Jaune : Une couleur difficile à mettre en plume ?

Le jaune composition d’oz

Jaune d’or, jonquille,  citron …

Avez-vous une histoire, un texte où le jaune joue un rôle. L’or est une forme de jaune … Nous attendons vos textes…

Un défi supplémentaire autour des ors, des couleurs de Noël …Racontez une histoire de Noël …

Les textes rouges sont ici.

À vos plumes …

8 réponses à Jaune : Une couleur difficile à mettre en plume ?

  1. C’est un scooter, pas un scoot d’aujourd’hui, non, il a les rondeurs qu’on prisait autrefois et qui reviennent à la mode sous le terme adopté de « vintage » : ses flancs arrondis protègent et cachent la mécanique, offrant un espace confortable au siège tout en cuir; le passager – ou plus souvent la passagère – peut y poser ses fesses en douceur et même s’y installer à la cavalière, jambes écartées sans effort et pieds posés sur les étriers. Le pilote, assis devant sur le même siège long, la protègera du vent; elle pourra même – c’est conseillé pour la sécurité – entourer sa taille de ses bras et, si elle l’ose, lover sa tête au creux de son épaule pour admirer le paysage. Dommage que le casque soit aujourd’hui obligatoire ! C’était si bon de flâner, les cheveux au vent sous un ciel d’été, sur un scooter Vespa comme dans les films italiens des années soixante… Mais notre brave scooter vintage a trouvé la parade : il est jaune soleil.
    En route pour le Sud !!

  2. Le jour des coiffeuses

    – On va vers où, alors ?
    – Vers la mer ! J’ai besoin d’air… Il va pleuvoir, tu crois ?
    – Non, on dirait que l’averse est passée, mais y’a du vent… Tu sais bien comment c’est ici, en octobre… Prends quand même un ciré !
    – Je préfère mon nouveau pépin jaune… Il en jette, tu ne trouves pas ?
    – Il ne va pas résister longtemps ici !

    Comme chaque lundi, les deux amies s’apprêtent à partir pour leur balade rituelle de deux ou trois heures. Les deux femmes se connaissent bien, pour avoir fait leurs classes ensemble.
    Suzanne n’a jamais quitté le pays, ni le petit salon de coiffure qui les avait embauchées toutes deux comme apprenties, et qu’elle a repris.
    Quant à Simone, plus connue sous le pseudo de Mona dans le monde de la haute coiffure parisienne, toujours par monts et par vaux, elle n’y était plus revenue depuis belle lurette.
    Un jour, au hasard d’un salon professionnel, les amies d’enfance se sont revues et ont sympathisé.
    Depuis trois mois, Simone vient très souvent, le dimanche, se reposer chez son amie en Bretagne.
    – En voiture, Simone !
    – En charrette, Suzette !

    Au Café du Port, les commentaires vont bon train, quand on les voit passer bras-dessus bras-dessous:
    – Tiens, v’là les coiffeuses !
    – Ah ben oui, on est lundi !
    – Si c’est pas malheureux, deux bel’ gonzesses comme ça…
    – C’est la vie, mon kiki !
    – Faut croire qu’è z’aiment plus les mecs !
    – La Suzon, elle a été mariée un sacré bail, quand même…
    – Ouais, mais on n’a jamais su si son mataf’ s’était vraiment suicidé ou quoi…
    – Y z’ont rien pu prouver à l’époque, donc elle est blanche comme neige, non ?
    – Admettons… Et l’autre ?
    – Tu la reconnais pas ? C’est Simone…
    – Mais si ! Tu sais bien… Simone, la fille au Raymond…
    – Lequel, de Raymond ?
    – Le Raymond d’la “Belle Angèle”, tiens pardi !
    – Çui à l’Angèle qui vendait des galettes au marché…
    – Ben, dites donc, elle a vachement changé, la Simone !
    – Oh ça, avec la vie qu’elle mène à Paris, celle-là…
    – Mona, qu’elle se fait appeler là-bas…
    – Tu l’as jamais vue dans les magazines ?
    – Elle fait quoi ?
    – Ben, coiffeuse, comme l’aut’…
    – Et le lundi, c’est le jour des coiffeuses !

    Insouciantes des commentaires, les deux amies passent en souriant devant l’unique café du village, sans s’arrêter, en route vers la jetée et la grande plage.
    C’est Simone, qui le remarque.
    – Dis donc, le grand rouquin, là au café, ce serait pas le p’tit Yann, qu’était à l’école avec nous ?
    – Si, c’est sûrement lui… J’ai entendu dire qu’il était rentré au pays la semaine dernière…
    – Il était parti où ?
    – En Irlande, aux dernières nouvelles…
    – Depuis longtemps ?
    – Je ne sais pas… Sans doute pas mal d’années… Il s’était marié là-bas… Y’a des bruits qui courent…
    – Quels bruits ?
    – On dit que sa femme, elle serait pas tombée toute seule…
    – Quoi ??? Elle est morte ?
    – Oui… Mais son accident, ce serait pas très clair, paraît-il…
    – Comment ça, “paraît-il” ?
    – Ben, tu sais comment sont les gens, ça cause, ça ragotte…
    – On dit quoi ? Que c’est lui qu’aurait tué sa femme ?
    – J’en sais rien, moi ! Les gens disent n’importe quoi ! Ils n’en savent rien… Mais violent comme il était, gamin… Ça ne surprendrait personne ici…
    – Mais non, c’est pas possible, écoute ! Si c’était vrai… S’ils avaient le moindre doute, tu crois que la police irlandaise l’aurait laissé rentrer au pays, comme ça, tranquillement ?
    – Non, t’as raison… Sans doute pas, je suppose…
    – Tu te rappelles ?… Il était drôlement beau garçon, à l’époque…
    – Tu trouves ? Moi, j’ai jamais aimé les rouquins !
    – Moi si ! J’en ai connu un ou deux… très… sensuels…
    – Lui, à mon avis, il ne doit pas être trop caressant… Je m’y fierais pas !
    – On change, tu sais… Les gens changent…
    – Oh toi, je te vois venir ! Ne vas pas t’emmêler avec un gars d’ici ! Surtout pas un dans son genre…

    Le vent est tombé, mais la pluie a repris, froide et pénétrante. Simone déploie son grand parapluie coup de soleil, et Suzanne lui prend le bras pour s’y abriter.
    Alors qu’elles quittent la plage pour remonter vers le bourg par la route, elles croisent une camionnette jaune, une ancienne 4L de la Poste. Au volant, l’homme les aperçoit et ralentit à leur approche. Il arbore d’épais favoris et une longue chevelure du même blond-roux qui s’envole sous la brise marine, lorsqu’il penche la tête par la vitre abaissée.
    – Alors, les filles… On s’ balade ?
    – Non, on rentre ! coupe Suzanne.
    – Tiens, mais c’est le p’tit Yann, on dirait… Bonjour Yann ! lance Simone.
    – Bonjour Simone ! Ça caille aujourd’hui, hein ? Ça vous dirait, un p’tit whisky pour vous réchauffer ?
    – Je ne sais pas… Suzanne, qu’est-ce que tu en dis ?
    – Non, j’aime pas le whisky !
    – Oh, mais le mien, c’est du bon ! Y vient tout droit d’Irlande et j’ vous jure qu’y vaut l’ détour !
    – Mm… ouais… Pourquoi pas ? Tu viens, Suzanne ?
    – Tu fais comme tu veux ! Mais pour moi, c’est non !
    – Allez! Faites pas d’ manières… J’ vais pas vous manger, quoi !!!
    – D’accord, on y va !
    – Montez !
    – Allez, viens donc, Suzanne ! Cinq minutes…
    – Non, je t’ai dit ! Moi je rentre !
    – Bon… T’es sûre, tu veux pas venir ?
    – Sûre !! Toi, fais attention à toi ! Je t’aurai prévenue…
    – T’inquiète pas ! Tiens, prends mon pépin, j’en aurai pas besoin, Yann me ramènera… Hein Yann ?
    – Pas de problème ! En voiture, Simone !!!

    Et Suzanne rentre chez elle, prise d’un coup de grisou, que le pépin jaune soleil ne dissipera pas.
    La saison est bel et bien finie, en tout cas. Lundi prochain, c’est la Samaïn…

    • Odile zeller dit :

      Le jaune en contre-ton pas le ciré mais le parapluie et dans les bleus de Bretagne. Elles nous embarquent les deux coiffeuses, on les suit dans leurs aventures. J’aime aussi les non dits entre les lignes. Merci

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Martine
    L’écharpe jaune

    Tu portais ce jour là, au café Le Flore en l’Ile, une écharpe de laine jaune. Jaune, comme les tissus des Bouddhas de Bangkok ou les étoles des bonzes qui, sur la Chao Praya, parcourent en ferrys la Cité des Anges.
    Je revenais de Bangkok depuis quelques dizaines d’heures. Bangkok, où ne vivre que vacillements et odeurs de jasmin.
    Ton écharpe jaune se détachait , étrange, sur un costume gris terne . Gris, comme un ciel de Paris. J’étais descendue de trente degrés.
    Le jaune de ton écharpe , c’était la couleur de ma peau après le massage aux herbes safranées du monastère du Wat po, dans l’ivresse du décalage horaire. Le jaune de ton écharpe ouvrait à l’abandon, à l’Inconnu.
    Tu te tenais raide et convenu, presque ringard. L’écharpe jaune te décalait , te donnait l’odeur, l’insolite du voyage.
    Je regardais ton écharpe, ma pensée flottait . Etait-ce le jaune solaire de Van Gogh, celui plus sale, moins lumineux de Soutine ?. je ne trouvais pas d’autre contact avec toi que ce jaune d’une écharpe de laine par un début de printemps.

    • Ludmilla dit :

      Un magnifique souvenir de rencontre avec “lui”. Il aura suffit d’une écharpe jaune un jour de printemps pour laisser Bangkok et ses couleurs en mémoire et permettre l’annonce de l’éclat d’un amour à venir, chaud et généreux. J’aime beaucoup, merci !
      Une toute petite remarque si tu me permets : “…où ne (vivre) que vacillements et odeurs de jasmin.”

  4. Odile zeller dit :

    Texte d’odile

    Papa et Maman Couleur ne sont pas contents de leur petit dernier. Petit jaune est souvent malade, toujours pâlichon, souffreteux. Rouge, bleu et vert, eux jouent au ballon, courent partout et n’arrêtent pas de faire des bêtises. Pour Maman Couleur petit jaune est facile. On le trouve dans sa chambre en train de tourner les pages d’un livre. Elle oublie parfois son petit dernier. Et l’autre jour quand elle attend la famille pour le dîner. Plus de petit Jaune. On le cherche partout. Les parents prennent peur. Petit jaune a disparu. Et puis tout à coup on tape à la porte c’est petit jaune et un vieux sage chinois. Le vieil homme rassure la famille : petit jaune va bien … le petit bonhomme est tout fier : il a reçu, en cadeau, un livre rouge et or. Dans la main il a un flacon de sels d’or comme vitamine. On l’embrasse, on le fête et on garde le sage, Monsieur Li, à dîner.
    Depuis ce jour, petit Jaune n’est plus malade. Entre une cure de citrons et quelques granulés d’or il resplendit d’un éclat citronné ou brille tout doré. Il lit toujours et il écrit… en lettres d’or

    • Ludmilla dit :

      Une bien belle histoire de Noël et de couleurs, pleine de promesses avec Petit Jaune qui va mieux et un invité surprise en la personne de Monsieur Li ! L’or n’est pas forcément celui que l’on compte en argent, mais plus en bonheur et en symbole ! Bravo Odile !

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