Écrire en novembre

The ukrainian pioneer
William Kurelek

 

Bonjour à toutes les plumes

Nous vous proposons d’écrire en novembre un logorallye par semaine,

pour le plaisir de faire travailler notre inspiration sans d’autres entraves que les mots.

Voici la liste de mots :

1 ère semaine de novembre 

Poulet, camelot, sorcière, embarquer, anarchiste, raz-de-marée, échappatoire.

N’hésitez pas à écrire un deuxième texte avec les mêmes mots.

Faites également des retours !

A bientôt

une plume

18 réponses à Écrire en novembre

  1. valérie dit :

    Tel un raz-de-marée, les anarchistes envahissaient la ville.Aucune échappatoire possible! Se faire embarquer par cette foule en sortant de la boucherie, c’est un comble! Et pourtant, elle qu’on prenait toujours pour une sorcière avec son manteau de camelot noir, se fondait parfaitement dans la masse.Pourquoi ne pas suivre le mouvement? Son panier à provisions serré contre elle, elle avançait d’un pas joyeux.
    Une impression: celle d’une grande famille se rendant à une fête ou, plus solennel, celle d’une armée marchant vers la victoire. Moment intense, impressionnant, grisant…
    Son téléphone sonna : “Quoi le poulet? bien sûr qu’il est avec moi, il arrive, mais pour l’instant, il vit un moment historique alors laisse le profiter”. Elle raccrocha brutalement.Puis s’adressant à la bête:” Allez viens mon gaillard, je t’offre ta dernière aventure, celle du poulet anar”.

  2. ampie dit :

    La souricière avait été mise en place avec la subtilité caractéristique de l’inspecteur Shah. M’avait été dévolu le rôle de l’appât. J’adore. J’avais eu la consigne de laisser mon uniforme de poulet à la maison. Quelquefois je me demande si on ne me prend pas pour une quiche. Je devais me fondre dans le milieu des camelots de la foire.On m’avait assigné un comptoir de bijoux et babioles exotiques, indiens sans doute puisque je portais un salwar kameez, hélas d’une teinte passe-muraille. J’avais un peu raté le maquillage. Le point rouge de mon front avait coulé, et je ressemblais davantage à une sorcière qu’à une maharani.
    Mon étal se trouvait au confluent de deux allées pour me permettre d’observer le va-et-vient des flâneurs. Enfin, en théorie, parce que la foule relativement dense en ce jour d’été semblait attirée par mon stand comme par un aimant. Mon coéquipier habituel avait été embarqué comme renfort sur une affaire urgente : un anarchiste qui menaçait de faire sauter le seul DAB du patelin en ce jour d’affluence. Je pestais doublement : d’une part je me retrouvais seule face à ce raz-de-marée de badauds qui ne se gêneraient pas pour subtiliser qui un bracelet, qui un collier. D’autre part impossible de voir au delà de cette foule ! Ma mission était en péril. Vite, trouver une échappatoire. Dans le vaste sac que je trimballe partout il y avait ce qui me fallait. Très efficace. La foule s’est désagrégée à toute vitesse .
    Évidemment je n’ai pas pu me soustraire à mon propre stratagème. J’ai supporté stoïquement l’odeur d’œuf pourri de mes boules puantes en regardant les allées maintenant désertes. Las, la proie s’était enfuie avec la foule.

  3. Mireille dit :

    C’est un poulet, j’en suis certain. Pas très glorieux de le remarquer il est vrai. On n’est pas habitué à voir quelqu’un parler dans son blouson. Mais, toute la foule de ménagères et de retraités porte son attention sur ce camelot qui leur fait miroiter de bonnes affaires pour améliorer le quotidien. Je suis le seul à ne pas écouter son bagout.
    Non, tout compte fait, pas vraiment le seul. Je vois, parmi les badauds, deux filles qui se faufilent, mains lestes aux doigts crochus de sorcières. Elles n’ont pas vraiment l’âge de s’intéresser aux progrès réalisés en matière culinaire. Ce sont elles qui se sont fait repérer. Probablement des petites venues des pays de l’Est, que l’on oblige à voler et qui ont été dressées dans ce but. Elles vont se faire embarquer. Je vois déjà des renforts qui arrivent, encerclant l’étalage du vendeur.
    Est-ce que l’anarchiste qui est en moi va se manifester, crier, prévenir ces jeunes de s’enfuir, voire les aider, créant un raz de marée solidaire ? Non, il ne faut pas rêver, personne ne suivra. Nous sommes trop attachés à notre propriété, certainement légitime. Il n’y a pas d’échappatoire pour ces adolescentes, presque des enfants. Elles vont se faire cueillir mais ne resteront pas longtemps au poste de police, elles sont mineures.
    Elles sortiront vite de leur garde à vue mais pas de l’engrenage de leur bande organisée où règne une loi à laquelle elles ne pourront que rarement se soustraire.

  4. Marie-Pierre dit :

    J’allais acheter un poulet pour le déjeuner. Un camelot se mit en travers de mon chemin pour me présenter son bric-brac. Pour m’en débarrasser, je lui achetai une petite statue de sorcière. Sans le savoir, je m’embarquai dans une sale histoire. A la boucherie, une cliente reconnut dans cette sorcière le symbole d’une association anarchiste. Elle cria au scandale et appela la police. Ce fut un raz-de-marée : arrestation, garde à vue, enquête de voisinage, perquisitions. Je n’avais pas d’échappatoire : personne ne croyait à mon histoire de poulet, de camelot et de sorcière. Heureusement la police fit bien son travail, conclut que je n’avais aucun lien avec une association anarchiste et me libéra.

  5. Odile zeller dit :

    Elle regarde le paquet de viande fripée qu’il lui présente. Elle s’écrie «  un poulet ça mais ma parole, t’es un vrai camelot avec ta marchandise avariée. »
    Le marchand lui lance un regard acide et crie «  toi la sorcière, va t’en … rôtir …. »
    Il coupe sa diatribe inquiet que les clients ne l’entendent. Il ne va pas s’embarquer dans une dispute, il a mieux à faire.
    Un coup d’œil à la file de passants provoque un monologue à voix basse avec sa compagne.
    «  Huguette vise un peu, c’est notre journée , v’la l’anarchiste, on aura encore un raz-de-marée de discours politiques … y va nous chasser toute notre clientèle et le marché n’est déjà pas bien riche … « 
    Huguette soupire : «  t’as raison et y a pas d’échappatoire … »

    «  D’échappaquoi …. merd’alors voilà t’y pas que mon Huguette parle comme ce fêlé… quelle journée … »

  6. Odile zeller dit :

    C’est un poulet élevé à la ferme et vendu par un camelot à la sauvette sur le marché de Saint Girons. Il se voit coq dans une basse cour s’égosillant dès les aurores, alors qu’il va finir doré sur la table dominicale. Joanna, déguisée en sorcière pour Halloween avait cru l’embarquer pour le cuisiner sur la braise de sa cheminée mais arrivée trop tard, elle n’avait acheté que six oeufs. Son copain Jim anarchiste et végétarien s’en était réjoui. Il avait eu droit en réponse à un raz-de-marée d’injures, Joanna souffrait de s’abstenir de viande ce qu’elle estimait idiot. Seule échappatoire à leur dispute, le poisson … Jim essaya la pêche et finit chez le poissonnier à acheter deux truites. Rentré à la maison, Joanna salua l’achat d’un sourire moqueur et déclara «  c’est le pêcheur qui prépare…. la friture à toi l’odeur …« 

  7. Claude Klein dit :

    Il était bien tourné pourtant ce poulet ! Troussé comme il faut avec toutes les nuances, les accords verbaux et même une ironie légère pour faire comprendre que l’auteur ne se prenait pas trop au sérieux. Aucune réponse ne lui était revenue.
    Interrogé, le camelot auquel il l’avait confié lui avait assuré s’être parfaitement acquitté de sa mission. Il avait parcouru les dix lieues nécessaires jusqu’à l’antre de la sorcière bien-aimée et il avait remis le billet à sa destinataire. En mains propres.
    Il était sûr que la Magicienne-mère, maîtresse du domaine de Beau Rivage, ne s’était pas formalisée de cet échange de correspondance entre son héritière et le jeune artisan de Meaux. Elle avait esquissé un sourire pincé, certes, mais aucune lueur inquiétante dans ses yeux pers. Au contraire, elle l’avait même aidé à embarquer les barriques de cidre dans son chariot. Pas comme cet anarchiste de Justin. Lui, alors, n’avait de cesse d’attiser les flammes de la révolte dans leur ville de Meaux. Aucun respect pour la fabrication de ce brie tellement supérieur à celui de Melun. Par bonheur, notre ‘p’être ben qu’oui, p’être ben qu’non’ local produisait encore son effet magique capable d’apaiser les plus radicaux. Et, le raz-de-marée tant attendu par les porteurs de rouge de noir n’avait finalement pas eu lieu.
    C’était tout le déroulement de cette tentative révolutionnaire visant l’appropriation auto–gestionnaire des fromageries de Meaux, que Michel le Ramoneur avait mis en vers et envoyé à sa promise, la belle Clémentine. Une échappatoire pour cet aspirant lettré, qui avait pris la peine de soigner ses rondes et ses déliées dans ce poème, somme toute, élégant.
    Clémentine n’aurait-elle pas apprécié ?

  8. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Pourquoi ce voyage? Un coup de tête ou une échappatoire face à ses insuffisances, mises à nu par sa dernière crise arrivée sans crier gare comme un raz- de- marée qui avait effacé, en se retirant, ses refuges intérieurs, ses voies de fuite? Elle s’etait embarquée la veille, encore hésitante, cherchant du regard sur sa route un signe quelconque qui l’aurait retenue. Rien. Ni le camelot croisé non loin de chez elle, colliers de perles de pacotille autour du cou et bras tatoué du symbole anarchiste, ni la jeune fille qui le suivait, deguisée en sorcière, Halloween oblige! Quant à elle, elle marchait accompagnée seulement par le sentiment poignant et insoutenable d’avoir été mise à nu, tel un poulet déplumé.”

  9. Pissavin dit :

    Dans l’ordre ou bien comme on veut ?

    • Odile zeller dit :

      C’est une excellente question.
      Dans l’ordre parce que c’est plus difficile mais aussi en vrac …

      Une fois en ordre et une fois en désordre, l’important est qu’on oublie la contrainte.

      Belle inspiration

      Les plumes

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