Défi 6 écrire les vacances

La maison des vacances … la porte est ouverte et pourtant, personne ne répond, la cuisine, le séjour …. la maison est vide ….

racontez …

A demain …

la plume d’été

7 réponses à Défi 6 écrire les vacances

  1. Fiorelia dit :

    Texte 6
    Jack dort encore et j’attends qu’elle se réveille pour faire le point avec elle sur la journée de la veille. Pour moi, la cousinade s’est très bien passée. Jack était tout sourire, le visage apaisé, le regard serein. Elle embrassait les bébés, chatouillait les petits, discutait avec les adultes et hurlait dans l’oreille des plus âgés. Elle était ravie de retrouver l’ensemble de sa famille… contrairement à ce qu’elle avait pu me raconter. J’ai observé avec attention toute l’assemblée mais je n’ai remarqué chez personne la moindre lueur de malveillance. Tout le monde était content de se voir.
    Je profite de sa grasse matinée pour sortir de la maison et visiter les alentours. La maison de la tante Gertrude est assez isolée et les voisins ne sont pas à proximité immédiate. En cas de problème, il faudrait vraiment crier très fort pour que le voisin le plus proche puisse intervenir. Pas très rassurant, d’autant que j’ai bien compris que Jo, malgré ce qu’elle m’avait dit, n’a aucune envie d’aller voir la police. J’ai donc appelé Paul notre ami commun pour lui relater les faits ainsi que les difficultés que je rencontre pour convaincre Jack d’aller déposer plainte. Paul connaît Jack par cœur, sans doute mieux que moi et il n‘a pas hésité une seconde. Il sera là dans quelques heures et je me réjouis de sa présence. On ne sera pas trop de deux pour faire entendre raison à miss têtue. Et comme elle aime les surprises, je ne vais pas la prévenir. J’ai hâte de voir sa tête quand elle découvrira Paul.
    Onze heures, il est temps de faire demi-tour pour réveiller la marmotte.
    Tiens, la porte est ouverte. Jack a dû sortir. Elle doit être dans le jardin. Ah non personne ! C’est plus fort que moi mais je ne peux m’empêcher de chercher un cadavre… C’est vraiment angoissant cette histoire. Je ne sais pas comment Jack peut supporter tout ça.
    Bon elle est sans doute dans la maison. Je passe le seuil de la porte.
    Personne dans la première pièce ni dans la cuisine.
    Peut-être dort-elle encore ? C’est sans doute moi qui ai oublié de fermer la porte en partant. Pour ne pas faire de bruit. J’essaie de me convaincre. Mais je me sens oppressée. J’ai du mal à respirer, le cœur qui bât plus vite, les mains moites. Bon soyons franche, je crève de trouille. Cette maison et son jardin me sortent par les yeux et je n’ai qu’une envie prendre mes jambes à mon cou et me carapater. Mais je ne peux pas laisser Jack toute seule.
    Alors je poursuis la visite de la maison. J’arrive devant la chambre de Jack. Pas de bruit. Je n’ose pas appeler. Je ne veux pas la réveiller. Et pourtant c’était mon objectif initial. Mais je crois que j’ai perdu ma voix. Elle s’est carapatée sans moi. La porte est fermée. Je frappe discrètement. Pas de réponse. Je crois que je viens de recevoir une goutte dans l’œil. Je lève la tête. Rien. En fait c’est une goutte de sueur qui perle de mon front. Je pose la main sur la poignée. Dans cette maison tout grince alors j’ouvre la porte tout doucement. Les volets sont fermés. Il fait sombre et mes yeux s’accoutument peu à peu à l’obscurité. Je jette un œil vers le lit. Personne. Les draps sont froissés. Les oreillers jetés à terre. Une odeur de nuit agitée imprègne encore les lieux.
    La chambre est vide. La maison est vide. Jack a disparu.

  2. Clementy dit :

    Ecrire cette carte postale à son papé, même s’il ne pourrait jamais la lire, lui avait montré le chemin. Comme une évidence elle avait décidé de passer la nuit dans le cabanon. C’est le seul lieu où elle pourrait faire le point. Rémi l’avait interrogée du regard quand elle avait annoncé son projet. « Je suis certaine », lui avait-elle répondu. « Et je vais bien, ne t’en fais pas. »
    Elle se tenait maintenant près de la petite rambarde, à l’endroit où elle avait découvert la pierre descellée et la lettre de son grand-père. Le ciel était zébré de rayures dorées et roses et allait bientôt se teinter d’une blancheur laiteuse qui le ferait se confondre avec la mer. Elle se dirigea vers la maisonnette et souleva une pierre plate devant le seuil. La clé était cachée dans un creux du sol. Quand elle était petite, la porte n’était quasiment jamais verrouillée et il ne serait venu à l’idée de personne d’entrer sans y être invité. Aujourd’hui, son père se méfiait du sans-gêne de certains touristes et préférait fermer. Claire tourna la clé dans la serrure et poussa la porte. En vain. Le bois avait encore joué et la porte frottait sur le sol. Claire donna un coup sec en même temps qu’elle poussait avec son genou. La porte céda dans un couinement sonore, comme à regret.
    Claire se tenait sur le seuil, s’accoutumant peu à peu à la semi obscurité de l’intérieur. Elle distinguait la petite table sur sa droite dans ce qu’on appelait un peu par dérision le coin cuisine. Celui-ci se limitait à un buffet, un évier, un réchaud, une table et quatre chaises. Sur la gauche, un lit était recouvert d’un grand tissu pour le protéger de la poussière. Elle n’avait pas envie de faire fonctionner le générateur, elle s’éclairerait avec une lampe à gaz. Dans l’immédiat elle décida de faire son lit, deux draps suffiraient pour la nuit, si besoin, le plaid posé au pied du lit lui servirait de couverture. Elle ne s’inquiétait pas de son diner car elle savait trouver un nécessaire de survie : huile d’olive, pâtes, coulis de tomate dans le placard du bas, navettes à la fleur d’oranger dans la boite en fer rangée dans le placard du haut, des sachets de thé que son grand-père avait achetés spécialement pour elle alors que lui-même était un buveur de café invétéré. Elle jeta un œil dans la boite et vit que le nombre de sachets diminuait. Elle pensait qu’elle n’aurait pas le cœur de les finir : les savoir dans leur boite continuait à donner de la vie au souvenir de ce jour où, quelque mois avant sa mort, son grand-père, fier de lui, lui avait montré la boite de thé : « Tiens, fillette, tu vas pouvoir faire comme les angliche ! » et avait éclaté de rire.
    Son grand-père avait toujours été présent quand, le cœur trop lourd pour continuer de faire semblant avec son père, elle se réfugiait auprès de lui. Si lui aussi avait souffert des absences de sa fille, il avait toujours donné à Claire l’amour et la force dont elle avait besoin. Sans lui, malgré toute l’affection de son père, Claire ne serait pas ce qu’elle était devenue. Elle ne cesserait jamais de le pleurer au fond d’elle quand bien même ses yeux restaient secs.
    Assise sur le seuil, elle se laissait envahir par le calme du lieu. Les plaisanciers avaient quitté la crique, seuls restaient les habitués, les locaux. La nuit s’annonçait doucement, le soleil avait lancé ses derniers rayons dans un ultime espoir de conquête, mais sombrait paisiblement derrière la mer calme. Claire, pour la première fois de la journée, se sentait en paix avec elle-même.

  3. Marc dit :

    Depuis qu’il foulait le sable de l’immense plage des Landes, Bernard ne pensait plus qu’à une chose : éviter de marcher sur les détritus qui s’entassaient sur une ligne continue marquant la limite que la mer avait atteinte à marée haute. L’Espagne, toute proche, qui laissait les flots exporter ses décharges côtières, envoyait des tonnes de bouteilles plastique, de coton-tiges et d’ordures mal-odorantes s’échouer sur le littoral landais. Plus personne, en cet fin d’automne, ne nettoyait les plages et, le long des baïnes, les courants régurgitaient toujours davantage de déchets dont la mer faisait une indigestion pestilentielle. Bernard était particulièrement attentif aux seringues probablement porteuses d’une variété infinie de germes et de virus qui convertiraient le plus fervent des opposants à la vaccination.
    Il avait quitté sa dernière demeure parce que, peu à peu, elle lui était apparue exiguë, étriquée et qu’il avait l’impérieuse nécessité d’avoir ses aises. Bernard, bien que sans domicile fixe, cherchait le confort d’un abri douillet et spacieux pour passer l’hiver. Et la côte landaise n’en manquait pas. D’une nature réfractaire, un peu opportuniste, et sans beaucoup de scrupules, il pensait qu’un petit chez-soi ne vaudrait jamais un grand chez les autres.
    Il était remonté en direction de la dune et marchait désormais sur un sable froid et sec dans lequel il s’enfonçait à chaque pas. Les abords de la demeure qu’il convoitait paraissaient relativement propres. Seuls quelques morceaux d’un vieux filet de pêche en encombraient l’accès, mais Bernard n’eut aucun mal à pénétrer dans vestibule qui lui sembla suffisamment vaste pour imaginer que le reste du logis était à la même échelle. Cependant, avant d’explorer l’ensemble, Bernard entreprit de dégager le sable qui s’était accumulé devant l’entrée. Ce préalable avait essentiellement pour but de faire suffisamment de bruit et de provoquer une agitation telle, qu’un éventuel hôte indésirable ne pourrait que se manifester. Bernard reconnaissait volontiers qu’il n’était ni courageux, ni partageur et qu’il détestait les conflits de voisinage. Une fois qu’il se fût assuré que l’endroit était inhabité, il prit ses aises et investit le reste de la demeure. Il constata avec plaisir qu’il ne manquerait ni d’air ni d’espace et put envisager enfin sereinement l’hiver qui s’annonçait. Il s’installa confortablement et, satisfait, s’appuyant sur ses cinq paires de pattes, sa maison sur le dos, il rejoignit tranquillement ses congénères au fond de l’océan.

  4. Odile zeller dit :

    Le lendemain au petit déjeuner elles ont oublié la bouteille. Elles repassent les copains d’autrefois mais surtout les villas … ah les villas … les familles qui avaient une villa au moulinet ou à la malouine… une grande villa …
    Des chambres à partager avec les cousins, un dériveur … et Marine continue dans son rêve… la maison de vacances … ils n’avaient qu’un appartement loué chaque année loin de la plage. Elle n’en parlait pas.
    Elle regarde Vic et toi ?
    Moi, je n’avais pas de villa, pire ma mère travaillait, tout le monde savait que j’étais sa fille. Mais bon … c’étaient les vacances … et vous étiez gentils pas comme …
    On n’en parle plus. Toi, raconte … tu es revenue, définitivement?
    Marine baisse la tête
    Oui, mais c’est difficile .. déjà retrouver un job, un poste …on me voit à l’étranger …et moi je ne veux plus repartir ..
    Tu aimais cette vie là pourtant ?

    Oui enfin le dernier poste en Afrique … on parle d’autre chose. On va faire le tour des villas … regarder les jardins.

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