Le temps

 

C’est un élément essentiel de la narration. Il conduit intrigue et lecture.

Vous écrirez un texte court qui contiendra tous les connecteurs temporels suivants :

le jeudi matin

il y a dix ans 

maintenant

auparavant

pendant

à la dernière minute 

soudain

enfin

 

À vos plumes et belle écriture

de Rome une plume

4 réponses à Le temps

  1. Marc dit :

    La nuit avait été particulièrement pénible et le mal de crâne qui avait surpris Titi à son réveil, alourdissait considérablement la profonde lassitude qui l’avait envahi sans crier gare. La veille, il avait dégoté un asile de fortune sous l’arche d’un pont qui enjambait une rivière anémique et avait installé, à même le sol, une partie du barda qu’il transportait sur deux poussettes superposées. Il saurait maintenant qu’il valait mieux éviter de dormir sous ce type d’ouvrage quand les douceurs d’avril faisaient inopinément éclore les premiers moustiques.
    – Ça ne va pas le faire, avait pourtant prévenu le chat au moment du coucher.
    À la dernière minute, et pour se garder d’une éventuelle ondée qui pouvait soudain venir le déloger, Titi s’était résolu à passer la nuit sous cet abri de béton. Il avait auparavant sillonné la ville et fait la connaissance des flics locaux qui n’avaient pas oublié de l’intercepter pour vérifier son identité et lui indiquer les divers lieux de bienfaisance que, scrupuleusement il avait prit soin d’éviter comme la peste. Il y a dix ans qu’il fréquentait la plupart des organisations caritatives du pays et, sans en contester l’utilité sociale, la commisération toujours un peu paternaliste et moralisatrice des bénévoles le mettait sérieusement mal à l’aise. Il préférait de loin la solitude ou la fantaisie de ses rencontres opportunes.
    Pendant toute la nuit, il avait été harcelé par une nuée d’insectes vrombissant dans ses oreilles et qui, par escadrilles entières, venaient en vagues successives se ravitailler de son sang. Enfin, un vilain bouton au coin de l’œil lui brouillait la vue et il sentait la mauvaise humeur prendre d’assaut sa jovialité naturelle.
    Le chat qui avait entamé sa toilette en léchant une patte après l’autre, regardait Titi subrepticement avec un brin de morgue condescendante,.
    – On est jeudi… et le marché ici c’est le jeudi matin, avait-il dit d’un air détaché.
    (…)

  2. Odile zeller dit :

    Texte d‘Odile
    Hésitation
    Le jeudi matin, elle fait du dessin en académie. Elle a sa place attitrée avec son chevalet. On installe pour eux un plâtre, une copie d‘antique, un bouquet ou des fruits selon la saison. Il s‘agit de s‘en inspirer pour un dessin ou une aquarelle rarement une huile. Les artistes amateurs s’essayent à diverses techniques et viennent faire leurs gammes. Il y a dix ans qu‘elle dessine chaque semaine. Auparavant elle était inscrite au tango mais l’âge venant, elle a renoncé à la danse. Aujourd’hui, partie en catastrophe de chez elle, à la dernière minute, elle se sent fébrile, désorientée. Soudain elle voudrait faire demi tour, changer, se promener au soleil de mai.
    Pendant quelques minutes elle reste là debout, au milieu du trottoir, une jambe en retrait. Dix ans de gribouillages, d’exercices. Rien de fini ni d’accompli. Il faudrait qu‘enfin elle peigne une œuvre, un tableau, une aquarelle, quelque chose qui viendrait d‘elle, dont elle serait fière. Elle en rêve depuis longtemps. Elle est décidée, c‘est maintenant ou jamais. Elle traverse la rue pour acheter son papier. Elle sera en retard mais tant pis.

  3. Odile zeller dit :

    Poème de Nadia Esteba sur le thème du temps.

    PARFUM DU TEMPS
     
    Elle pense la petite fille,
     
    Une larme  sur la joue.
     
    Son jardin est un univers charmant
     
    Amandiers japonisants  au Printemps
     
    Du puits, du bassin, du sureau,
     
    Elle se souvient du seringa, l’arbre de Judée
     
    De l’allée pavée, de l’arrosoir,
     
    Et du muguet de sa grand- mère.
     
     
    Dans le ciel bleu profond,
     
    Tournoient les hirondelles
     
    Là les fèves, les choux, coccinelles
     
    Ici le carré de fraises, pommes de terre
     
    Les étoiles bleues des nigelles.
     
    Cet écrin contient la planète entière,
     
    Les escargots, des fleurs, des oiseaux
     
    Romane en robe rose
     
    Son chat  dans les bras
     
    Ecoute les heures sonner au campanile
     
    Et elle  repense à la petite île
     
    Aux palmiers, près de l’étang.
     
    Ici il y a des vignes et des champs
     
    D’où viennent le soir venu
     
    A la faveur du silence des rues
     
    Des  hérissons en ribambelle
     
    Gratter  chez les gens.
     
    Nadia ESTEBA
     
     

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