Défi 2 écrire les vacances

Voici le deuxième défi

Dans un coin de jardin, une surprise vous attend….

la suite du texte précédent ou une autre histoire

comme vous voulez mais pendant les vacances, bien sûr

bonne inspiration et à demain

la plume de l’été

12 réponses à Défi 2 écrire les vacances

  1. shori dit :

    Elle savait qu’en venant ici, elle ne serait pas dérangée. Celle-ci n’était pas visible, mais sa présence était encore perceptible dans la totalité du bâtiment. Après tout, l’impératrice Elizabeth d’Autriche, aussi connue sous le nom de Sissi, avait fait de nombreux séjours à Corfou et s‘était fait construire une résidence. Après une longue attente pour obtenir son billet, elle se retrouva face à l’impératrice en personne… ou plutôt à sa statue, qui regardait d’un air nostalgique l’intérieur de sa demeure…

    Peu intéressé par les intérieurs, elle resta dans les jardins pour admirer les statues des divinités et se fraya un chemin jusqu’à la statue de l’Achille blessé. Elle y trouva celle qu’elle s’attendait (un peu) à voir, une personne habillée dans une des tenues de l’impératrice, donnant le bras à un touriste et se faisant photographier. Lorsque celui-ci se fut éloigné, un jeune homme arriva, la prit dans ses bras et la fit basculer en l’embrassant langoureusement. Qu’elle ne fut sa joie lorsque elle reconnut son amie Françoise et son amoureux de longue date Hugues, lequel était maintenant son mari, comme elle put le constater en voyant les deux alliances.

  2. Marc dit :

    Depuis qu’Anselme n’était plus là, Georgette n’allait plus au jardin. Le potager était désormais livré à lui-même et ce qui faisait autrefois la fierté de son mari, se transformait peu à peu en une friche sauvage et luxuriante. Les oignons soudainement montés en fleurs lançaient leurs pompons à l’assaut du ciel et, courant dans les allées envahies par les herbes folles, les potirons semaient dans leurs sillons de gros ballons dorés. Les plants de tomates avaient englouti leurs tuteurs quand les fruits rouges trop mûrs éclataient sous les traits ardents et chauds du soleil d’été. Des tournesols géants, qu’escaladaient une armée de haricots grimpants, dodelinaient de la tête tandis qu’une nuée de moineaux se délectaient des grains de cassis et de groseille gorgés d’un nectar sucré et poisseux. Dans un angle, sur le plat d’un petit tertre, un bataillon de pissenlits postillonnait ses akènes au souffle léger du vent, ponctuant l’espace de petits soleils incandescents.
    Installée, sur la terrasse, à l’ombre de la treille, Georgette eut une pensée en direction d’Anselme pour qui l’art du jardinage relevait de la discipline militaire et qui n’envisageait les plantations que sous le joug d’un cordeau millimétré. L’apparition d’une herbe ou d’une plante qu’il n’avait pas lui-même semée engendrait un processus d’éradication qui ne laissait aucune chance à l’importune. De la même manière, toute faune parasite était bannie, chassée, et implacablement éliminée par une batterie de pièges et d’instruments de torture sophistiqués. Taupes, piafs, hannetons, mulots, tout ce qui rampe, vole ou grouille avait été exterminé sans autre forme de procès. Georgette, que ces méthodes rebutaient, avait désespérément tenté de convertir Anselme aux vertus de la permaculture et savourait désormais le retour à la nature du petit enclos qui jouxtait leur pavillon. Son regard se posa sur la butte aux pissenlits. Elle pensa qu’en définitive, le corps d’Anselme qu’elle avait enseveli à cet endroit faisait un excellent engrais. Elle espérait seulement que la dose de pesticide qu’elle lui avait administrée ne viendrait pas corrompre l’écosystème reparti à la conquête de ses droits.

  3. Fiorelia dit :

    Comme toujours, la redescente dans la plaine me déprime. Jo conduit et je rêvasse, les yeux dans le vague. Rien de mieux qu’une balade en montagne pour me ressourcer et tout oublier. Pendant la marche, concentrée sur mon souffle et le mouvement de mes jambes, j’ai maintenu à distance, sans même m’en rendre compte, les soucis du quotidien et mes angoisses. Mais l’effet est de courte durée et ces dernières reviennent déjà à l’assaut. J’essaie de les stopper en leur opposant le ruisseau argenté comme bouclier. Mais ce n’est pas suffisant.
    Après quelques heures de route, nous arrivons à destination. Avec Jo, nous avons décidé de poursuivre les vacances dans ma maison de campagne et profiter de son jardinet. Il est tout simple : de l’herbe, un olivier et un palmier. Pas d’entretien et toujours accueillant quelle que soit la saison. J’ai hérité de ce petit coin de paradis à la mort de ma grande tante. Gertrude m’avait connu gamine et avait particulièrement apprécié mon caractère frondeur. Cet adjectif n’est pas de moi. C’est ma tantine qui l’avait utilisé dans son testament pour justifier (peut-être) ce legs qui n’allait pas de soi.
    J’ai laissé Jo conduire tout le long. Mais là on arrive chez moi. Il faut que je m’extirpe de mes pensées et de la voiture pour ouvrir le portail et permettre à Jo de se garer.
    Alors que je referme le portail, j’entends un horrible hurlement dans mon dos. C’est Jack.
    Je me précipite dans le jardin. Tétanisée, elle me désigne une masse sombre près de la porte d’entrée.
    Je m’approche. Je sais déjà ce que je vais voir. Ce n’est pas la première fois que je trouve un cadavre sur mon paillasson. Cette fois ci, c’est un gros corbeau. Je tente une explication :
    « Tu sais, c’est la campagne ici. C’est mon copain le chat qui me laisse régulièrement des offrandes. En général, c’est plutôt dans le jardin que je les trouve».
    J’espère juste que Jo, trop émue, ne remarquera pas l’absence de traces de griffes et de dents sur la dépouille.

  4. Clementy dit :

    Texte 2
    « Venez, on va se baigner ! » Rémi et Jérémie s’adressaient à Claire et Aurore, allongées sur le pont du voilier, silencieuses, offertes à la douceur de l’instant. Claire s’était redressée et réfléchissait. Elle pourrait se baigner mais elle avait avant tout envie de rejoindre la terre ferme pour retrouver les sensations de son enfance, quand elle passait ses journées au cabanon de son grand-père. A cette époque, le temps était infini, la perspective de la rentrée tellement lointaine que chaque journée, emplie de mille aventures, contenait une épopée qui alimentait ses rêves jusqu’à Noël. Claire se laissa aller à ses rêveries. Elle sentait presque le parfum citronné des gâteaux que sa grand-mère lui donnait pour son goûter. Que cette époque était lointaine !
    « D’accord, mais ensuite je voudrais aller sur la plage ». Aurore regardait Jérémie en souriant et savait déjà que son souhait serait exaucé. Tirée de ses pensées, Claire se demanda pourquoi elle s’était d’emblée imposé un choix, se baigner ou aller sur terre alors que les deux étaient possibles. Elle allait devoir se détendre et comprendre enfin qu’elle était en vacances et que son temps n’était pas compté.
    Sur le dos, Claire se laissait porter par la mer. Il aurait été dommage de ne pas profiter de cet instant où l’important était de ne rien faire sinon profiter de ce luxe infini de l’abandon, entre ciel et mer.
    Ils accostèrent sans peine dans la crique avec le canoë et tirèrent l’embarcation sur la petite plage de sable. Il était encore assez tôt et les vacanciers étaient peu nombreux. Les garçons et Aurore s’installèrent sur leurs serviettes, prêts déjà à piquer dans les olives qu’ils avaient apportées.
    « Je vais marcher, je vous retrouve à Morgiou. J’y vais par la terre et vous par la mer, d’accord ? » Claire n’avait pas attendu leur réponse ; déjà elle s’éloignait en direction du petit chemin qui rejoignait la calanque voisine. « Tu as pris de l’eau ? Claire ? » Elle ne s’était pas retournée et leurs voix se perdaient en contrebas. Elle marchait d’un bon pas, comme portée par ses souvenirs quand, petite, elle sautait tel un cabris de rocher en rocher.
    L’envie l’avait happée sans prévenir. Elle voulait revoir la cabane de pêcheur qui avait été au cœur des aventures de son enfance. Le soleil était haut maintenant. Les vagues heurtant les rochers accompagnaient sa course et elle retrouvait son agilité d’antan quand elle courait à perdre haleine sur les rochers, petit animal sauvage et indompté. Elle avait chaud et commençait à se trouver un peu imprudente d’être partie seule sans rien d’autre qu’une petite bouteille d’eau à la main. D’ordinaire elle n’agissait pas sur un coup de tête. Pourtant elle continuait d’avancer, sûre d’elle et du chemin qu’elle empruntait, retrouvant la sensation de bien-être qui la comblait pendant son enfance. Elle voyait en contrebas le toit des cabanes de pêcheur qui jouxtaient le port. Elle se dirigea vers les cabanons perchés en surplomb de la plage. Une petite clôture entourait l’un d’entre eux, assez inutile, car personne n’aurait osé s’approprier d’une quelconque manière cet enclos que le papé Gustave avait dressé un jour qu’il s’était fâché avec son voisin Henricou. La fâcherie avait duré deux ans. Il avait fallu tout ce temps pour que ces deux amis qui partageaient tout depuis plus de quarante ans, qui se croisaient tous les jours, recommencent à se parler. Personne n’avait jamais compris pourquoi ils s’étaient disputés, ni pourquoi ils s’étaient réconciliés. Tout le monde avait su que la bouderie était finie quand on les avait vu boire le pastis ensemble et se donner des tapes dans le dos :
    « La vie est trop courte, mon ami !
    – Té, tu as bien raison ! Allez, va, encore un verre ? »
    Claire n’avait pas vu de ses yeux la réconciliation, épisode mythique de la légende familiale, mais elle avait souvent entendu son papé Gustave répéter : « Ah ! La vie est trop courte ! » Enfant, elle ne comprenait pas comment cette vie qui s’étirait en de longues journées d’été pouvait être courte quand le temps lui paraissait parfois bien long en classe, mais elle était restée frappée par la gravité de son grand-père quand il prononçait ces paroles.
    Claire s’était installée sur le muret. Déjà deux étés que son papé n’était plus là pour lui demander si elle avait trouvé des trésors sur la plage ou pour lui dire de mettre sa casquette. Le cabanon avait été repris par le père de Claire l’année passée, mais c’était la première fois qu’elle y retournait. Comme la voix bourrue de son grand-père lui manquait…
    Elle baissa les yeux et vit au pied du muret une pierre mal encastrée qui se détachait de l’ensemble. Elle se baissa pour la repositionner et vit que la pierre était gravée. En y regardant de plus prêt elle se rendit compte que les marques représentaient les deux lettres C et E. Ses initiales en somme : Claire Escariot. Elle n’avait jamais remarqué cette pierre et en réfléchissant elle était même sûre qu’elle n’y avait jamais été. Qui avait bien pu déposer cette pierre à cet endroit ? Et dans quel but ? Claire la souleva pour la regarder plus attentivement. Elle découvrit alors une cavité dans le muret. Décidément elle allait de surprise en surprise. Elle se baissa et jeta un œil prudent par l’ouverture. Elle se méfiait des serpents qui pourraient avoir élu domicile entre les pierres. Elle fit du bruit avec une petite branche qui trainait à ses pieds. Rien ne bougea. Elle devinait une espèce de boite cachée dans le creux et la tira en s’aidant de son bâton.
    La boite était maintenant ouverte devant elle. Elle contenait des feuillets couverts de l’écriture fine de son grand-père. Elle lut les premiers mots : « Pour Claire, ma petite fille chérie ».

  5. Odile zeller dit :

    Texte d’Odile

    Texte 2
    Perdue dans ses pensées, elle pousse lentement la barrière blanche du jardin. Les haies hortensias dans toutes les nuances de bleu et de rose cernent le périmètre étroit du jardinet au creux de la ruelle qui conduit au port et à la plage. Elle les soigne à chaque saison et s’enorgueillit d’avoir les plus fleuris du village breton. Mais aujourd’hui n’a l’esprit ailleurs. Elle tâtonne sous la pierre à côté de la porte de bois mais la clé n’est pas là. Qui ? Où? Elle se laisse tomber sur le banc de pierre sous la fenêtre pour mieux fouiller sa besace. La bouteille sort en premier puis le,portefeuille, son carnet de dessin, la bouteille d’eau, le sac avec son maillot mouillé et le paréo. Sa main palpe plus loin en vain. Au fond du sac aucune clé. Elle l’aurait perdue ? Quelqu’un serait … non. Madame Abraham, la voisine est venue la veille et telle une vigie ne quitte pas son observatoire de la cuisine. Yann a tondu la petite pelouse avant hier. Elle soupire … il va falloir … un parfum flatte ses narines. Les petits œillets roses ont fleuri… le sourire lui revient, son père les aimait tant. Elle remarque aussi, au coin de la parcelle, les lys de Marie et les freesias. Le tamaris a … son regard se porte un instant sur la belle statue de granit au coin de la maison, une grand-mère sculptée par son grand-père, si lourde que personne ne saurait jamais la déplacer. Un rosier blanc grimpant embrasse la pierre et tout l’angle du mur.
    Elle sursaute en sentant une fourrure lui caresser la jambe. Un chat ? Mais qu’est-ce que tu fais là? Elle se penche vers le félin, un beau siamois, qui l’a salue d’un miaulement. Que fait-il là?
    Tu es perdu, mon pauvre ? Tu n’es pas d’ici.
    Le chat grimpe sur ses genoux et miaule de nouveau.
    Tu veux entrer ? Je n’ai pas de clé.
    L’animal retombe à terre et se dirige vers la porte qu’il caresse du dos.
    Elle se lève … quand la porte s’ouvre.

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