15 janvier un monument

Pour ce défi il s’agit de raconter un monument, une maison, une église … vous avez le choix !

Il se présente de l‘extérieur ou vous le visitez …

bonne inspiration !

Les textes d’hier sont ici

la plume

5 réponses à 15 janvier un monument

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Taj Mahal

    La pureté, la perfection. Une immense perle immaculée posée au bord de l’eau dans les jardins du paradis. Noble et tragique chant d’amour de Shah Jahan à l’Elue du Harem.
    La brume qui monte de la Yamouna rend la vision féerique.
    C’est très beau, unique même, mais l’émotion me fuit. Le froid de la mort est palpable. Le Taj Mahal est un tombeau et comme tel je le ressens.
    Un envol de moines bouddhistes aux vêtements jaunes et orangés met un peu de vivacité dans le paysage.
    Des femmes aux allures de reines passent en riant.
    Des écoliers me demandent la permission de se faire photographier avec moi.
    Je reviendrai au coucher du soleil pour voir les variations de la lumière sur la blancheur du marbre. Peut-être alors pourrais-je me laisser aller à rêver.

  2. Marc dit :

    La nuit avait été courte et Titi était de mauvaise humeur. La ville portait les stigmates de ses excès de la veille et les Grandes Halles étaient jonchées de papiers gras, de canettes vides et de détritus variés. Un soleil d’été martelait ses rayons et le bitume chauffé à blanc faisait osciller l’air qu’aucun souffle de vent ne venait perturber. Le chaton calé sur son épaule, Titi traversa la place d’Armes à la recherche d’un coin d’ombre et pénétra dans la cathédrale. Il dissimula le chat dans la poche intérieure de sa veste et goûta la fraîcheur qui montait des larges dalles de pierre de l’allée centrale. Il s’était avancé jusqu’au transept et avait pris place sur une chaise. L’édifice était totalement vide à l’exception de deux ou trois petites vielles qui écossaient leurs chapelets dans les différentes petites chapelles bordant la nef ; et quelques minuscules bougies vibraient au pied des statues plus ou moins colorées. L’intensité de l’éclairage qu’elles produisaient témoignait de la popularité du saint ou de la sainte, la palme de la luminosité revenant sans conteste à la Vierge Marie pour laquelle un grand nombre de véritables cierges illuminait une statue à l’Enfant fichée dans une niche dégoulinante de dorures. Titi caressant le chat à travers la toile de sa vareuse, laissait errer son regard le long des immenses colonnes qui supportaient les voûtes de plein cintre à une hauteur vertigineuse. De temps à autre, le bruit assourdi d’une voiture ou la pétarade d’une moto venait percer le silence des lieux comme si le monde extérieur cherchait à pénétrer le sanctuaire. Bien que se disant agnostique, Titi convint que tout ici portait à la méditation. Faute de pêcheur en mal de repentance, un prêtre en soutane quitta son confessionnal et rejoignit la sacristie. Titi essaya vainement de se souvenir de la dernière fois qu’il avait assisté à une messe. Un enterrement sans doute. Derrière l’autel trônait un énorme crucifix de bois portant un Christ stylisé en acier qui se détachait dans l’obscurité du chœur. Le soleil jouait dans le vitrail latéral et composait, au pied de la chaire, une mosaïque multicolore. Titi perçut vaguement un soupçon d’odeur d’encens qui lui rappela les offices de son enfance, quand un petit homme, dans un costume étriqué gris souris, portant une sacoche de cuir noir, ouvrit une porte et gravit les marches d’un escalier taillé dans l’épaisseur du mur.
    – C’est qui ce gars là ? avait demandé le chat.

  3. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile Zeller

    – Maman, Maman tu les as vues ? Mais si la bas …
    – De qui tu parles Jennifer ?
    – Des femmes … la bas
    – Je t’ai déjà dit de ne pas parler aux étrangers, Jennifer.
    – Mais Maman c’est pas des vraies, c’est des …
    – pas des vraies mais tu … ah oui les statues, les Famous Five
    – tu vois tu les connais, c’étaient du temps de Granny ?
    – avant bien avant Granny
    – pourquoi on en a fait des statues ?
    – elles ont beaucoup fait pour les femmes, tu sais.
    – quoi fait ?
    – pour que le femmes puissent faire de la politique, qu’elles votent…
    – elles avaient pas le droit mais c’est pas juste !
    La petite fille quitte la main de sa mère et court vers le groupe. Pour jouer elle monte sur la chaise libre et pose pour la photo.

    – Celles elles boivent le thé. Et Maman tu as vu leurs longues robes et leurs chapeaux … elles étaient riches ?
    – pas toutes. Après quand elles sont devenues célèbres oui, enfin je crois.

    -C’est quoi leurs noms ?
    – Emily, Irène, Nellie, Louise et Henrietta

    – C’est qui qui

    – on dit qu’elle est celle qui …

    – boivent le thé ?

    – Attends je regarde l’explication. Henrietta et Louise …

    – Elles sont vraiment belles, on croirait qu’elles sont comme vivantes. Tu me la donneras la photo, hein Maman !

    • Ludmilla dit :

      Merci Odile, je ne connaissais pas cet ensemble de statues ! Tu racontes au travers de ces dialogues combien cette littérature a été elle aussi un monument à sa manière. Des souvenirs de lectures remontent et me rappellent combien j’ai fait de progrès d’orthographe et de grammaire !

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