le sel, il est très prisé car il ne pousse que dans ces parages et la redécouverte de la cuisine méditerranéenne l´a remis en vogue. Toutefois, nombre de baies survivent à la cueillette. C´est alors qu´elles explosent : Du petit pommeau vert pointe, telle une chrysalide, une tache claire qui se déploie, après quelques jours, en une fleur fragile aux les délicats pétales d´un blanc intense. En son centre, une explosion de stèles aux nuances violacées encapuchonnées, à leur extrémité, d´un pistil violet. Semblables à des petits feux d´artifice multipliés par cent, par mille, les fleurs parent les murs des vieilles maisons en ruine. La fleur de câpre, c´est l´orchidée des Éoliennes.

  3. Janine dit :

    Texte de Janine
    C’est dans le péristyle de la jolie domus près du Forum que j’ai trouvé les plus belles, les plus joufflues, les plus rouges.
    Tout commence par une fleur, qui ressemble à une petite rose aux pétales froissées de la couleur du feu. Très fréquentée par les abeilles. Et puis à la base se forme une minuscule boule qui va grossir jusqu’à la taille d’une orange et même d’une pamplemousse, et passer du vert au rouge avec des variations du rose au bordeaux. La petite couronne pointue au sommet est le vestige de la capsule qui contenait la fleur. Sa peau est lisse et dure, comme du cuir.
    Elle aime la chaleur, le soleil, elle s’y prélasse tout autour de la Méditerranée, elle l’emmagasine et le retient.
    Lorsqu’elle est trop gorgée de soleil elle éclate et révèle alors ses richesses, des rubis en quantité, rouge clair, brillants, transparents.
    La grenade est généreuse et symbolise les dons de la vie.

  4. Marc dit :

    (…) Surpris par la réflexion du chat, Titi s’était demandé comment entrer en contact avec celle qu’’il continuait de prénommer Blanche. Il saisit l’animal par la peau du cou, le posa sur l’assise du mur et d’une pichenette l’expédia dans le jardin. Le chat, fidèle à la tradition féline atterrit sur ses pattes au milieu d’un parterre odorant qui lui rappelait vaguement le parfum de certains restes de yaourts, qu’à l’occasion, Titi lui abandonnait et qu’il léchait goulûment à s’en noyer les moustaches. Dans sa chute, il avait senti une de ses pattes heurter une bille dure qui roula sous ses coussinets. Il y planta ses griffes, une minuscule gouttelette de liquide translucide perla aussitôt. Il huma le parfum qu’exhalait la sphère verte hérissée de microscopiques poils blancs, sans pouvoir l’associer à une image précise. Curieux, il observa un instant la végétation qui l’entourait, constatant que de nombreuses boules similaires jonchaient le sol liées à leurs mères par une fine collerette brodée et de petits fils ronds qui couraient à terre en tous sens. D’autres pendaient en l’air comme des clochettes, d’autres encore paraissaient naître entourées d’un délicat bonnet blanc. Elles semblaient se tenir toutes à l’abri du soleil sous un épais feuillage crénelé sans se soucier de la grosse limace orange qui laissait derrière elle son tapis de bave visqueuse. Maintenant la boule au sol, il passa dessus une langue râpeuse et tenta de la croquer mais elle s’avéra être dure comme du bois et une forte acidité la lui fit recracher instantanément.
    – Bonjour Madame, dit Titi qui s’était hissé par dessus le mur, vous n’auriez pas vu mon chat ?
    Blanche eût un léger sursaut.
    – Bonjour Monsieur, mais qui êtes-vous ? Non, désolée je n’ai vu aucun chat, répondit-elle.
    – Il a escaladé sur votre clôture et sauté dans votre jardin. On m’appelle Titi, je suis un vagabond. J’ai la rue pour salle à manger, un pont comme chambre à coucher, le ciel en couverture et je possède le plus grand jardin du monde, dit-il dans un sourire.
    Blanche sourit à son tour.
    – Enchantée, dit-elle, votre chat doit-être dans les fraisiers, ils sont gigantesques cette année.
    – Des fraises ! avait dit le chat… même pas mûres ! (…)

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