21 janvier un jardin, la nature, une forêt …un parc

Paysage toscan oz

La nature se glisse dans un texte … un paysage, une promenade silencieuse, un parc, un jardin … du sauvage au plus civilisé, vous avez le choix. C’est un décor ou un élément essentiel …

A vos plumes !  

7 réponses à 21 janvier un jardin, la nature, une forêt …un parc

  1. Odile zeller dit :

    Elle m’agaçait avec ses remarques : « ton beau jardin … tu ne regrettes pas …
    je l’ai emmenée au bord d’un lac, je lui ai montré un magnifique jardin où les iris jaunes et violettes descendaient jusqu’au bord de l’eau. A l’abri des arbres poussaient des tulipes, les dernières. Je soulignais la beauté des formes, les dégradés, les jeux de reflets des arbres, des fleurs dans le miroir de l’eau. Elle faisait toujours la moue. Décidément avec un tel climat …. elle ne regardait pas, elle n’appréciait pas les couleurs argentés des bouleaux, la fraîcheur verte des feuilles.
    Alors je l’ai promené en voiture à travers la ville, j’ai indiqué les dernières tulipes du festival qui explosaient en jaune et rouge sur les pelouses. Toujours rien … petite ville… ne valait pas Bagatelle ou le Jardin des Plantes .
    Quand elle a vu la collection de pivoines de la ferme expérimentale, ses yeux se sont agrandis. Ce n’était pas tant les cultivars … non elle les connaissait … c’étaient les volontaires, ces charmantes vieilles dames et ces retraités aux petits soins pour les fleurs. A genoux au pied des massifs, ils désherbaient, cueillaient les fleurs fanées …
    – Emily … Emily…
    je ne comprenais qui Isabelle appelait ainsi mais une petite dame boulotte se redressa, scruta mon amie et vint vers nous.
    «  Bienvenue Isabelle »
    Elles se connaissaient d’une exposition de fleurs organisée dans un château de la Loire. Elles étaient restées en contact quelque temps et puis …
    Emily expliqua l’association, les volontaires, l’enthousiasme…
    Et nous avons visité le lendemain le jardin d’Emily à Rockliffe, sans rentrer dans la maison, en restant au jardin, au bon air pour admirer les fleurs et boire un café.
    Au retour Isabelle eut cette remarque : leur système de volontaires, on devrait y penser et Emily … ici ils ont les moyens mais pas le bon climat.

  2. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Le jardin d’Hippolyte

    Hippolyte s’apprête à descendre dans les jardins. Il s’arrête un instant pour contempler la nymphe endormie. C’est elle qui va l’introduire dans le monde au-delà du réel qu’il a créé.

    Il aime la musique et la première perception est auditive, sonore. La musique de l’eau lui parvient dans toutes ses variations, différente d’une fontaine à l’autre. Joyeuse et bondissante, crépitante parfois. Et puis suivent d’autres perceptions. Visives cette fois. La lumière qui danse entre les arbres et va à la rencontre des cascades et des jets d’eau, fait s’animer la matière, créant un spectacle féérique.
    L’enchevêtrement des allégories et des symboles met en scène bien des mystères. Surtout celui de l’immortalité de l’âme.

    Hippolyte n’est pas seul dans ses jardins, il y côtoie Hercule, ce héros devenu dieu, ancêtre mythique de la famille d’Este, qui s’empara des pommes d’or du Jardin des Hespérides, ces pommes qui sont le symbole des vertus que pense posséder le cardinal, la sérénité, la générosité et la chasteté.
    Il médite des heures à l’ombre des arbres, oubliant ses soucis et ses déceptions. Il voudrait tant accorder son âme à l’harmonie du lieu, à l’harmonie du monde. Il voudrait tant trouver la sagesse et se rapprocher de la lumière.

    Le jardin exulte et sa joie exubérante touche et élève l’âme sensible d’Hippolyte.

  3. Marc dit :

    Titi n’avait pas répondu à la question du chat. Il n’en n’avait pas envie. Il avait marché d’un bon pas, les yeux rivés au sol déterminé à ne penser à rien. Parvenu devant la boutique de Mokthar il constata, à demi surpris qu’elle était close. « Fermé pour congés annuels » indiquait une pancarte tenue par un morceau de scotch posé à la hâte sur la vitrine. Titi actionna la sonnette de la porte d’entrée de l’appartement que l’épicier occupait à l’étage.
    – Y a personne ? dit le chat dont le museau dépassait de la veste de Titi.
    D’une fenêtre au-dessus d’eux apparut la frimousse dorée de la fille aînée de Mokthar.
    – Papa, il est parti, avait-elle dit.
    – Bonjour Sonia, et tu sais où il est allé ? demanda Titi en levant la tête et en reculant sur la chaussée.
    – Il a dit qu’il avait un rendez-vous aux Minimes, et après on part, a répondu la gamine.
    Titi savait que pour la petite, partir ça voulait dire subir une odyssée interminable dans une voiture abondamment chargée et sous un soleil de plomb, pour atterrir dans un village désert dans lequel il ne fallait pas compter sur une quelconque connexion Wi-Fi pour avoir des nouvelles des copines.
    – Merci la belle, et bon voyage… quand même ! avait dit Titi, avant de se remettre en route.
    Le jardin des Minimes était enserré dans un carré de petits immeubles qui disposaient chacun d’une courette ouvrant sur le parc. De nombreux bancs étaient disposés aux abords des pelouses et dans un angle, à l’ombre de deux énormes tilleuls, les pères et mères chargés de surveiller leurs progénitures s’agglutinaient autour d’un bac à sable poussiéreux. Quelques massifs de fleurs résistaient vaillamment à la sécheresse, aux assauts répétés des joueurs de foot et aux dérapages des vélos qui projetaient des graviers jusque dans l’herbe rase et brûlée par le soleil. La mairie avait remis en eau le bassin dans lequel une dizaine de carpes quémandaient le reste des goûters qu’elles disputaient à un couple de canards colvert. Un panneau rouge indiquait qu’il était interdit de s’y baigner sous peine d’amende, mais il n’était pas rare qu’un petit y fasse trempette malgré lui. Quatre immenses peupliers d’Italie diffusaient leurs ombres filiformes à l’abri desquelles se jouait une partie de boules dont on entendait parfois les heurts métalliques. En fin de journée, dans une rotation presque immuable, les couples d’amoureux prenaient possession de la douceur du soir jusqu’à ce que les punks à chiens les chassent et qu’une brigade de gendarmerie, sur plainte des voisins, dispersent ces derniers vers d’autres lieux moins hostiles à leur vacarme.
    Titi évita les joueurs de boules, et repéra facilement dans un coin du parc, Mokthar en compagnie de Saul et de Momo. Tous trois menaient une discussion animée quand ils aperçurent la silhouette un peu voûtée de Titi. Ils l’accueillirent dans un silence gêné que Titi laissa s’installer scrutant tour à tour le regard des trois comparses.
    – Vous avez fait quoi du camion ? demanda Titi rompant le silence pesant.
    Mokthar eut l’air étonné.
    – On l’a remis en place, a dit Momo.
    Titi incrédule, fronça les sourcils.
    – Mon beauf l’a repris ce matin pour livrer ses légumes, a dit Mokthar de toute bonne foi.
    – Je ne vous parle pas de ton beauf ! éclata Titi, mais du fourgon de l’électro-ménager ! Où est-il ?
    – Écoute Titi, dit Mokthar, nous, on a juste monté l’embrouille avec les trois magasins. Pour deux cents balles on les débarrasse de leurs rideaux de fer pourris, ils touchent l’assurance, point barre !
    Titi plongea ses yeux dans ceux de Momo.
    – Dis-moi que t’y es pour rien dans le pillage de la marchandise, dit-il.
    – Il n’y est pour rien, a dit Mokthar, on a tous passé la nuit dans mon hangar.
    – Il faut qu’on se débarrasse des volets, a dit Saul, ce qui eût l’air de beaucoup peiner Mokthar.
    – Y a qu’à les refiler aux manouches, compléta Momo qu’instantanément Titi fusilla du regard.
    Il donna un coup de pied rageur dans le ballon qu’un gosse avait maladroitement lancé au milieu de leur conversation.
    – Ça va leur faire une pub d’enfer aux manouches ! a dit le chat, et puis ça relancera l’industrie du barbelé.

    • Odile zeller dit :

      Une tension sensible et bien mené. L’intrigue fonctionne. Le lecteur était dans l’attente du devenir du volet roulant avec un portrait de femme. Une suite ?

      • loretta Loria - Riedel dit :

        On attend toujours la suite des aventures de Titi et du Chat avec impatience … on se délecte à lire les épisodes! Merci Marc! Je sens que l´adieu se dessine au loin …

  4. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    UN JARDIN

    De “poumons verts”, parcs ou simplement surfaces échappées au béton et plus ou moins aménagées, la ville en est parsemée. Naturellement, on trouve les plus chics le long du « Ring », agrémentés parfois de pavillons, de cafés (comment pourraient – ils manquer ici), de statues d´hommes ou de femmes qui, à de rares exceptions près, sont connus presque exclusivement des représentants d´une certaine société restreinte fréquentant habituellement les concerts et théâtres de la ville. Tel ou tel acteur, actrice, auteur ou directeur artistique a été ainsi honoré par ses concitoyens. Une population changeante au cours du temps et de plus en plus bariolée passe, souvent indifférente, devant l´illustre personnage. Rares sont ceux ou celles qui s´arrêtent pour lire – s´ils sont en mesure de le faire – du moins le nom, sinon les mérites qui ont valu au personnage en question d´avoir été immortalisé de la sorte.
    Mais revenons aux parcs. Lieux de rencontre privilégiés non seulement, comme partout ailleurs, des amoureux, des étudiants et des jeunes mères poussant une voiture d´enfant mais souvent, ici, des nombreux retraités, désorientés par les développements que la globalisation a imposés à la ville et qui peuvent retrouver, dans ces oasis vertes, un peu de l´atmosphère qu´on y respirait autrefois.
    Cela est vrai, en particulier, pour l´un d´entre eux : d´avril à la fin de l´été, on peut toujours y admirer des centaines de variétés de roses. Toute la famille royale britannique semble y tenir sa place, de la Reine Victoria aux Princesses Anne et Margaret ; les demeures nobles ne manquent pas non plus à l´appel ou, plus simplement, on y trouve des roses aux noms sortis de l´imagination de l´amateur qui les a développées, de la Dame de l´Aube à l´Apocalypse …
    Il faut s´asseoir ne serait – ce qu´un moment sur un des nombreux bancs installés là à cet effet et fermer les yeux. Oublier les jardiniers affairés autour des plantes, contrôlant ici une bouture, coupant là savamment des tiges aux fleurs déjà fanées. La brise, autre visitatrice habituelle de ces lieux, vous gratifiera alors, avec un peu de chance, d´effluves qui vous rappelleront ceux sortis des armoires de vos grand´mères ou des cartes postales d´anniversaire d´antan et que vous pensiez avoir oubliés à jamais. Vous vous surprenez alors à vous imaginer engrené dans une machine à remonter le temps : L´Empereur François – Joseph n´aurait – il pas, lui aussi, emprunté une de ces allées, suivi sans doute par une petite escorte, prononçant de façon peu audible et, une fois n´est pas coutume, pour soi – même plus qu´au bénéfice de quelqu´un de sa suite : « Es ist wirklich sehr schön… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *