Notre défi 17 Écrire l‘enfance

Bonjour,

voici notre défi numéro 17.

Bravo  à nos fidèles !

L’aventure continue :

nous avons tous en mémoire une comptine

amstramgram … il était un petit navire illustré ici …

vous laissez cette comptine tourner dans votre tête et vous fermez les yeux pour lui trouver un cadre, celui de l’enfance. Des voyages en voiture, la cour de récréation…

et vous écrivez !

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A demain

la plume

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18 réponses à Notre défi 17 Écrire l‘enfance

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Martine

    Défi 17 Une comptine
    Le chou
    Ah tu sortiras biquette, biquette,
    Ah tu sortiras de ce chou là
    On alla chercher le loup,
    Pour venir manger biquette
    Le loup veut pas manger biquette
    Biquette veut pas sortir du chououou !

    Le seau veut pas éteindre le feu
    Le feu veut pas bruler baton
    Baton veut pas battre le chien
    Le chien veut pas mordre le loup
    Le loup veut pas manger biquette,
    Biquette veut pas sortir du chououou !
    Je me souviens des voyages en voiture en famille sur la route des vacances. Je m’ennuyais ferme, j’avais mal au cœur d’autant plus que je m’ennuyais . j’ennuyais plus encore mes parents et d’ailleurs, non sans un certain pmaisir vengeur à leur retourner le désagrément. Alors comme j’aimais chanter, on me laissait chanter.
    …Biquette veut pas sortir du chououou !
    J’adorais , j’insistais à tue tête sur chou. La comptine défilait, mon père n’en pouvait plus :
    – « pourquoi tu ne lis pas ? »
    – -laisse là, si elle lit elle va avoir mal au cœur
    Excédé mais résigné car j’avais déjà sévi sur ce mode, mon père supportait, et moi, ravie d’avoir pour moi seule la scène familiale pour une longue longue durée sur la route encombrée des vacances, je continuais, inlassable et jubilatoire pendant des dizaines de kilomètres. Parfois il m’arrivait de me lasser . je proposais alors à mes parents un nouveau supplice : j’avais faim , ou mieux enviede faire pipi, enfin quelque chose qui nous fasse nous arrêter là , tout de suite et maintenant.
    Mon petit frère , pendant ce temps là , indifférent à biquette et au chou et au mal de cœur dormait paisiblement.
    Mais lui, c’est normal, c’était le chouchou.

  2. Odile zeller dit :

    Texte de Madeleine

    Je n’oublierai pas ce voyage en famille en Yougoslavie. Nous parlerions aujourd’hui plus précisément de la Croatie.

    Les premiers pays traversés au départ de la Belgique m’étaient familiers mais au fur et à mesure que nous nous rapprochions de notre destination finale, l’air devenait plus chaud et les paysages de plus en plus brûlés par le soleil. Mes parents conduisaient à tour de rôle sur les routes et autoroutes. Nous, mon frère, ma soeur et moi, nous égrenions comptines, charades, puis jeux de mémoire et puis nous nous endormions quelque temps. Qu’il était long, ce voyage!

    Je me réveillai tout à coup. Les portières claquaient, papa avait demandé à Maman de prendre le volant. Papa, qui avait appris à conduire dans la brousse africaine des années cinquante avait une confiance illimitée dans les talents de conductrice de Maman qui avait la main sûre d’un excellent pilote.

    Un regard par la fenêtre me fit comprendre la raison de ce changement à cet endroit. En contrebas, je vis le nombre de virages périlleux déjà parcourus, mais ceux qui se projetaient devant nous, avec leurs profonds précipices me parurent encore plus féroces. Maman s’assit au volant le visage tendu. Quand j’aperçus la mer à pic quelques centaines de mètres plus bas, et ce sans qu’aucune rambarde d’aucune sorte ne nous protège du précipice, les cadavres de voitures et de camions échoués, parfois même accrochés aux falaises, mon estomac se serra, et nous les enfants, ne dîmes plus rien pour ne pas troubler la courageuse conductrice qui détenait entre ses mains notre destin. Son front ruisselait sous la chaleur et l’effort à éviter les véhicules arrivant en trombe en sens inverse sur la route étroite. Nous nous trouvions du côté du vide.

    Par les fenêtres ouvertes, nous entendions les bruits des vagues venant s’écraser contre les parois rocheuses.
    Et les cigales étaient désormais les seules à entonner des comptines.

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Elle descend de la montagne à cheval…

    C’était il y a très longtemps. Enfant, j’avais été envoyée en colonie de vacance, plusieurs années de suite, dans la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans le pays basque. Magnifique. Sauf que je détestais aller en colonie ! Deux mois à tirer. Le bagne ! Entre Lynx et Loup Brun, les chefs. Heureusement l’infirmière m’avait à la bonne car chaque année, j’ignore pourquoi, je m’évanouissais et je passais huit jours en observation à l’infirmerie, échappant aux corvées et aux veillées où je m’ennuyais.
    Heureusement il y avait les sorties. Chaque dimanche les matchs de pelote basque. En semaine les marches dans les sous-bois et dans les prés en chantant des chansons. Un kilomètre à pied… qui usait nos souliers, promenons nous dans les bois… le roi, sa femme et le petit prince qui venaient nous serrer la pince… et elle descend de la montagne à cheval…
    Cette chanson-là, je l’avais complètement oubliée. Et puis bien des années plus tard, voilà qu’elle surgit du fin fond ma mémoire dans des circonstances inattendues. Je marchais avec mon mari sur un sentier de forêt en Italie. Et sur le bas-côté du sentier j’aperçois un lys comme je n’en avais jamais vu. Orange, tacheté de noir. Je voulus le voir de près, pas le cueillir, je le jure. J’ai grimpé et j’ai glissé sur l’herbe mouillée. Un crac. Malléole fracturée. C’est une simple foulure dit mon mari. Mais comme je ne pouvais poser le pied par terre, plein d’initiative, il me fabriqua des béquilles avec des branches. Impossible de marcher. Il dut, bon gré mal gré, me porter sur son dos pour redescendre et rejoindre l’hôtel.
    Et là, dans ce sentier au milieu des bois, bordé de fossés profonds, voilà que de manière inattendue surgit de ma mémoire cette chanson qui avait égayé mes vacances en colonie «Elle descend de la montagne à cheval…!» Le bon sens me conseilla de la chantonner en silence, car je risquais fort de finir dans le fossé.

  4. Odile zeller dit :

    Texte d‘Odile

    Tra la la la lere

    Il chantonnait en sautant d‘un pied sur l‘autre. Il portAit son doudou et l’encourageait tralalalalere à chanter avec lui. Il approchait de l‘escalier qu‘il savait dangereux. Trois fois il était tombé dans ces marches là. Il n‘y pensait pas.
    Amstragram disait il pic et pic et colegram … de bour et bourre et ratatam on n‘entendit qu‘un cri de douleur.
    Quand Mamie est arrivée affolée, il était sur ses pieds, se frottant les genoux parce qu‘elle lui disait de frotter pour faire passer le coup et le visage de l‘enfant afficha un sourire forcé : pas de chose Mamie. J‘ai même pas tout dévalé.
    Il frictionna le doudou, Jack qui en fait était une dame, parce que lui aussi avait eu très peur.
    Mamie proposa de prendre l‘ascenseur pour éviter les méchants escaliers ou un monsieur s‘était un jour cassé la jambe. „ dis moi son nom, Mamie. il est tombé tout l‘escalier, lui ? Moi juste un petit bout. „

    Quelques minutes plus tard, Mamie lisait une histoire de mange-doudous, un monstre affreux qui avalait tous les doudous… et le petit bonhomme s‘endormait après toutes ces émotions.

    • Ludmilla dit :

      Les escaliers sont toujours aussi dangereux et les histoires du soir pour s’endormir seront toujours les bienvenues, consolantes, réparatrices… Merci Odile

  5. Odile zeller dit :

    Texte de Dorothée

    Il était un petit homme, pirouet-te cacahuè-te…

    Et il faisait des pirouettes tout en chantant dans l’escalier de la maison de ses grands-parents. L’escalier menait aux chambres, le petit bonhomme passait la journée à le monter et le descendre malgré les avertissements des plus grands, “tu vas tomber, fais attention”…

    … un petit homme, qui avait une drôle de maison, qui avait une drôle de mai-son.
    Sa maison est en carton, pirouet-te cacahuè-te…

    Le matin même il avait voulu construire une cabane avec ses cousins, dans un grand carton trouvé dans le garage. Quelques coups de ciseaux par-ci, quelques coups par-là, une décoration sommaire au feutre, et le tour était joué. Mais la cabane n’avait pas résisté plus d’une heure.

    Ses escaliers sont en papier, ses escaliers sont en papier.
    Si jamais vous y montez, pirouet-te cacahuè-te…

    Il continuait ses pirouettes, en chaussettes, dans l’escalier glissant. Et la prédiction de ses grands-parents finit malheureusement par se réaliser, le petit garçon tomba dans l’escalier dans un grand fracas.

    Vous vous casserez le bout du nez, vous vous casserez le bout du…

    On l’entendait hurler à l’autre bout de la maison, le sang qui coulait de son nez tachait l’escalier. Le petit garçon prit peur à la vue de ces auréoles rouges, mais d’une petite voix fluette, comme pris en flagrant délit de désobéissance, il chantonna tout doucement…

    On lui a raccommodé, pirouet-te cacahuè-te, on lui a raccommodé, avec du joli fil doré…

    Dis, grand-mère, tu as du fil doré ?

  6. Odile zeller dit :

    Texte de Marc

    – Celui-ci l’a vu !
    Le grand-père a saisi le pouce du petit garçon coincé sur ses genoux, et l’a secoué doucement.
    L’enfant a ouvert grand ses yeux étonnés.
    – Celui-ci l’a attrapé ! a dit le grand-père en agitant le petit index.
    L’enfant a souri timidement et s’est laissé prendre le majeur.
    – Celui-ci l’a fait cuire !
    L’enfant a ri franchement.
    Prenant une grosse voix en remuant l’annulaire du garçonnet inquiet, le grand-père a continué :
    – Celui-ci l’a mangé !
    Et pliant l’auriculaire dans le creux de la main du gamin pour en chatouiller la paume, il a ajouté :
    – Mais le petit qui n’a rien eu est tombé dans l’étang !

    Le visage du grand-père s’est illuminé quand l’enfant un peu contrarié a dit :
    – C’est toujours les petits qui n’ont jamais rien.

  7. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    “Drrrrrrrrring !

    La maîtresse hoche la tête, le signe d´assentiment que toutes attendaient. Elles se lèvent d´un seul mouvement, et ça se faufile et ça pousse vers la sortie, dehors enfin ! C´est la ruée à qui atteindra la première le seul platane de la cour de récré autour duquel on peut faire la ronde. Les plus hardies arrivent à le prendre d´assaut. Les éternelles perdantes replient sur la marelle, les gourmandes cherchent un coin tranquille pour consommer leur pain au chocolat, les bosseuses s´asseyent sur les marches du perron et sortent un bouquin écorné de leur poche. Autour de l´arbre, les joues, picotées par le vent de cet automne arrivé prématurément ne tardent pas à se colorer tandis que les jambes gercées- les chaussettes à l´élastique lâche les ont depuis longtemps abandonnées en proie du froid – sont déjà passablement rougies ici et là par la teinture d´iode passée sur les écorchures. La ronde, après le jeu de balle, c´est peut – être le plus ancien des divertissements d´enfants. La meneuse de la bande – il y en a toujours une, les cheveux en broussaille, la jupe écossaise qui a déjà vu deux ou trois générations de sœurs, le regard dur – décide quel sera le jeu dans le jeu. Deux « élues » sortent du cercle, s´appuient au tronc. Et ça tourne à toute vitesse autour d´elles, au rythme de la rengaine.
    “En-tre les deux – mon cœur balance …. je ne sais pas – laquelle aimer des deux… »
    Les deux au centre, le regard anxieux, suivent les mouvements de la tête sous la tignasse brune. La sélection va se faire, seront – elles gagnantes, perdantes ?
    C´est son nom qui est chanté à tue – tête.
    « …. c´est pas toi que j´aime – mon p´tit cœur n´est pas fait pour toi – il est fait – pour celle que j´aime… »
    Sa voisine est prise par la main et réintégrée dans le cercle. Elle, elle reste au pied de l´arbre et s´assied sur le métal froid qui l´entoure. C´en est fait. Elle n´est pas aimée.
    Drrrrrrring ! Il faut regagner la salle de classe. Deux larmes strient ses petites joues devenues pâles”.

  8. Ludmilla dit :

    Souvenir de Pâques
    « Vaisselle cassée c’est la fessée, vaisselle foutue pan pan cul cul… »
    J’avais l’habitude de ses colères bruyantes. Il était préférable de s’éloigner car on aurait pu croire qu’une douzaine de verres et d’assiettes faisaient la bamboula dans la maison. Mieux valait me réfugier dans les toilettes ou monter dans ma chambre pour lire, ou encore retrouver la chienne au fond du jardin. Et laisser passer l’orage !
    J’avais 8 ans, j’étais venue chez ma grand-tante pour les fêtes de Pâques ; j’y retrouvais aussi et heureusement ma grande copine Viviane de la maison voisine. J’aurais tellement aimé qu’elle soit invitée. C’était un jeudi et les trois jours suivants promettaient d’être agréables et gourmands. Chasse aux œufs dans le jardin, friture, fondants, poule en chocolat avec un gros ruban vert, ou jaune…
    Mais à la minute même où je proposais d’aller avec elle faire des courses, elle me coupa la parole :
    – Demain ma petite, ce sera omelette aux pommes de terre et salade, on ne mange pas de viande le vendredi Saint ! et puis ferme cette fenêtre, le vent ça m’énerve ! rajoute-elle avec fermeté.
    – On aura quand même une tarte au sucre ? C’est pas interdit le sucre le vendredi !
    – Oh c’est bien parce que tu es là tu sais, sinon mes yaourts auraient très bien fait l’affaire !
    Je me suis dit que ce ne serait encore pas cette année que j’adoucirais l’humeur de ma grand-tante ! Des fois j’ai envie d’avoir une baguette magique…

    • Odile zeller dit :

      Un joli tableau animé. On devine le cadre, le,contexte, la déception de la petite fille qui a promis d’être sage. La grand-tante qui n‘a pas d‘enfants. Et Pâques où tout est joie et printemps. Merci

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