Prix Horizon du deuxième roman

 

 

Samedi 19 mai, se tenait à Marche-en-Famenne (Province du Luxembourg, Belgique) la 4ème édition du Prix Horizon du Deuxième Roman. Après une première sélection par un comité présidé par l’auteur belge à l’initiative de ce prix, Armel Job, et composé de onze professionnels, six auteurs avaient été sélectionnés.

En voici la liste :

Delmaire Julien

Frère des astres

Grasset

Kerninon Julia

Le dernier amour d’Attila Kiss

Rouergue

Mathieu-Daudé Agnès

L’ombre sur la lune

Gallimard

Message Vincent

Défaite des maîtres et possesseurs

Seuil

Rose Sean

Le meilleur des amis

Actes-Sud

Sedira Samira

Majda en août

Rouergue

 

Le jury populaire se composait cette année de 245 comités de lecteurs (constitués en Belgique et en France) c’est-à-dire plus de 2000 lecteurs. À l’initiative de l’une d’entre nous, un groupe de six amies et ferventes lectrices s’est constitué en septembre 2017, afin de donner notre voix à l’un des auteurs sélectionnés et ce, àl’occasion d’un vote au suffrage universel.

Pourquoi un prix pour le deuxième roman? Ce prix a été créé dans le but d’aider les jeunes auteurs à faire connaître leur deuxième roman confirmant leur talent d’écrivain, tout en créant une animation de promotion de la lecture.

Durant toute la journée, nous avons eu l’occasion de rencontrer les auteurs et d’échanger avec eux, avant de passer au vote à 16h. Comme l’auteur Julien Delmaire était absent pour raison de santé, nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de le féliciter pour son magnifique ouvrage “Frère des Astres”, un roman atypique et empreint de poésie. Un coup de coeur.

Parties tôt de Bruxelles, nous sommes arrivées à Marche vers 9.30, juste à temps pour écouter Samira Sedira nous parler de son dernier livre Majda en août

 

L’auteure raconte, à travers l’histoire de Majda, la problématique des femmes Nord-Africaines des années ’70 qui voulaient ressembler aux femmes françaises mais qui connurent d’énormes difficultés à s’émanciper. Faire des études était le seul passeport pour atteindre sinon la liberté, du moins un ailleurs. Mais pour cela, il fallait se battre contre les mentalités qui cloisonnaient les hommes et les femmes. Un roman au ton juste et très triste qui nous a beaucoup touchées.

Ensuite, ce fut le moment d’écouter Vincent Message nous parler de Défaite des Maîtres et des Possesseurs, une dystopie très dérangeante, noire, violente, qui bouleverse nos idées préconçues et qui lui a été inspirée par une prise de conscience sur la production alimentaire et la maltraitance envers les animaux d’élevages. L’auteur a imaginé une société composée de trois catégories différentes d’êtres humains, dont l’une est dominante. L’histoire nous permet de percevoir le monde différemment. Il induit une réflexion sur notre rapport à la fin de vie, sur la violence envers les plus faibles et envers les animaux. Qui est considéré, et à quel titre, comme un individu digne de vivre sa vie jusqu’au bout ? Et qui doit voir sa vie rabotée avant d’atteindre sa maturité ?

Une écriture qui s’est faite “dans le vertige de l’exploration des zones troubles de notre société”, selon l’expression de l’auteur.

Photo M.Brinkmann

Vincent Message s’est vu attribuer le Prix Horizon pour cet ouvrage. À notre avis, un écrit intelligent qui dérange mais qui nous pousse à la réflexion.

Dans “L’Ombre sur la Lune”, Agnès Mathieu-Daudé réunit des personnages extrêmement différents : l’antipathique et criminel Attilio et la douce Blanche tellement maîtresse d’elle-même, qui forment un couple improbable, et la Giganta, une Chinoise étonnamment grande, commanditaire d’une organisation mafieuse. Ils évoluent tous trois dans des univers très variés comme celui des musées de renom ou du football. Un roman singulier qui oscille entre le comique et le dramatique.

 

Après une pause déjeuner bienvenue dans un restaurant du centre de Marche qui nous permit d’échanger à propos des auteurs que nous avions rencontré, nous écoutons la pétillante Julia Kerninonà propos du “Dernier Amour d’Attila Kiss”.

Une jeune et riche héritière Viennoise, Theodora, tombe amoureuse d’un travailleur de nuit et artiste Hongrois au passé douteux, et beaucoup plus âgé qu’elle. La jeune femme souffre d’une blessure profonde, celle du rapport à son père. L’amour et la force vitale de la jeune femme qui a la grâce de sa ténacité, sont probablement ce qui constitue le ciment de leur relation. Une écriture généreuse et énergique qui parle de l’amour comme on parle de la guerre.

Sean Rose enfin nous présente son livre “ Le meilleur des Amis”qui dépeint une amitié amoureuse entre Thibault et le narrateur.

Ce dernier souhaite protéger son ami mais s’engage dans une relation amoureuse avec la femme de ce dernier. Une jolie histoire pour aborder le thème de la triangulation amoureuse où les dialogues sont fondus dans le texte. L’auteur voit son travail d’écriture comme une création organique en constante évolution (en ce qui concerne les odeurs, les sentiments ou les couleurs, par exemple) etlibérée de toute architecture rigide.Énergisées par tant d’échanges inspirants et enrichissants, nousdevions encore, avant de quitter Marche-en-Famenne, passer par la pâtisserie Lefèvre qui nous avait été si chaudement recommandée. Magnifiques quiches, gaufres, bavarois et autres tartes aux fruits nous y attendaient, et nous sommes reparties les bras chargés de cartons!

Photo M.Brinkmann

La participation au jury de lecteurs du Prix Horizon est une expérience que nous n’hésitons pas à recommander et que nous réitérerons avec grand plaisir dans deux ans !

Madeleine Brinkmann

 

 

 

 

 

 

 

Une réponse à Prix Horizon du deuxième roman

  1. Odile zeller dit :

    Merci Madeleine pour ce très bel article.
    Une ouverture sur la francophonie et une initiative concrète très motivante pour les auteurs

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