La pluie, le vent, la neige

Rome photo oz

La neige à Rome … une fois tous les 5 ou 6 ans !

Décrivez un événement météorologique exceptionnelle. Faites parler les éléments : le vent, le silence. Réveillez les odeurs et les goûts. En un mot écrivez la météo en jouant sur les 5 sens. Étonnez vous de ces phénomènes naturels, dont parlent les journaux en évoquant les conséquences bénéfiques ou catastrophiques ! Rentrez dans le naturel des enfants qui boivent la pluie…

Vite, je cours écrire …

à vos plumes

une plume

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14 réponses à La pluie, le vent, la neige

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine

    Un matin, la neige

    ​Ce matin-là Rome s’éveilla dans le silence. Rome silencieuse ? Un miracle peut-être ? Et pourtant un silence ouaté buvait tous les sons, tous les bruits. Tandis qu’une lumière étrange, irréelle enveloppait un paysage renouvelé et enchanteur.
    ​Il avait neigé ! C’était donc vrai ! Car depuis le temps que tous les bulletins météo annonçaient des températures glaciales, polaires, sibériennes et de la neige même à Rome, personne n’y croyait plus. Au nord, d’accord, mais à Rome… D’autant plus que le printemps était proche, les arbres fruitiers et les mimosas étaient en fleurs, on voyait même des coquelicots et les oiseaux avaient entamé leur parade nuptiale.
    ​Et pourtant le miracle avait eu lieu, il avait neigé toute la nuit à gros flocons moutonneux. Pour le bonheur des enfants car les écoles étaient fermées. Pour les adultes le bonheur était mitigé, il faudrait composer avec les désagréments d’une ville qui n’est pas préparée à de pareilles éventualités. Les bus restés au dépôt, le métro pas toujours accessible à cause des escaliers glissants. Quant à la gare de Termini elle donnait une idée de l’enfer à cause des retards.
    ​Dans les bureaux les rares employés à leur poste passèrent la journée le nez collé aux vitres. Rome était devenue contemplative.
    ​Les monuments, déjà admirables par eux-mêmes, étaient devenus magiques. Tellement magiques que le Circus Maximus au pied du Palatin se mit à vibrer d’une vie nouvelle. Point de courses de biges ou de quadriges, non, ce furent les skieurs qui envahirent la piste. Six cents mètres de long, inespéré en pleine ville. Quant aux pentes des côtés, souvenir des gradins d’autrefois, elles offrirent aux enfants de belles glissades avec ou sans luges. ​
    ​Les batailles de boules de neige firent rage dans tous les quartiers entre petits et grands redevenus enfants, heureux de ce don du ciel qu’ils savaient éphémère.
    ​Le lendemain la neige avait fondu. Heureusement ! Un jour de plus et la ville serait devenue l’abominable Rome des neiges ! La vie reprit tranquillement son cours. Il restait une moisson de splendides photos et cette joie qui avait envahi la ville toute entière et offert une journée de répit, car demain le cirque électoral battrait à nouveau la grand’caisse.

  2. Odile zeller dit :

    Texte d’Yvonne

    TOMBE LA NEIGE…..A ROME !
    On l’avait annoncé de longue date, mais personne n’y croyait : il allait neiger le lundi 5 mars à Rome ! Branle-bas de combat, les écoles seraient fermées, les chasse-neige en position d’attaque, il était fortement recommandé de rester chez soi….C’est vrai que le froid glacial et le ciel plombé de la veille laissaient présager une éventuelle « nevicata », mais après tant de fausses alertes, les Romains étaient sceptiques. Et alors là, le lendemain, au réveil, la merveille : tout était blanc, d’une blancheur immaculée et ouatée ! Il avait abondamment neigé pendant la nuit, et la neige a continué à tomber toute la matinée, pratiquement jusqu’à midi. La ville était devenue méconnaissable sous l’épais manteau des flocons accumulés, peu de voitures, les transports publics de surface immobilisés, un silence inhabituel…..à l’exception du crépitement des téléphones portables, croulant sous l’avalanche de messages, chacun voulant envoyer aux autres « sa photo » de l’évènement !
    Mon frigo était vide, mais il fallait bien manger quand même ! N’écoutant que mon courage, j’ai enfilé mes chaussures de montagne reléguées au fond d’un placard, et j’ai décidé de braver le mauvais temps et d’aller à pied au supermarché du coin, car hors de question de sortir la voiture, trop dangereux…Catastrophe ! La neige était devenue du verglas, je glissais sans arrêt, il a fallu que je m’agrippe aux troncs d’arbre dans la rue pour pouvoir avancer à petits pas…. j’ai mis presque une demi-heure pour faire un parcours qui normalement ne prend que dix minutes ! Et au retour ce fut encore pire, tenant à bout de bras mon panier de provisions, j’ai failli plusieurs fois m’étaler par terre …Mais l’ambiance était insolite et drôle, des enfants faisaient des bonshommes de neige sur la place et se battaient à coups de boules, des marcheurs avaient même chaussé des skis ! Du jamais vu à Rome. J’ai finalement pu, non sans mal, rentrer saine et sauve à la maison, avec dans ma tête la rengaine de la fameuse chanson de mon adolescence, « Tombe la neige…tu ne viendras pas ce soir… » …et même si ça n’a pas duré et dès le lendemain la neige a commencé à fondre, ce fut, comme dit la chanson, un vrai sortilège, un moment exceptionnel vécu dans cette ville où on n’est à l’abri d’aucune surprise !

  3. Marc dit :

    Ce n’est ni l’éclair, ni l’immédiate déflagration du tonnerre qui réveilla chez elle un vieux souvenir enfoui, mais l’odeur ténue de l’ozone que la foudre avait soudainement libérée et qui flottait dans l’air quelques instants avant que la pluie ne vienne la dissoudre. Elle s’était engoncée dans l’encoignure d’une porte cochère et avait respiré à plein poumon le parfum de l’orage qui venait d’éclater, quand elle ferma les yeux, écoutant le martèlement des gouttes s’écrasant sur le couvercle des poubelles environnantes. Elles reproduisaient fidèlement la musique qu’elles avaient entamée trente cinq ans plus tôt quand, petite enfant, elle les écoutait frapper l’arrosoir de zinc qui traînait dans la cour de la ferme. Elles explosaient en une multitude de sonorités différentes, à la fois métalliques et cristallines, ardentes et subtiles. Un frisson de vent vint lui caresser le visage et quelques gouttes tièdes s’abattirent sur sa joue. Elle laissa l’eau couler jusqu’au bord de ses lèvres qu’elle entrouvrit légèrement, permettant au mince filet, imperceptiblement sucré, de s’insinuer dans sa bouche et de se mêler à sa propre salive. Assise sur le perron de la maison, à l’abri de la tonnelle, elle enserrait ses genoux de ses maigres bras d’enfant et y posait le menton pour mieux scruter l’obscurité qui avait envahi le pourtour de la maison. Les animaux s’étaient subitement tus, et le chien, qui se terrait au fond de sa niche, poussait de temps en temps de petits gémissements plaintifs. Soudain, un éclair plus vif que les autres arracha un rugissement à l’immense peuplier qui surplombait la terrasse. En une fraction de seconde, l’arbre s’embrasa et peupla la nuit d’étincelles, qu’une bourrasque de vent dispersa au loin dans la plaine. Elle n’avait pas bougé, et, comme pétrifiée, elle contemplait la cicatrice de feu que la foudre avait laissée tout le long du tronc de l’arbre martyrisé. Elle ne se souvenait pas avoir eu peur ce jour-là. L’orage avait mis à terre le vieux peuplier du jardin comme , le matin même, la crise cardiaque avait terrassé son vieux grand-père.

  4. Yvonne Tarabal dit :

    Joli sujet et beaux articles….je cours écrire avant que les souvenirs d’une journée romaine exceptionnelle ne s’effacent!

  5. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile
    Dans un demi réveil je perçois un changement dehors. Pas un bruit, le silence, un vide lisse comme feutré. Aucune voiture, pas la moindre sirène d’ambulance comme si la vie était suspendue. Pas un cri d’oiseau. Paralysie ? Sommeil total ? Quand j’écarte les volets l’éblouissement est violent puis le bonheur, l’extase c’est beau même sans soleil. Les pins parasols couverts de neige, leur rondeur adoucie de blancheur. Ils ploient légèrement d’autres arbres sont pliés en deux en prière. Les tuiles, les statues, le monument de la brèche tout est à la neige, comme pris en mousse légère. Rome sous la neige une surprise ? Pas vraiment on l’avait annoncé et personne n’y croyait. Les services de la ville avaient mis les chasse neige en veille.
    Ce serait le chaos dans les rues, une circulation infernale de glissades … j’ouvre la fenêtre et une gifle glaciale me fait reculer. L’air est pur, sec et froid et pas le moindre bruit. Rien ne bouge. C’est la stupeur.
    La ville sera prise un moment dans une couverture blanche, magique … la magie de Rome comme si des paillettes étaient venues ajouter une touche de charme supplémentaire… ce sera le chaos peut être plus tard pour l’instant c’est une illusion, une image folle qui fera la une des médias.

    • martine dit :

      très poétique ce texte , les phrases nominales lui donnent un côté méditatif , on sent la lenteur, la force de l’insolite, la sensorialité et cela fait du bien. bravo

  6. Odile zeller dit :

    Texte de Martine
    .
    Paris enneigé, Paris sublimé
    A Paris, soudain, ce mardi après-midi de février, la neige s’est mise à tomber en gros flocons ouatés.

    Il a fait si froid ces derniers jours que le parc parisien du Palais Royal se recroqueville et n’oppose aucune résistance à la gangue de ouate qui immédiatement recouvre d’une couche épaisse bientôt dure sol, arbres , bancs , reverbères. Dans les rues voisines, il n’y a personne. La neige y est tombée sans discontinuer depuis plusieurs heures. Partout ,dans la ville, le silence. Un silence stupéfié, consterné des travailleurs à la perspective du trajet de retour au domicile, ébloui des flâneurs, des poètes et des rares passants désoeuvrés.

    Surpris, les parisiens glissent, chutent, baskets, escarpins ou chaussures de ville enfoncées dans 10cm de neige sur les passages piétons et les trottoirs. Les escaliers sont inaccessibles. Sur les réseaux sociaux , priorité absolue au direct : il neige, il neige, il neige !

    Quinze ou vingt minutes d’un après-midi ont suffi pour que tout se produise : flocons de neige, grêlons, neige fondue et pluie. La neige fondue se verglace sur les trottoirs. Sur les boulevards , les voitures roulent au pas dans une ambiance ouatée, les voies vers les aéroports sont devenues des patinoires, les taxis rentrent chez eux, les bus sont rappelés au dépôt . Bientôt ce sont des embouteillages monstres, 700 kms de bouchons. Les lignes ferroviaires accusent des retards et des perturbations impressionnantes. Le métro , lui est bondé sur toutes les lignes. Les passants s’y engouffrent comme dans un abri atomique, rentrent précipitamment chez eux.

    Le manteau neigeux recouvre les arbres, les toits , les réverbères, les voitures stationnées, les scooters, les vélos et le mobilier urbain métamorphosé. Les poubelles mêmes deviennent belles sous la neige. Nul n’oserait s’asseoir sur les bancs immaculés.. Les smartphones photographient sans discontinuer. Paris sous la neige est photogénique. Les photos insolites et les bonhommes de neige envahissent facebook, twitter ou instagram.

    Les ponts déroulent une étendue silencieuse et blanche. Sur les quais près de Notre Dame circulent quelques touristes étrangers séduits. Berges escaliers et péniches uniformément blancs, dangereusement inaccessibles et inviolés se laissent contempler. On se croirait dans un tableau de Bruegel , le décor, irréel , s’impose .
    Martine

  7. Madeleine dit :

    Rome sous la neige…cela a dû être un spectacle magnifique!

  8. Madeleine dit :

    Merci pour cette jolie proposition!

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