Écrire en novembre 3

Bonjour à toutes et tous

Bravo pour vos textes très inventifs !

Voici le troisième logorallye

Légende, appât, neige, perruque, ring, télévision, fignoler 

à vos plumes … laissez parler votre imagination.

une plume

16 réponses à Écrire en novembre 3

  1. Claude dit :

    SUITE ET FIN :
    Fignoler, pourquoi s’échiner à toujours prétendre que les choses peuvent s’arranger, que l’on peut améliorer des situations inextricables, que par un tour de passe-passe, plus ou moins réussi, on rendra vie à tout ce qui s’étiole et meurt ?
    A la télévision, les commentaires, de prime abord déprimants, finissent par laisser la porte ouverte à un espèce d’espoir. Souvent, sans queue ni tête, il veut que le citoyen ordinaire continue à se sentir partie prenante de la communauté. L’important ? Qu’il reste sur le ring. Là, se joue le combat de la vie avec ou sans perruque ; costumé ou habillé comme d’habitude. Car quelle que soit son apparence, chacun est obligé de poursuivre son chemin. Au soleil ou sous la neige, il n’a pas la possibilité de s’arrêter. Continuer jusqu’à la mort, voilà la raison primordiale de la vie sur terre. Ne pas perdre de vue l’appât du meilleur à venir, des lendemains qui chantent. Et peu importe la musique. N’est-ce pas ce que tente de lui faire avaler la communication de masse au travers de la publicité ?
    Là n’est pas légende mais mode de fonctionnement. Comme le XXè siècle, le XXIè continue d’oublier que l’être humain a en lui quelque chose qui est au-dessus de toute organisation.
    L’homme, capable de beauté, possède cette force d’espérance, qui lui permet, quoi qu’il arrive, de poursuivre sa route. Celle qu’il découvre au fur et à mesure des événements de sa vie quand il les regarde en face et les prend à bras le corps.
    Là est peut-être la force de cet humanisme qui s’obstine à perdurer malgré les fanatiques de tout poil.

  2. MIREILLE BOUSSET dit :

    J’en ai marre des DVD. Contes et légendes en tout genre ou pièces de théâtre avec acteurs en perruques et puis, quand arrive le mot “fin”, un écran plein de neige. Non, il n’y a pas à tergiverser ni à fignoler, je veux des chaînes de télévision. Gratuites ou payantes, mais regarder la télé. Voir des séries jusqu’à plus soif. Visionner des films d’action : des chevauchées de western, Rambo sur son ring. Et la pub. J’aime la pub. Choisir une voiture intelligente qui me parle, présentée avec tous ses appâts, séduisante, si toutefois j’ai les moyens. Enfin, pouvoir préparer mes obsèques. Elles se dérouleront dans la plus grande sérénité. Tout sera prévu et ma progéniture n’aura rien à faire, rien à débourser, quel pied !

  3. ampie dit :

    A. était une actrice de seconde zone. Au bout de vingt ans elle ne se voilait plus la face.Elle ne serait jamais une légende du cinéma ni français ni international. Sa carrière n’avait pas décollé. Pourtant elle était pourvue de mille appâts, comme aurait dit Brassens, des yeux vifs et dorés, une silhouette fine mais rebondie aux bons endroits, des jambes longues et galbées, une voix chaude de mezzo. Il y avait un seul problème : ses cheveux, blancs. « Actrice » et « cheveux blancs » étaient des termes inconciliables, irréconciliables même. Le mot neige dans ce métier ne désignait pas la chevelure.
    Elle n’avait pas choisi cette couleur. Son corps avait choisi pour elle. Elle avait dû très tôt renoncer aux teintures, qui martyrisaient son cuir chevelu. Elle avait fait des essais malheureux de perruque. Le milieu du cinéma ressemblait à un ring de boxe, impitoyable. Elle avait pris les refus comme des coups. Cette couleur était un handicap.
    Ce soir-là en fouillant dans son placard de salle de bain, après sa douche, elle tomba sur un rasoir électrique, épave d’un amour défunt. Elle tenait la solution !  Elle allait se raser les cheveux. Faire fondre la neige. Ce serait son nouveau style, à la Sinéad O’Connor.
    Ce n’est que lorsque la buée se dissipa qu’elle s’aperçut dans le miroir, enchantée de cette nouvelle image. Je vais me faire un scotch, pour fêter ça, se dit-elle.
    Elle alla s’asseoir sur le canapé, le verre à la main et alluma son téléphone pour faire un selfie à publier sur Instagram. Sur son écran s’affichait le nom de son agent, qui avait laissé un message « Hello ma chérie. Très bonne nouvelle. Je t’ai pris rendez-vous pour un casting demain. Une mini série pour France télévision. Ils recherchent une femme à cheveux blancs dans ton genre. Même pas besoin de fignoler ta coiffure. C’est l’effet Meryl Streep ! Super, non ? »

  4. Marie-Pierre dit :

    Si je connais Robert Marie ? Tu plaisantes! Ce gars est une légende. Ses aventures permettent d’apprendre toutes les ficelles du métier : choisir le bon appât, repérer les traces sur la neige, porter une perruque… Il se maintenait en forme aussi : il s’entrainait chaque matin comme s’il devait combattre sur le ring. Pourquoi tu crois que j’ai installé un pushing ball dans mon entrée? Pour faire comme Robert bien sûr. Il paraît que la télévision belge va faire un film sur sa vie. Ils sont en train de fignoler le scénario. Ils ne peuvent pas se permettre d’être approximatif avec les faits : ce gars a des milliers de followers sans même avoir un compte Twitter.

  5. Marc dit :

    Sur la banquise.
    Les gens de chez nous avancent à pas de loups. Notre traineau aussi.
    ̶ Que n’ai-je de chiens plus rapides, soupirait mon père, Hue ! Que diable !
    ̶ Ta mère en string ! criaient les gosses quand il partait.
    Les visions de ce géant relevaient du défi. Gnôle et calva dans sa musette, il affrontait les climats pour donner un épilogue au rallye.

  6. Odile zeller dit :

    Marjorie lève le regard vers la fenêtre embuée. Il gèle à Montréal. Inspirée elle ne l’est guère par ce matin de novembre. Peu importe d’ailleurs elle en aura bientôt fini, elle bute sur la page trois ou un catcheur svelte monte sur le ring. Elle a décidé de ridiculiser Monsieur Muscle obèse, son adversaire, en l’affublant d’une perruque rousse. Et la elle bloqué le crayon en l’air. La neige ne cesse de tomber. Elle n’aura pas le courage de dégager la voiture en bas sur le petit parking. Seul, un appât puisant la tirerait du logis : un cocktail, une poutine ? Pas question Ben, son choum est en tournoi de hockey, elle fait régime. Ben préfère ses blondes très longilignes.
    Monsieur Muscle l’interpelle, elle lui gomme sa perruque et fait lever les bras à l’autre qui adore les céréales …. quelques flocons s’égarent sur la vitre, elle sourit c’est l’hiver à Mont Royal

  7. Odile zeller dit :

    Loretta

    Lorsqu´elle retrouva ses esprits, elle se sentit planer dans un paysage de légende où chaque chose, du plafond au plancher en passant par la couverture qui la recouvrait – elle se rendit compte d´être en position horizontale – lui parut comme recouvert de neige moelleuse. Seule exception qui lui empêcha de se croire déjà passée à meilleure vie, l´appareil de télévision, tache noire sur fond blanc, face à elle. Elle avait perdu tout souvenir de ce qui avait pu l´amener là, avait – elle été séduite par un appât qui révélait à présent toute sa vacuité ? Mais on ne lui donna pas le loisir de fignoler ses sensations. Le silence étouffé qui l´enveloppait fut brusquement interrompu par un déclic, on ouvrit doucement la porte dont elle n´avait pas fait cas (car camouflée dans la paroi de neige). Une tignasse rousse frisée, tellement extraordinaire que notre héroïne pensa tout de suite à une perruque et qui cachait presque complètement le visage recouvert de taches de rousseur de la jeune femme qui en était nantie, passa dans l´entrebâillure. L´apparition subite de cette tache fauve au milieu de toute cette candeur laiteuse lui fit l´effet d´un puissant coup de poing à l´estomac, pas très différent de celui qu´aurait assené à un adversaire un boxeur sur le ring avec toute l´intention de le mettre K.O. Instinctivement, elle essaya de porter les mains à son ventre. Elle ne put bouger. Son impuissance lui arracha les larmes qu´elle n´avait pas encore eu le loisir de faire couler à son gré.

  8. Claude Klein dit :

    Connaissez-vous la légende selon laquelle un appât ignoré et furieux de l’être devint boule de neige aplatie en forme de perruque et se retrouva sur la tête de Max la Menace, le catcheur des années 1950?
    Bête noire de tous ses adversaires qu’il balançait par-dessus les cordes du ring, il faisait la joie des spectateurs avides de bagarres homériques et les délices des cameramen de la télévision, qui se concentraient sur les positions invraisemblables qu’il pouvait prendre dans l’exercice des son art. Cabotin dans l’âme, Max jouait admirablement son rôle de grand méchant loup et les perles d’eau gelée qui s’échappaient de sa chevelure hivernale roulaient comme des billes avant de former des flaques fumantes dans lesquelles glissaient arbitres et compétiteurs. Une mystification de plus. Et puis?

    Mon imagination se heurte à un mur infranchissable – Berlin est loin – et elle refuse de fignoler.

    • Odile zeller dit :

      Les trois dernières lignes interpellent. J’aime le catcheur … forcément j’ai tiré sans avoir lu ce texte le même fil.
      Merci pour ce texte écrit comme un flash de télévision.
      J’attends bien sûr la suite et fin

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