Défi 8 écrire les vacances

C‘est la fin des vacances … les derniers transats sont pliés, les villas sont fermés … la rentrée … vous pouvez boucler votre histoire ou la continuer.

Une huitième proposition est possible … laissez un commentaire pour me demander une prolongation…  si vous le souhaitez … j’ai encore une ou deux idées !

A vos plumes

5 réponses à Défi 8 écrire les vacances

  1. Odile zeller dit :

    Marine est partie. Après sa disparition et son retour sur la point des pieds, Vic avait hâte d’être seule, de boucler ses valises et de fermer la boutique. La saison n’avait pas été si bonne et elle n’irait pas loin. La bouteille à la mer était restée intacte. Vic avait étudié la carte des courants, montré l’objet à un vieux marin. Les courants l’avaient poussée mais elle ne venait pas d’au delà de la baie. Elle n’était pas très ancienne non plus. Le vieil homme supposait qu’elle avait été lancé de la mer par un naufragé mais il ignorait la raison de son impression.
    Quand Vic débouche la bouteille et développe la lettre, son cœur bat plus vite et sa gorge est serrée. Elle imaginait juste quelques mots mais c’est plus.
    Chère Marie
    Tu ne me reverras plus … aucun espoir. Je ne vais pas m’étendre sur notre couple, sur mes remords … je te souhaite la plus belle vie qui soit, je t’aime et …
    que notre fille s’appelle Victoire … elle sera blonde et courageuse comme toi et …
    Je t’aime Marie
    Ton Philippe

    Victoire s’essuie les yeux… elle replie la missive et la replace dans la bouteille.
    Son père, son père l’aimait … les larmes la secouent …

  2. Fiorelia dit :

    Texte 8
    J’observe tour à tour Jo et Jack qui se font face. Jo est partagée entre joie, soulagement et agacement. Jack rayonne, toute contente de sa petite provocation et de la surprise qu’elle nous a concoctée. Elle ne semble pas se rendre compte que Jo est à cran et que la situation peut déraper à tout instant.
    Je préfère intervenir et désamorcer le conflit avant que Jo n’explose :
    « Mais qu’est ce que tu as fait finalement ? Jo t’a attendue toute la journée et on était mort d’inquiétude pour toi !
    -Oui c’est vrai, finit par convenir Jack, je suis désolée Jo, j’aurais dû te prévenir. Mais ce matin, quand je me suis réveillée, j’étais seule dans la maison. Je ne sais plus pour quelle raison, je suis descendue à la cave… Ah oui c’était peut-être pour trouver une bouteille de vin. On commençait à être à court de rosé, non ? Et là je me suis rendue compte de la présence d’un petit soupirail qui donne directement sur l’entrée. J’ai calculé que cela faisait quelques jours que nous n’avions reçu aucun cadeau de mon copain le chat et j’ai décidé de rester là et de guetter sa venue pour le prendre en flagrant délit.
    -Mais enfin Jack, me laisser comme ça sans rien dire ! Tu sais que je suis allée à la police signaler ta disparition ?
    -Oui, je me doutais que tu ferais cette démarche. Tu essayais tellement de me convaincre d’y aller et je ne savais plus quel argument t’opposer pour retarder ce moment. Je me suis dit que tu serais plus convaincante que moi et qu’avec ma disparition, les flics prendraient l’affaire au sérieux et que l’enquête progresserait plus vite. »
    Jo ouvre de grands yeux. Comme elle, j’ai dû mal à croire ce que j’entends. Jack a manigancé sa propre disparition pour pousser son amie à agir à sa place. Incroyable ! La tension est palpable dans la pièce. Je décide de prendre le taureau par les cornes et m’empare du bras de Jack.
    « Bon Jack, on arrête les bêtises. Je t’emmène au commissariat et tu vas tout expliquer à l’enquêteur. Jo m’a dit qu’il avait des questions auxquelles, bien sûr, elle ne pouvait répondre à ta place. Allez hop c’est parti. »
    Jack ne m’oppose aucune résistance. Dans la voiture, concentré sur la route, je ne dis mot. Seule Jack interrompt finalement le silence pour me demander de rester avec elle lors de l’entretien avec l’OPJ. Je me contente de hocher la tête.
    Arrivés au poste de police, l’OPJ nous reçoit et nous informe de l’avancement de ses recherches.
    Il a déjà auditionné l’individu identifié lors des enquêtes précédentes. Celui-ci a reconnu avoir déposé plusieurs cadavres devant la maison de la grande tante Gertrude mais nie avoir accroché le corbeau de façon à ce qu’il se balance comme un pendule de sourcier devant la fenêtre de la cuisine. Il ne reconnaît pas non plus avoir déposé des animaux morts devant l’appartement de Jack.
    Pendant l’exposé, j’observe Jack qui se tortille sur sa chaise. Elle commence par se réjouir des premières déclarations avant de s’assombrir en entendant l’officier conclure qu’il reste des zones d’ombres, que peut-être un deuxième individu a pris le relais et que l’enquête n’est pas encore achevée. Elle interrompt soudain l’officier :
    « Et si je retire ma plainte, l’enquête sera-t-elle close ?
    -Madame, votre amie a déclaré que vous aviez découvert des cadavres devant votre domicile, vous confirmez ? »
    Jack prend son temps pour répondre. L’officier insiste :
    « Vous pouvez me préciser combien de fois et à quelle période, vous avez trouvé des animaux morts devant chez vous ? »
    Jack hésite :
    « Je ne sais plus trop. Vous savez cette affaire m’a beaucoup perturbée. J’ai peut-être confondu. Mais à la réflexion… Finalement, les cadavres… C’était seulement chez ma tante.
    -Bon je récapitule. Vous revenez sur la plainte déposée par votre amie. Finalement vous n’avez trouvé des cadavres que chez votre tante ?
    -Oui.
    -Bon on progresse. Reste encore un point à éclaircir concernant le corbeau qui se balançait devant votre fenêtre. Le mis à cause a toujours reconnu les faits mais là, il nie. Vous avez une idée ? Le corbeau que vous aviez trouvé la veille, qu’avez-vous fait de son corps ?
    -Je ne sais plus trop.
    -Vous l’avez jeté à la poubelle ? Vous l’avez enterré ? »
    Je regarde Jack qui ne répond toujours pas. Je sens qu’elle hésite et je commence à entrevoir une idée trop monstrueuse pour y croire. Le policier insiste.
    « Le corbeau qui se balançait : c’était le même que celui que vous aviez découvert ? »
    J’ai l’impression d’assister à un accouchement. Pourquoi ne répond-elle pas à ces questions a priori si simples ? Et soudain j’interviens :
    « Jack c’est toi qui a accroché ce corbeau ?
    -Oui. Je n’en pouvais plus. Jo avait vu le cadavre à notre arrivée et elle était en train de l’oublier. Je ne voulais pas être la seule à faire des cauchemars, à imaginer toujours le pire en arrivant dans cette maison.
    -Alors tu as utilisé le corps du corbeau et organisé une nouvelle mise en scène plus sordide que la précédente pour convaincre Jo que c’était vraiment sérieux.
    -Oui. J’avais besoin d’aide. »
    L’officier note imperturbable puis conclut :
    « Madame, mon enquête est terminée et je vais rendre mes conclusions au procureur qui décidera des suites à donner. Sachez que même si vous retirez votre plainte, l’individu va sans doute faire l’objet de poursuites. Imaginez-vous que plusieurs associations de défense des animaux ont également porté plainte et envisagent sérieusement de se constituer parties civiles. Bref vous serez bien sûr informée des suites. »
    Nous saluons l’enquêteur et nous retrouvons dans la voiture. Encore plus silencieux qu’à l’aller.
    Je reste sonné par ce que j’ai découvert de Jack aujourd’hui. Comment a-t-elle pu nous manipulés ainsi ? Et jusqu’où a-t-elle été ? La rencontre avec Jo dans le métro était-elle vraiment due au hasard ou avait-elle été soigneusement orchestrée ?
    Je ne suis pas certain d’avoir envie de connaître la réponse ce soir. Ni plus tard.
    L’amitié est aveugle aussi, non ?

    The End

  3. Clementy dit :

    Texte 8 et fin
    Rémi devait venir chercher Claire à Luminy en voiture dans la matinée. Elle lava sa tasse et mit ses quelques déchets dans un sachet qu’elle accrocha à la bretelle de son sac à dos en attendant de trouver une poubelle. Elle replaça le tissu sur le lit sans enlever les draps. Elle referma soigneusement la porte derrière elle. A nouveau celle-ci grinça, comme mécontente de la voir partir. Elle replaça la clé sous la pierre plate. Son père, qui viendrait dans les jours suivants, la trouverait à son tour.
    Claire avait une courte marche d’une petite heure pour rejoindre Rémi. Il était encore tôt. Elle s’était levée quasiment avec le soleil, comme toujours quand elle dormait au cabanon. Se lever tôt face à la mer lui donnait un sentiment de plénitude, presque de puissance. Elle marchait doucement, profitant de chaque minute de cette solitude enveloppante. Elle relisait en esprit les mots de son grand-père et entendait sa voix qui jamais ne chuchotait, trop rauque pour se cacher dans le silence des murmures. Les confidences qu’il lui laissait, il les faisait d’une voix de basse qui résonnait dans son cœur.
    Claire avait choisi le chemin qui passait par les hauteurs et nécessitait de s’agripper à une chaîne juste au-dessus de la plage pour traverser quelques mètres de rocher en pente. Elle préférait cette promenade car elle permettait de profiter de la vue et elle n’avait plus besoin, depuis longtemps des avertissements de son papé : « accroche toi bien, poulette ! ». Comme elle aimait marcher dans la garrigue, seule ! Elle s’arrêta pour boire, le soleil, encore doux, commençait à chauffer.
    Pour confirmer la sensation de chaleur, les cigales, jusque-là restées muettes, se mirent soudainement à chanter en chœur. Claire accueillit avec gratitude ces compagnes qui la saluaient sur son passage.
    Elle poursuivit sa marche sans se presser. Elle serait en avance. Elle se dit qu’elle aurait pu prendre le bus plutôt que déranger Rémi, mais il avait tellement insisté qu’elle avait fini par céder. Ils avaient convenu de se retrouver devant la fontaine. Pour la peine, elle lui offrirait un café au snack qui annonçait l’accès aux calanques aux vacanciers toujours plus nombreux.
    Elle se sentait sereine. Elle savait toujours pouvoir compter sur Rémi et elle se promit de passer du temps avec lui en tête à tête. Elle voulait connaître le secret de l’assurance nouvelle qu’elle avait sentie chez le jeune homme. Un succès professionnel dont il ne lui aurait rien dit ? Un nouvel amour ? Les confidences entre eux viendraient facilement comme toujours, elle se sentait tellement en confiance avec lui.
    Une autre rencontre lui tenait à cœur. Elle s’en rendait compte maintenant, après cette marche solitaire. Elle irait chez son père, voir celle qui y avait trouvé refuge. Pour combien de temps ? Cela semblait si fragile. Claire le savait, elle ne ferait pas spontanément confiance à sa mère. C’était trop lui demander pour l’instant, mais elle savait aussi qu’elle était prête à essayer. La journée s’annonçait sereine.

  4. Marc dit :

    Bonjour
    S’il vous reste quelques idées, il nous reste l’envie de relever ces petits défis stimulants. Mille mercis à vous de nous offrir l’occasion de rassasier nos appétits de mots, d’histoires et de rêves.
    Plumitivement vôtre.

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