Notre premier défi de l’été

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la plume

19 réponses à Notre premier défi de l’été

  1. J’ai vraiment adoré votre travail ! C’est super cool de voir un point de vue très bien mené et détaillé sur tout ça. Merci pour votre enthousiasme !

  2. madeleine brinkmann dit :

    Le candidat au célèbre concours “Parcours d’artistes 2018” attend avec impatience les résultats en consultant le programme. Pour le calmer, l’ami qui l’accompagne lui propose de s’allonger dans un transat, à l’ombre d’un pin-parasol. Ça y est, le nom des gagnants va être annoncé, une dame s’avance devant le micro et ouvre un papier soigneusement plié, la liste des lauréats certainement. Il fait chaud en ce début de mois d’août dans le parc du musée d’art de Cointrang, bourgade du Midi. La sueur perle sur le front de la dame qui s’éponge doucement le coin de l’oeil où son mascara semble couler. Elle entame la lecture de la liste.

    Soudain, l’artiste entend prononcer son nom parmi les lauréats!
    L’homme rougit, ses cheveux se hérissent, ainsi que sa barbe, lui donnant un air de barbare.
    Son ami, qui s’était placé à côté de lui, prend une photo avec son téléphone, et après lui avoir lancé un clin d’oeil de connivence, lance
    – Alors, Rémi, on ouvre une bouteille pour fêter cela?

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Défi numéro 1
    Les animaux
    « Repetita juvant », disaient volontiers les Romains. Mais pas forcément dans mon cas. Encore un été à passer dans le patelin – 700 mètres d´altitude – qui représentait le seul refuge à notre portée contre la chaleur barbare de la ville. Mais … rien à foutre dans le bled ! Les journées se succédaient, les unes égales aux autres. Je me retrouvais encore une fois candidat forcé à l´ennui !
    Tiens, la municipalité organise une expo d´objets fabriqués dans le village et alentours… pas dans un vrai musée mais dans une maison ancienne, avec jardin agrémenté de puits avec margelle et pin parasol… Je monte l´escalier en pierre blanche polie par les pas de tous ceux qui m´ont précédée et je franchis, au premier étage, l´entrée de la salle principale au plafond agrémenté de poutres apparentes. Là se tient l´« exposition ». L´artisanat local traditionnel, broderies, objets en fer forgé, ouvrages de marqueterie côtoyait des créations modernes. Et voilà que je tombe sous le charme d´une collection d´animaux stylisés en bois, peint ou naturel, de toutes tailles et d´une originalité surprenante. Presque une arche de Noé ! Le mouton avec pour dos des disques amovibles pouvant servir de dessous de bouteille en forme de petits nuages, le corbeau aux larges plumes noires, la tête de bœuf rouge dont la photo ne défigurerait pas dans une affiche de corrida, le petit porc-épic au dos hérissé de pointes…. Tout un programme, en somme ! Le bijoutier du village a fait de la fabrication de ces objets son passe-temps. D´un air de connivence, je m´approche de lui pour lui demander si par hasard ses œuvres seraient en vente … Et voilà qu´à présent, lorsque je rentre chez moi, un corbeau perché sur l´escalier me fixe d´un œil moqueur, les ailes prêtes à lui donner son envol, voilà que je regarde la télévision le soir en compagnie d´un mouton placide logé sur la cheminée, qu´un hérisson dans l´entrée me souhaite chaque fois que je rentre la bienvenue et contrôle, méfiant, les allées et venues des visiteurs … qu´une tête de bœuf… non, là, c´est vraiment trop ! Ne vous inquiétez pas, la corrida, j´y ai renoncé, faute de place …

    • madeleine brinkmann dit :

      Merci pour ce texte, Loretta.
      Une visite dans un petit musée local peut réserver des surprises, en effet, comme cette jolie ménagerie faite main. On a envie d’y être.

  4. Mireille dit :

    Boris n’en pouvait plus ! Il était bien éloigné de tout ce qu’il avait pu imaginer en se portant candidat à ce job d’été. Travailler dans un musée, il en avait rêvé et il avait été enthousiaste quand il avait été sélectionné. Il se voyait déjà gardien dans un espace limité certes, il ne changerait peut-être pas de salle, mais cela lui permettrait d’approfondir la connaissance de chaque tableau qui serait sous sa surveillance. Peut- être même pourrait -il être guide, après une petite formation qu’on lui proposerait, et il s’imaginait avec des groupes de touristes buvant ses paroles. Et, cerise sur le gâteau, pendant son temps libre, il pourrait explorer le musée entier, il allait se concocter un programme de choix !
    Il avait du mal lire son contrat ! Cela faisait seulement trois jours qu’il était là et il n’en pouvait plus ! Ah, quel regret il avait quand il pensait à l’emploi de serveur dans le midi qu’il avait donc laisser tomber au profit de cette place. Au moins il aurait pu faire des siestes tranquilles à l’ombre des pins parasols cela l’aurait changé de sa petite chambre d’étudiant étouffante de chaleur, mal insonorisée qu’il n’allait plus quitter pendant une année entière.
    Ah non, il n’en pouvait plus d’être derrière ce comptoir de guichetier ! Vendre des tickets, voilà ce qu’il faisait dans ce maudit musée. Les conversations avec le public étaient limitées et répétitives. On lui posait toujours les mêmes questions dénuées d’intérêt artistique : les tarifs, les toilettes, les vestiaires… Il n’avait même pas le temps d’avoir le moindre regard de connivence avec les usagers : ils étaient pressés. Cela faisait si longtemps qu’ils faisaient la queue ! Ah, non, mea-culpa. Hier un touriste l’avait sollicité. La question posée lui avait hérissée le poil : Est-ce qu’on vendait des bouteilles de vin dans la boutique ? Non mais !
    Il n’en pouvait plus ! Dès l’ouverture du musée, quand il apercevait la foule s’engouffrer dans l’accueil en se bousculant (ils avaient patienté depuis si longtemps), Boris ne voyait qu’une horde sauvage, des barbares redoutables qu’il allait devoir affronter.
    Pauvre Boris!

  5. YVONNE TARABAL dit :

    En ma qualité, depuis de nombreuses années, de gardien du Musée des arts de la table, j’en ai vu passer des personnages pittoresques et hauts en couleur, mais jamais quelqu’un comme celui qui s’est présenté samedi dernier, juste avant la fermeture : hirsute, sale et mal peigné, arborant une barbe foisonnante hérissée de poils roux. J’ai compris tout de suite qu’il était passablement éméché en voyant qu’il tenait serrée contre lui une bouteille de pastis qu’il n’a pas voulu laisser au vestiaire, malgré mes injonctions répétées. Et voilà qu’il m’annonce tout de go qu’il est candidat aux prochaines élections municipales, qu’il a prévu dans son programme d’organiser, sous les pins-parasols du jardin du musée, une soirée de bienfaisance pour récolter des fonds pour sa campagne, et qu’il a l’intention, à cette occasion, de demander en prêt les vaisselles de Sèvres, les cristaux, l’argenterie et les candélabres du musée ! Non, mais, je rêve ! Il s’agit de toute évidence d’un fou, il faut absolument s’en débarrasser ! Mais au moment où je m’apprête, d’une main ferme, à mettre dehors ce nouveau barbare, que vois-je ? Le directeur qui sort de son bureau et, à la vue de l’importun, au lieu de le chasser, tombe dans ses bras, l’embrasse en lui promettant monts et merveilles : ils se connaissent donc et il y a connivence entre des deux-là ! L’horreur ! Je n’ai plus qu’à rentrer, tout penaud, dans ma loge, en imaginant les déboires à venir, et je me demande même si je ne vais pas donner ma démission pour ne pas avoir à subir une telle série de catastrophes dans MON Musée !!!

    • YVONNE TARABAL dit :

      Désolée du retard, j’ai bien aimé les textes adressés par nos consoeurs et confrères, et, en panne d’imagination, je me borne ce soir à envoyer une tentative de réponse au premier défi, en attendant la suite! Merci de continuer à émoustiller nos neurones!

    • madeleine brinkmann dit :

      Merci pour ce texte!
      On sent bien l’indignation poindre!

  6. Odile zeller dit :

    Texte de Marc

    Se faufilant sous les regards hostiles d’une bonne partie de la population flânant dans les allées du marché, Titi atteignit, non sans mal l’étal du poissonnier qui fit lui don de trois belles têtes de maquereaux pour le chat.
    Titi ne connaissait pas la ville dans laquelle il se trouvait ; il s’y repérait en observant le flux des passants qui lui indiquait les points névralgiques de la cité. En suivant les nounous qui voulaient profiter des premiers rayons du soleil, il avait déniché facilement un jardin public et s’était installé sur un banc légèrement en retrait du piaillement des enfants.
    Il avait disposé les têtes de poisson dans une boite de conserve vide et extrait de son sac un paquet de lettres liées par un ruban de raphia. Tandis que le chat se délectait de son repas, Titi avait entamé la lecture d’une lettre qu’il semblait avoir prise au hasard.
    « Toulouse le 4 juillet
    Mon cher ami,
    Figure toi que Solange, m’a invitée hier soir à dîner. Tu connais Solange et la “connivence” qui nous lie. Elle avait dressé une magnifique table sous l’immense pin parasol de la terrasse qu’elle avait garni de bouteilles dans lesquelles brûlaient une bougie. Sous l’effet du vent, ces dernières donnaient à l’ensemble l’illusion d’une assemblée de lucioles vacillantes et quelques papillons candidats au suicide venaient s’y brûler les ailes. Solange avait invité deux couples d’amis un peu insignifiants, dont un prétendu peintre russe au nom barbare qui parlait fort et tout le temps. Elle m’avait placée à coté d’une jeune femme d’une trentaine d’années que je ne suis pas prête d’oublier. Ai-je rêvé ? En évoquant cette soirée je sens les poils de mes bras se hérisser d’émotion. Parlant peu mais d’une voix extraordinairement mélodieuse, toujours à propos, ponctué d’un léger rire cristallin cet être dont la féminité et la grâce n’ont d’égales que la beauté, m’avoue qu’elle enseigne le violon quelque part dans une ville du nord et qu’elle est de passage à Toulouse pour un concert dont le programme tourne exclusivement autour des œuvres de Mendelssohn. Ses doigts fins et souples dessinent sur la nappe des arabesques et, de temps en temps, avec élégance, elle replace une mèche de son épaisse chevelure châtain soigneusement désordonnée. Ça fait bouger les grands anneaux d’or qu’elle porte à ses oreilles. Je l’observe, fascinée et déjà vaguement amoureuse. Cependant je crois sentir qu’il y a, au fond, chez cette femme, une fêlure ténue qui voile imperceptiblement son âme. Cette impression fugace s’est accentuée sensiblement quand Solange (que je soupçonne d’être un peu jalouse), au détour d’une conversation, a prononcé ton nom. Je la regarde à cet instant précis et vois distinctement courir une ombre passagère dans ses yeux noisettes. La manière dont elle détourne le regard m’empêche de lui demander si … »
    Titi n’alla pas plus loin. Il connaissait par cœur la fin de cette lettre qu’il plia soigneusement et replaça dans la liasse dont il refit méticuleusement le nœud.
    – T’as un drôle d’air, a dit le chat.

    • Odile zeller dit :

      Un très beau texte plein de nuances et des sous-entendus. L’atmosphère est bien rendue. J’attends la suite. Merci Marc
      Il me semble que le texte correspond au premier défi. Il y figure également.
      A demain

      • Marc dit :

        Puisque j’avais pris un peu de retard, je me suis permis de faire les deux défis en un ! L’histoire commence avec le défi sur le temps, se poursuit avec le printemps et continue avec ces deux défis d’été… où s’arrêtera-t-elle?
        Mille mercis Odile de nous donner cette occasion d’écrire… et de lire.

  7. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    La voilà, elle est arrivée, l’afa tant redoutée, le fléau de Rome en été, cette chaleur humide, étouffante, qui pèse comme une chape. J’ai beau marcher sous les pins parasols en mesurant mes pas, j’arrive essoufflée au snack-bar du site archéologique. Quelle idée d’avoir accepté ce groupe. Valait mieux aller à la mer. Vite un café bien serré et une bouteille d’eau. Les candidats au coup de chaleur m’attendent pour la suite du programme, la visite du musée. Parmi eux je remarque un grand jeune homme blond, barbu, les cheveux en bataille. Il me fait penser aux barbares représentés sur la colonne de Trajan. A l’entrée du musée deux surveillantes se racontent leurs derniers achats dans les outlets de la région. L’une d’elles, assise, tient son chihuahua sur les genoux.
    «Veuillez déposer les sacs encombrants au vestiaire. Parfait. Commençons par la salle des cultes orientaux.» Je m’arrête devant la statue de marbre blanc de Mithra en train de sacrifier le taureau et j’évoque le symbolisme, mon dada, des animaux présents à la scène, un scorpion, un serpent et un chien. Puis nous passons dans la salle suivante où nous attendent quelques empereurs et leurs épouses. Une partie du groupe s’est précipitée sur les bancs et m’écoute en dodelinant de la tête. La canicule les a assomés. C’est alors qu’éclatent des hurlements auxquels se mêlent des aboiements furieux. Le vacarme provient de l’entrée. Je me précipite talonnée par le groupe, soudain réveillé. Je découvre les surveillantes terrorisées, les cheveux hérissés, l’une veut appeler les pompiers, l’autre les carabiniers, Paquito le chihuahua aboie comme un forcené. La cause de cet affolement ? Un serpent, blanc, s’est niché entre les pieds de Mithra et les pattes du taureau. Je n’en reviens pas. D’où sort-il celui-là ? Le grand jeune homme blond s’approche du reptile. «Oscar, que fais-tu là ? Pas de panique, il est inoffensif. C’est mon python albinos. Il adore se faire trimballer dans mon sac à dos, ça le berce, alors je l’emmène souvent en balade. Il a dû avoir trop chaud lui aussi, le pauvre, et il a cherché la fraîcheur du marbre, c’est ça, hein ?» Il prend le serpent qui s’enroule autour de son bras. «Il est très affectueux, vous voulez le caresser ? Sa peau est douce, n’ayez pas peur.» Il me tend Oscar avec un regard de connivence. Je décline l’invitation. Il le dépose délicatement dans son sac à dos et sort avec le plus grand naturel. «Je crois que je vais le baigner dans la fontaine.»
    Les surveillantes rendues momentanément muettes par la surprise et la terreur se sont enfermées dans la salle des écrans et ont renoncé à appeler les pompiers.
    Moi, ce n’est pas tellement le fait d’avoir vu un python, même albinos, au musée, qui m’a ébahie, c’est le fait que le reptile soit allé se réfugier sur le serpent de marbre au pied de Mithra. A sa place dans la scène du sacrifice ! Il y a parfois de ces coïncidences !

  8. Odile zeller dit :

    Les candidats entrent peu à peu au musée. Certains ont le programme de la journée à la main, d’autres une petite mallette qu’on a inspecté à l’entrée. Pas de bouteilles, aucun fluide, aucune victuaille, aucun objet contrevenant aux règles habituelles de sécurité.
    Ils se rassemblent devant la Joconde et attendent qu’on vienne les chercher. Marine, qui a troqué son jean pour un tailleur gris, est hérissée de colère en découvrant que Mona Lisa est toujours à distance derrière une paroi vitrée anti- balles. Elle ne ressent aucune connivence avec les autres lauréats : des vieux, des profs, personne de son âge. Dans chaque tandem de ce concours un texte jeune répondait à un autre écrit par un senior. L’histoire à deux voix se déroulait au Louvre. Où sont donc les plus jeunes ? Et sa partenaire où est elle ? Personne ne lui ressemble. Elle devait porter un foulard rouge. Faut il être retraité pour goûter les chefs d’œuvre du Louvre ? Il fait frais ici, dehors la canicule s’est emparée de la Cour Carrée. Depuis une semaine, le mercure atteint les 32º et les touristes s’imposent un traitement barbare à déambuler entre Louvre, Concorde et Arc de Triomphe par cette chaleur. Marine se sent mal à l’aise à l’arrivée du président de l’association. On aura droit à un discours certainement long et ennuyeux puis à la réponse de la direction du musée. Le directeur général a mieux à faire et s’est excusé. Marine regrette déjà d’être montée à Paris, elle était si bien à lire et à écrire sous les pin-parasols. Tiens voilà Valérie, sa coauteure, elle arbore un foulard rouge et une coiffure courte. Leurs regards se croisent. Marine retrouve son humour et sourit.

  9. Geneviève dit :

    L’audition se déroule dans la salle du premier étage du musée municipal consacré à l’histoire locale. La pièce du rez-de-chaussée qui donne sur la cour intérieure avec le pin-parasol, a été réservée aux candidats pour attendre leur tour.
    Nous sommes trois à patienter. Les deux autres filles semblent se connaître car elles ont échangé un signe de connivence lorsque la plus grande qui porte une robe rouge et tient à la main une petite bouteille d’eau, est entrée dans la pièce. Depuis toutefois, elles n’ont pas pipé un seul mot.
    J’hésite à les interroger sur le programme qu’elles vont jouer.
    Soudain, venu de l’étage, un accord malsonnant plaqué sur le piano nous fait sursauter.
    Nos yeux se tournent vers le plafond, les sens hérissés, en alerte.
    Que s’est-il passé ?
    La clochette retentit invitant le candidat suivant à monter. Je me lève et je gravis deux à deux les marches de l’escalier. Avant de pénétrer dans la salle, j’ai juste le temps de déchiffrer le panneau au-dessus de la porte qui indique « salle des barbares ».

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