Le carnaval ou faire parler les masques

Le temps du carnaval est de retour.

Cet atelier vous propose d’entrer dans la danse, dans la mascarade.

Faites parler les masques, jouez des ombres et des interdits.

Le théâtre, le bal masqué, les pirouettes tout est possible. Soyez imaginatifs !

A vos plumes pour les jeux d’ombres et de lumière, pour la ronde des déguisements !

Au plaisir de la plume !

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3 réponses à Le carnaval ou faire parler les masques

  1. Marc dit :

    Quand arrivait Mardi Gras, notre mère confectionnait pour nous, toutes sortes de costumes qu’elle taillait dans de vieux draps ou de vieux habits qu’elle cousait et refaçonnait à notre taille en prenant soin de respecter les vœux de chacun. Immanquablement, nous, les garçons demandions des tenues de chevaliers et les deux filles des robes de princesses. Lorsqu’une année je réclamai la panoplie du Général De Gaulle, sans se départir de son sourire, ma mère tenta vainement de m’ôter cette idée saugrenue de la tête. J’insistai. Elle résista. J’insistai encore. Elle céda. Sur une vielle veste kaki, elle cousit des épaulettes où figuraient deux étoiles qu’elle reporta au revers des poignets. Elle fit l’acquisition d’un masque en celluloïd à l’effigie du chef de l’État coiffé de son inséparable képi et affublé d’un nez proéminent. Je paradais dans mon uniforme un peu grand et avais l’ambition de soumettre ma fratrie à l’obéissance d’un chef aussi prestigieux que moi. Inutile de dire que frères et sœurs unis dans la rébellion s’opposèrent à ce coup d’état en arguant que j’étais le plus petit. J’avais beau lever les bras au dessus de ma tête, crier « Vive la France ! » ou « vive le Québec libre ! » en laissant chevroter ma voix que je tentais de rendre la plus grave possible, il me fallait me rendre à l’évidence, je n’avais pas la carrure du Général. Mais j’en avais le visage. La fête finie, les déguisements rejoignaient une grande malle dans laquelle nous puissions au gré de nos jeux d’été. Un soir du mois de mai, mon père rentra plus tard que d’habitude. Il me semblait à la fois joyeux, nerveux et excité. Il fouilla dans la malle et, avec un grand sourire satisfait en sortit mon masque du Général qu’il enfila au risque d’en rompre l’élastique.
    – Parfait ! dit-il, qui vient avec moi demain à la manif ?

  2. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Un masque, un accessoire de carnaval, comme je déteste me cacher, me travestir, je l’ai posé sur une console pour décorer. Il est resté là immobile et sans intérêt jusqu’à ce jour où poussée par la curiosité je l’ai porté. Ce n’était plus moi ni une autre c’était intimidant, étrange de ne plus se voir, de se distancer de soi, de s’oublier. Et cela m’a donné envie de chanter et la ma voix aussi s’est transformée, plus souple, plus suave, une voix de théâtre. J’ai enfilé un chapeau et une veste cape noire … j’ai empoché mon sac et je suis sortie. C’était mardi gras, le masque n’avait rien d’étrange. Je croisais des regards, un étonnement, avec les mesures de sécurité j’évitais les magasins, les grandes surfaces …. la promenade m’a mené vers les écoles ou les enfants me montraient du doigt … tu as vu le masque maman … se promener masquée était une tolérance … j’avais essayé étudiante à Cologne et je rêvais de Venise … dans des villes de carnaval c’est facile … toute la ville se masque, chacun se perd dans une identité momentanée. C’est un jeu, une pause … et ensuite on reprend sa place comme auparavant … et si je gardais le masque, pas un voile, pas un léger botox non un masque… imaginez … un interdit … ne pas changer et ne pas se cacher, porter un masque sans que cela se voit. Être soi et un autre plus poli, plus social … être un masque par civilité, pour ne pas se démasquer

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