Défi 15 au théâtre

Nous parlons aujourd’hui théâtre, marionnettes ou masques.

Un spectacle vous a marqué ; vous avez eu peur, vous avez été ému.

Écrivez une lettre à une amie ou à un parent pour raconter votre ressenti.

Pour lire les défis 14 c’est ici.

Bonne inspiration et à demain

la plume

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11 réponses à Défi 15 au théâtre

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Le théâtre

    Tu me demandes dans ta lettre comment m’est venu cet amour du théâtre.
    C’est la faute à Parsifal.
    J’avais onze ans à peine lorsque j’ai assisté à une représentation, à Varsovie. Une sorte de fulguration. Je me suis senti emporté dans une autre dimension entre réel et irréel, littéralement envoûté. J’avais oublié où j’étais et même qui j’étais.
    Qui j’étais, à l’époque j’avais du mal à le comprendre. Mes parents avaient fui la guerre civile espagnole et s’étaient réfugiés en France où je suis né. Puis les caprices de la politique nous conduisirent en Pologne. Je me sentais tiraillé de tous côtés, sans une identité précise. Mais ma rencontre avec Parsifal, fut une révélation, un déclencheur. Le théâtre serait ma patrie. J’y ai consacré toute ma vie.
    Du plus loin que remontent mes souvenirs, depuis ce théâtre en carton, fait avec une boîte de chaussures, qui abrita mes rêves d’enfant, je n’ai cessé de poursuivre le même but, recréer la magie et faire renaître les émotions qui m’avaient bouleversé afin d’emporter les spectateurs dans mes rêves, dans le monde fantastique et poétique que je créais pour eux. Ou pour moi?
    C’est ainsi que je suis devenu un fou de théâtre.

  2. Odile zeller dit :

    Texte de Madeleine

    Chère Elise,

    J’espère que tu te portes bien en ce mois d’octobre. J’imagine que, dans ta région du Canada, tu vois déjà des signes précurseurs de l’hiver. Avez-vous eu “l’Été des Indiens” cette année?

    Comme je sais que tu adores les marchés populaires, je ne peux m’empêcher de te raconter ce que j’ai pu observer ce matin au Marché du Centre.

    L’homme avait dû poser l’enfant encore tout endormi et bien emmitouflé dans son anorak, à l’arrière de la camionnette ce matin pour laisser ce jeune corps récupérer. Le fleuriste est un habitué du marché du dimanche matin, amis c’est la première fois que je le vois avec son petit garçon. L’ emplacement lui est réservé, juste à côté de son concurrent. Mon imagination s’est tout de suite emballée. L’homme avait peut-être observé les talents d’acteur de son jeune fils hier soir lorsqu’il avait demandé une part supplémentaire de dessert à sa mère, il a vu son potentiel de boniment et il a pensé que l’enfant, du haut de ses quatre ans lui serait utile ce matin au marché.

    Ils sont arrivés, le père a tout installé, ses bac à fleurs, son étal pour présenter des pièces décoratives de saison, des couronnes de feuillages et de branchages aux baies rouges et oranges.

    – Tiens, monte là, Gino, lui a-t-il dit
    – Papa, tu m’aides?
    Le fleuriste a soulevé le petit garçon et l’a déposé sur son étal.
    Pour l’occuper, il l’a encouragé
    – Prends ce bouquet-là dans les mains, Gino, et fais un peu le clown comme hier soir pour attirer les clients.

    Quand l’homme eut fini de ranger ses fleurs, il se retourna et n’en crût pas ses yeux.
    Son gamin de quatre ans avait vraiment des talents d’acteur. Plusieurs clients, amassés, ne pouvaient le quitter du regard.
    – Regardez comme elles sont jolies ces petites fleurs, eh Madame, regardez par ici! Elles feront tellement plaisir quand vous les offrirez, ou vous pouvez les garder pour vous aussi!
    Gino sautillait sur les planches de l’étal, ses bras de petit garçon s’agitaient pour attirer l’attention du client. Du haut de ses 4 ans, il adorait être le centre de l’attention, cela se voyait, et son père put vendre ses bouquets comme des petits pains!

    La scène m’a émue et quand j’ai observé le père, je crois bien que lui aussi avait la larme à l’oeil.
    Il se disait peut-être que son fils avait un avenir tout tracé d’acteur et cela lui a fait plaisir.

    Porte-toi bien, chère Elise, et donne-moi vite de tes nouvelles!

  3. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Chère Amélie

    Les enfants sont repartis. Leur séjour s’est si bien déroulé que tant de bonheur a revigoré mon cœur, mieux que les vitamines et les médicaments du médecin.
    Les petits surtout ont été charmants. Comme je sais comme tu aimes les détails.
    Voilà une scène croqué du bout de la plume qui devrait te donner une lecture plaisante pour la fin de matinée.

    J’ai trouvé dans une librairie près de Santa Cécilia dans le trastevere un tout petit théâtre avec des figurines à fil et une coulisse. Un de mes petits fils, le plus jeune, il a juste 5 ans a très vite compris le maniement de Pinocchio et décrété que le personnage masqué de noir était le méchant et que l’autre habillé aussi de noir le gendarme. Un mot qu’il avait du mal à prononcer. La fiancée de Pinocchio ne l’intéressait pas, une fille. Elle est encore dans son sachet sur la table.
    Le petit bonhomme m’a demandé d’installer le petit théâtre sur la table et ensuite il s’est concentré sur les marionnettes. J’entendais sa voix de loin, les intonations différentes, les cris, les dispute. J’apparaissais par jeu quand le gendarme se fâchait et que des cris retentissaient.
    Le petit garçon tournait la tête vers moi et me rassurait : mais non mamie c’est pas de chose. Pinocchio c’est pas vrai.
    Un peu plus tard, attirée par un silence intrigant, je retrouvais l’enfant installant un public de peluches devant le théâtre. Et en fin de matinée j’aperçus de loin pour ne pas déranger le metteur en scène en herbe, les contorsions du petit bonhomme pour voir le théâtre du côté du public tout en manipulant les marionnettes. L’entreprise était difficile. Mais comme il me l’expliqua plus tard, sinon, mamie, on ne voit rien.
    Il suggéra que je fasse avec mon téléphone une petite vidéo pour qu’il puisse activer les personnages et ensuite visionner le résultat. Nous avons mangé et ensuite l’après-midi passa très vite, les versions des méfaits de Pinocchio furent multiples cependant jamais il n’échappa aux représailles de la loi.
    A aucun moment, nous nous sommes ennuyés, les plus grands ont profité du beau temps en foot course aux trésors au jardin.
    Le plus jeune n’a pas rejoué au théâtre. Il a souhaité que je le garde pour une autre fois.

    Voilà un peu de ces vacances d’automne.

    Je t’embrasse. Nous nous reverrons fin novembre sans doute à Paris

    Mathilde

  4. Plumes dit :

    Texte de Dorothée

    Ils sont plus de 40 sur scène. Leurs costumes aux couleurs vives donnent le ton, la musique est rythmée, joyeuse. Au fond, derrière eux, un écran sur lequel passent des images, une ambiance de ville en mouvement, de frénésie de tous les instants. Le spectacle est partout : on ne sait plus où donner de la tête, entre une musique et des chants qui nous envoûtent, des danses rythmées qui nous emportent, et un arc-en-ciel de couleurs qui nous éblouit. Nul besoin de parler cette langue aux sonorités chatoyantes pour comprendre l’histoire qui se joue devant nos yeux. L’amour s’en donne à cœur joie, leur bonheur est contagieux, le rythme aussi. Bientôt la salle se met à applaudir en suivant le son des tambours, les spectateurs se déhanchent, debout. Et quand nos héros tentent de nous faire chanter les quelques mots du refrain final, c’est dans un feu d’artifice de musique et de couleurs que danseurs et spectateurs communient ensemble. Bollywood nous a conquis.

  5. Dorothée dit :

    Un tout petit marionnettiste mais déjà une vraie volonté de mise en scène, bravo ! Rien de tels que ces petits spectacles qui valent vraiment le coup d’œil. Merci, on aimerait presque voir la vidéo !

  6. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Un tout petit théâtre avec des figurines à fil et une coulisse. L’enfant avait tout de suite compris le maniement de Pinocchio, décrété que ce personnage masqué était le méchant et que l’autre habillé de noir le gendarme. Un mot qu’il avait du mal à prononcer. La fiancée de Pinocchio ne l’intéressait, elle était dans son sachet sur la table.
    Le petit bonhomme avait demandé à ce que le petit théâtre soit installé sur la table et ensuite il s’était concentré sur les marionnettes. J’entendais sa voix de loin, les intonations différentes, les cris, les dispute. J’apparaissais par jeu quand le gendarme se fâchait et que des cris retentissaient.
    Le petit garçon tournait la tête vers moi et me rassurait : mais non mamie c’est pas de chose. Pinocchio c’est pas vrai.
    Un peu plus tard attirée par un silence intrigant je retrouvais l’enfant installant un public de peluches devant le théâtre. Et un peu plus tard j’aperçus de loin pour ne pas déranger le metteur en scène en herbe, les contorsions du petit bonhomme pour voir le théâtre du côté du public tout en manipulant les marionnettes. L’entreprise était difficile. Mais comme il me l’expliqua plus tard, sinon, mamie, on ne voit rien.
    Il suggéra que je fasse avec mon téléphone une petite vidéo pour qu’il puisse activer les personnages et ensuite visionner le résultat. L’après-midi passa très vite, les versions des méfaits de Pinocchio furent multiples cependant jamais il n’échappa aux représailles de la loi.

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