13 janvier une fête

Riez, dansez, chantez, valsez … bref faites la fête à la mode de votre pays, de votre ville.

N’oubliez ni les odeurs, ni la musique, la joie bruyante … le frisson de peur peut être …

Paul Gauguin
Detail

a vos plumes et faites nous partager une belle fête … bientôt Carnaval pour nous sortir de la grisaille ..

Les textes d’hier sont ici.

7 réponses à 13 janvier une fête

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    14 juillet à la plage

    C’est le 14 juillet et sous notre parasol règne une grande agitation, on ne parle que bouffe, boissons, charbon, barbecue car nous allons le fêter sur la plage dans la joie et la gaîté qui nous caractérise. Et comme chaque année il y aura du monde. Notre groupe d’habituées et nos maris italiens pour la plupart, les enfants, plus quelques gaulois chevelus en visite, Mimiche au rire de locomotive, Coco en transit entre la Corse et Tahiti, Virginie la Diva, bref que des gens sympa.
    Mario, le gérant de la Bonaccia, qui a donné à contre cœur l’autorisation d’allumer le feu sur la plage, se demande s’il a bien fait.
    Désormais les baigneurs sont partis, les mouettes volent encore au ras de l’eau, le soleil énorme et rouge s’enfonçe lentement dans la brume, l’air est doux, la paix semble être descendue sur terre.
    Soudain, c’est la révolution !
    En un tournemain on plante le drapeau français, les hommes allument le feu, on dresse les tables et des paniers et sacs-frigo sortent quantité de plats plus appétissants les uns que les autre. Le petit vin blanc des Castelli Romani commence à couler généreusement.
    Bientôt arrivent les «bruschete» arrosées d’huile d’olive, avec ou sans ail, avec des tomates concassées parfumées au basilic, ou de la tapenade. Tartes salées, ricotta et courgettes, ricotta et jambon, quiches lorraines, muffins aux tomates séchées et speck. Dans la foulée des odeurs de viande grillée viennent titiller nos narines et puis c’est la valse des cuisses de poulet et des côtelettes de porc marinées dans du jus de citron et des épices. Tartes et croustades viennent compléter le festin.
    Excité par l’atmosphère de fête, Pat-la-Terreur renverse une table, crache dans la salade, mord sa sœur, lance les merghez au chat, fait éclater une pastèque et pour le calmer sa mère le jette à l’eau.
    Les fils de Nini arrivent avec leurs guitares et nous nous égosillons sur la Marseillaise avant de poursuivre avec un répertoire varié et international. On esquisse même quelques pas de danse sur le sable.
    Il se fait tard, le feu s’éteint petit à petit, un nuage de mélancolie flotte dans l’air. Alors, rassasiés, aphones et heureux, nous quittons les lieux pour jouir d’un repos bien mérité avant d’affronter les fatigues de demain, plage, bains de soleil, bains de mer, achats sous le parasol…

  2. Marc dit :

    Titi trouvait que la ville avait une activité peu coutumière pour un jour de semaine. Un peu partout, les employés municipaux avaient tiré des câbles, des estrades étaient installées le long des rues piétonnières, et les restaurants avaient sorti tables et chaises occupant une bonne partie de la voie. Sous les Grandes Halles, on avait monté un podium et mis en place une sono qu’un technicien testait en passant d’un micro à l’autre.
    – Fête de la musique, avait dit le chaton juché sur l’épaule de Titi
    – Et en plus il sait lire ! avait dit Titi qui détestait ce moment convenu au cours duquel la masse des gens qui n’allaient jamais au concert, déambulait dans les rues pour se rincer les oreilles de musiques de plus ou moins bonne qualité. Titi déposa la bicyclette devant chez Momo. Il avait écrit « Merci » sur une page de carnet qu’il avait coincée dans le câble du frein et s’était éclipsé discrètement avec la ferme intention de profiter du reste de la journée enfermé, à l’abri des relents de la fête, dans son réduit de la rue du Conservatoire.
    Il avait passé une bonne partie de l’après-midi à regarder fixement, sans l’ouvrir, la boite du violon qu’il avait découvert la veille et qui l’avait précipité dans son passé de luthier.
    – On va faire un tour ? avait demandé le chat.
    Titi cala la boule de poils roux dans la poche de sa vareuse et sortit. Il tendit l’oreille et prit la direction opposée à celle d’où venait les bruits de la fête. Il atteignit le mail et entreprit de longer le canal dans lequel une eau morne et grise reflétait les hauts murs de briques rouges des usines abandonnées. Il s’arrêta au pied d’une passerelle et, guidé, malgré sa réticence, par le son cristallin d’une kora qui s’échappait d’un bâtiment couvert de graffitis, il pénétra dans un immense entrepôt désaffecté au milieu duquel une quarantaine de personnes entouraient trois musiciens africains. Composé en majorité de noirs, beaucoup dansaient et les femmes aux formes généreuses faisaient osciller leurs boubous dans de multiples et incessantes vagues chamarrées de couleurs chaudes. Les pieds nus martelaient le sol au rythme des percussions, et la fine poussière qui s’élevait donnait à la scène un aspect curieusement fantomatique. Titi s’était approché. La pulsation accéléra régulièrement pour venir se caler sur les battements de son cœur et, imperceptiblement, il avait hoché la tête en cadence. Une femme entama une mélodie chargée d’épices et de douceur qui envahit soudain l’espace et dispersa, à travers toute la friche, un soleil d’Afrique paré d’humanité. Les autres femmes de l’assistance, sans cesser de danser, lui répondirent dans deux tonalités différentes qui créèrent immédiatement un effet de relief sonore que Titi savoura à son insu. Les hommes, dont quelques-uns seulement, portaient une djellaba, exécutaient des figures complexes avec leurs pieds et, les yeux rivés au sol, accompagnaient parfois la musique de brefs claquements de mains. Un boubou couleur soleil saisit le bras de Titi et l’entraîna dans le cercle des danseurs. Surpris, il se laissa emmener, il ferma les yeux et abandonna sa carcasse maladroite aux assauts permanents du flux musical. L’onde de plaisir qui parcourut sa moelle épinière engloutit, en une fraction de seconde, toutes ses turpitudes et la panoplie complète de ses chagrins.
    – Ça va nous faire du bien, avait dit le chat.

    • Odile zeller dit :

      Une belle ambiance de fête. Le déroulement est très lent ce qui permet d’admettre que Titi se laisse convaincre. Ça marche parfaitement

    • Ludmilla dit :

      Bravo Marc, pour cette histoire si bien racontée mais aussi et surtout pour ce personnage de Titi que tu enrichis à chaque situation (à chaque défi aussi !). On s’attache à lui et à son chaton qui parle et scande tes textes avec à propos. Cette Fête de la Musique est très réussie.

  3. Ludmilla dit :

    Elle est dans l’air !
    La foule est là, Place Saint André des Arts, debout depuis des heures sous une pluie battante. De tout Paris et sa banlieue, les gens continuent d’arriver et viennent grossir l’assemblée, au rythme des sorties de métro ou de RER. Rien ne la perturbe, la foule regarde et déambule. L’annonce de la Fête de la Musique cette année sera belle ou elle ne sera pas ! Des torrents d’eau dévalent les rues de Paris en une vague discontinue qui peine à s’épancher dans les bouches d’égout. La Seine, un peu plus bas, se gonfle et bouillonne, elle n’impressionne pas ceux qui se sont assis sur le mur de pierre ni ceux qui la regarde depuis le pont Saint Michel. Les autres sont debout, marchent, zigzaguent pour éviter les énormes flaques. Des gamins kawaytisés perchés sur les épaules de leurs pères tapent sur des tambourins au son de la sono. Jean-Michel Jarre, pourquoi pas. Les plus petits dans des poussettes ouvrent des yeux ronds ou dorment à poing fermé sous leur enveloppe transparente.
    Il y a là une ronde où se mêle une bande de jeunes qui dansent pieds nus sur les pavés devant la fontaine Saint Michel. Les mains dans les poches, baggy et blouson à capuche, les garçons hochent de la tête et des épaules. Les filles quant à elles, moulées dans leur jean et débardeur, font des moulinets avec les bras et tournent sur elles-mêmes, cheveux au vent, dégoulinants. À les voir ainsi faire, l’envie nous prend de danser nous aussi. Mais que faire de nos sacs ? Si nous voulons être ensemble et libre de nos mouvements, il nous faut trouver une solution.
    Décidément cette bande de trentenaires est bien sympathique. À nous voir ainsi hésitants, une fille brune me montre du doigt le milieu de leur ronde. Leurs sacs, leurs pulls, tout est au sol et visible de tous. Il y a même une petite fille dont les longs cheveux bouclés dépassent du K-way rose layette.
    Nous ne snobons pas cette invitation et entrons dans la danse. Un grand gars nous fait un salut d’un ample moulinet du bras, façon mousquetaire du roi et nous sommes avec eux, en communion gestuelle et musicale.
    La pluie n’en finit pas de tomber à verse, nous sommes trempés jusqu’à la moelle mais rien n’y fait, on reste là comme les autres, en une ronde qui tourne à peine.
    La musique est si forte qu’on ne s’entend pas parler. Je demande à mon ami qui pourrait être d’après lui les parents de cette petite. Alors j’imagine, mais difficile de marier ces jeunes gens, ils se parlent tous et visiblement se connaissent bien. Pourquoi pas ces deux là, ou encore cette grande gigue aux cheveux blonds et débardeur noir ? Ne serait-ce pas plutôt ces baba-cool ?
    Le son diminue, exit Jean Michel Jarre et voilà notre Patriiiiick national avec ses chansons d’antan. En quelques secondes, des couples se forment et démarrent une valse approximative ; nous leur emboitons le pas. Y a pas à dire, la Saint Jean ça fait valser et ça rend heureux. On oublie tout, la pluie, le temps qui passe, nos sacs au milieu. Me reste toujours cette curiosité à propos de la fillette qui joue sagement, mais avec quoi, je ne distingue pas bien. On ralentit les tours de cette valse et nous balançons seulement de droite et de gauche. Lorsque… c’est une poupée, pas n’importe laquelle puisqu’elle la sort de son K-way où elle était à l’abri, bien protégée de la pluie. Quarante centimètres de poupée chiffon, salopette rouge et tricot jaune, jaune comme les deux couettes de ses cheveux et des yeux ronds comme des billes.
    Je croise le regard de la petite, elle me détaille du haut en bas et, soudain, de ses deux mains me tend sa poupée. Je quitte mon ami et m’approche d’elle. Je la complimente sur sa sagesse et sur le soin qu’elle donne à sa poupée.
    – Tu veux connaître son nom ? me dit-elle
    Je hoche la tête ne cachant pas mon envie. Je m’accroupis pour être à sa hauteur et prends avec délicatesse la poupée chiffon.
    – C’est Mollemolle, elle est toujours contente et fais tout ce que je veux !
    La musique était dans l’air ce jour-là, une mosaïque de bonheur aussi.

  4. Odile zeller dit :

    Texte d‘Odile

    Le premier juillet c‘est la fête du Canada. Le Québec a précédé une semaine avant. Dans la rue, au centre ville tout le monde est en rouge et blanc avec des maquillages de feuille d’érable sur la joue. C‘est la fête on rit on déambule dans les parcs, les squares, au centre ville. Mais dans l’ordre et la bonne humeur. Il y a même un point pour retrouver les bébés perdus !
    On boit bien sur … on mange a satiété mais la joie, la bonne humeur de toute la ville font chaud au cœur. Des petits orchestres, des hommes en uniforme avec des kilts, des parades minuscules, des jeux et le soir sur la rivière un feu d’artifice. De la terrasse on devine la foule assise sagement sur les pelouses et les petites lumières bien alignées des bateaux sur l‘eau. On fait le fête … on chante, on rit c‘est l’été, l’autre saison du Canada

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