Notre dernière proposition de 2017

Voici notre dernière proposition de l’année

Sapins oz

Vous décrivez un repas de fête.

Un mariage, une communion, un repas de Noël, un anniversaire.

Vous pouvez adopter le point de vue d‘un enfant, d‘un serveur, du cuisinier ou de la cuisinière. Bref vous regardez le repas avec une certaine distance. Faites un écho des conversations.

A vos plumes

une plume

5 réponses à Notre dernière proposition de 2017

  1. Adrienne dit :

    chouette histoire, ces deux noces qui s’entremêlent 🙂

  2. Ludmilla dit :

    A table !

    A table ! C’est l’heure, il est temps !
    A gauche St Estèphe, à droite St Emilion, ensuite Gigondas, Châteauneuf du Pape, St Amour et Mâcon ! Et vous Dom Pérignon, contez-moi fleurette et caressez mon gosier de votre vison quand vous serez bien frais !

    Coquillages et crustacés, mettez vos plus beaux habits nacrés et iodés, vous frissonnerez sous le jus du citron ou le vinaigre échaloté avant d’être avalés goulûment avec du pain de seigle au beurre salé.
    O cèpes et foies gras, ô patates douces et lardons, dorez dans cette poêle en fonte et cuisez à l’unisson. Et vous divin confit de canard, répandez-vous et réduisez, vous serez la grandeur de ce met. Quant au dessert le roi des rois sera le St Honoré, généreux et léger tout à la fois, tu seras coupé de sang froid par mes mains expertes pour que chacun ait son chou caramélisé fourré à la crème pâtissière.
    Je vous aurais bien appelés à me rejoindre mais je n’ai que six chaises. Désolée si je vous ai mis l’eau à la bouche.
    Ca, c’était avant-hier.

    Aujourd’hui, mon cœur n’est pas en fête et mon estomac n’en parlons pas, depuis Noël il est dans tous ses états. Vous autres, fêtez la nouvelle année, réjouissez-vous, mangez et buvez à votre guise, passez une nuit blanche à danser sur les Champs-Elysées ou en rase campagne, laissez-vous aller à flirter ou aimez-vous pour un soir. Ce plaisir de ripailles qu’en d’autres temps je prends, ce soir ne comptez pas sur moi, je vais me tailler une route bien tranquille chez moi. Je vais bailler aux corneilles et observer l’entrée de mon immeuble pour voir qui est bavard, fêtard, distrait ou silencieux à l’approche de cet an nouveau qui s’annonce mi-figue mi-raisin.
    De grâce mes amis, ne me mettez pas au banc des accusés, n’en faites pas demain des gorges chaudes de mon esquive, je n’ai envie que de silence, de celui que je sens royal puisque je sais que vous n’êtes pas loin, que d’un clic je peux vous rejoindre !

  3. loretta Loria - Riedel dit :

    Je me suis bien amusée en lisant ton texte Odile! Le mix de repas et de quiproquo est bien réussi, la couleur locale y est … baucoup de coincidences, comme ca arrive souvent dans la vie. merci! Loretta

  4. Odile zeller dit :

    Erreur de casting

    François traverse à grandes enjambées la cour d’honneur du manoir breton. Il est en retard à cause des encombrements dans Quimper. Il lisse de la main son costume légèrement froissé par le parcours en voiture. Son regard s’attache aux ballons de baudruche qui balisent le chemin jusqu’à la salle de bal où se fête le mariage de sa cousine Anne-Sophie avec Marc le Bihan. Il entend le brouhaha et s’introduit discrètement dans l’assemblée qui passe à table. Il cherche, comme d’autres, sa place et se découvre à la table « Mer d’Iroise ». Une fois assis, il balaie des yeux les convives des tables voisines à la recherche du grand-oncle Maxime qui est roux et barbu et de la tante Jacqueline qui est brune et fort bavarde. Il récapitule dans sa tête les explications de sa mère sur la généalogie familiale. Sa voisine qui selon le carton placé devant son assiette se nomme Aurélie Vinson se penche vers lui. « Vous êtes du côté de Sophie ou de Marc ? »
    Il chuchote également et sa voix se perd dans le vacarme.
    « d’Anne-Sophie » réplique t’il en se répétant.
    « Non, Sophie,la mariée. Vous êtes un cousin lointain alors ? »
    « Issu de germains » répond t’il avec une légère irritation.
    Il a dû se tromper en essayant de mémoriser toutes les dernières informations sur la famille de la mariée. Elle a peut-être changé de prénom et préféré Sophie.
    « Oui,par ma mère, elle était très proche de la mère de Sophie et de son frère. »
    « Tiens, je croyais que la mère de Sophie était fille unique ! Chut ! Le marié … »

    Effectivement le marié s’est levé pour un toast, remercier tous les présents, faire allusion aux absents et souhaiter à tous bon appétit.

    On sert l’entrée dans un ballet de serveurs en blanc et noir. Le silence se fait, on n’entend plus que le bruit métallique des couverts sur la vaisselle. Du foie gras, excellent.
    Sa voisine commente : « On voit que la mariée vient du Sud-Ouest !
    François manque s’étrangler. La famille de sa mère est bretonne et pas du tout du Sud-Ouest. Elle raconte quoi Aurélie ! Ce n’est pas sa famille à elle. Qu’elle s’en tienne à ses proches !
    Mais Sophie pour Anne-Sophie et s’il avait fait erreur et s’il s’était trompé de mariage ? Intrus ? Mais non, son carton François Moulin … Il n’y aurait pas deux François Moulin, deux Marc, deux Sophie le même jour, au même endroit !

    Le brouhaha reprend en attendant le second plat. Il bavarde avec son autre voisine, une libraire parisienne.

    A l’arrivée du second plat, une main lui presse l’épaule. Il se retourne et fait face au visage souriant d’un jeune homme ayant son âge et lui aussi en tenue de mariage assez froissée.
    Le visage se penche vers lui ;
    « Désolé, François, je peux vous appeler François, je crois que … une erreur je suis François Moulin enfin heu … »
    Il a rougi … « l’autre François Moulin celui … »
    François se lève et fait tomber sa chaise … il a pâli.
    Mais…
    Son vis à vis lui présente l’invitation au mariage de Sophie Petitjean avec Marc le Couvreur …

    Mais … De sa main gauche, François trouve sa propre invitation au mariage d’Anne-Sophie Petit avec Marc le Bihan …
    Ils éclatent de rire, Aurélie et la libraire sont également prises de fou rire.

    L’autre François le pousse vers la sortie et lui indique le chemin pour l’orangerie où se tient l’autre mariage.
    « J’ai mangé votre entrée … si vous faites vite le second plat également du saumon sera encore chaud. »
    François s’enfuit sous les rires de sa table. A l’arrivée, il s’empresse de saluer sa jolie cousine et le marié tout en s’excusant de sa méprise.

    Une fois le saumon avalé, il remarque quelques visages connus dans l’assemblée dont l’oncle roux et barbu et la tante Jacqueline. Sa voisine, une autre Aurélie, le salue.
    « Personne ne s’est du compte de l’erreur ! Moi j’ai tout de suite vu qu’il n’était pas de la famille, ce François, pas notre genre du tout ! Sa mère ignore tout du Canada. Il m’a trouvé un accent, ça n’avait pas d’allure. »

    Elle lui sourit et commente :
    «  Du saumon chez les cousins de France, c’est joli, mais le not’ fait-maison est plus gouteux, y a pas à dire ! Faudrait que tu viennes nous visiter au Québec. »

    En dansant les deux cousins achèvent de mieux se connaître et en France comme au Canada, les unions se font souvent à la faveur d’une noce.

    Plumes d’ici et d’ailleurs
    atelier d’écriture

    • Ludmilla dit :

      Merci tout d’abord Odile pour ce texte qui révèle effectivement une « erreur de casting ». Bon titre car on pense à tout autre chose, l’effet de surprise est donc réussi. J’ai aimé m’immiscer dans cette noce bretonne et me suis régalée des dialogues, particulièrement sur les présentations des convives. J’ai trouvé l’écriture fluide, agréable, avec toutefois quelques petites coquilles dues sans doute à l’enthousiasme d’imaginer et d’écrire, mais c’est ça aussi le jeu !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *