Défi 7 écrire les vacances

Les vacances sont des temps de fête, de danse, de feux d’artifice…

mettez en scène un épisode mais avec une surprise, une rencontre inattendue …

À  vos plumes

7 réponses à Défi 7 écrire les vacances

  1. Marc dit :

    Ma bien chère Amandine,

    Il faut que je te raconte.
    Sur les bons conseils d’un vieil ami, j’ai fait passer une petite annonce dans l’Écho de Paris pour trouver un homme sérieux et travailleur afin de remplacer mon pauvre Maurice que la guerre m’a enlevé trop tôt. J’aurai vingt-six ans dans quelques semaines, je n’ai plus de famille et ne me vois pas finir mes jours seule, sans enfant et désargentée. Je sais combien tu me comprendras.
    Donc, figure-toi que j’ai reçu trois réponses. Si j’ai tout de suite écarté le pauvre unijambiste qui assurait pouvoir encore « faire la chose », je n’ai pas voulu donner suite à la proposition du second qui me suggère de travailler un peu pour lui avant de m’épouser. Il n’a pas daigné préciser de quel genre de travaux il s’agissait et je me méfie des aiglefins qui profitent des très nombreuses veuves de guerre en quête d’un nouveau mari, pour en faire des femmes de mauvaises vies. As-tu remarqué que les journaux sont pleins de ces histoires sordides ?
    J’ai donc accepté l’invitation d’Henri Désiré, à qui j’ai donné rendez-vous, dimanche dernier, à la kermesse de Saint Eustache. Nous avions auparavant échangé quelques lettres et j’avoue que son éloquence, l’élégance de ses propos et sa bonne moralité m’ont fait forte impression et m’ont assez sérieusement séduite. Il aurait préféré, je crois, un endroit plus discret pour notre premier rendez-vous, mais tu connais ma prudence, je souhaitais qu’il y ait un peu de monde autour de nous avant de nous retrouver dans un lieu plus intime. Nous avons passé ensemble un après-midi de rêve. Henri Désiré s’est révélé être une personne charmante, attentionnée et vive d’esprit. Bien qu’il soit plus âgé que moi, quarante-trois ans, il est veuf et possède une petite affaire qui va prospérer et qui (si j’ai bien compris) fabrique des bicyclettes dotées d’un moteur à essence. Nous avons fait de l’escarpolette, mangé des glaces et de la barbe-à-papa et j’ai remporté, par chance, une jolie poupée espagnole à la loterie. Grâce à son adresse au tir à la carabine, il a gagné une bouteille de vin mousseux que nous sommes allés partager à la buvette. Nous avons prolongé la fête en allant dîner dans un petit restaurant de la rive gauche et sommes retournés ensuite à Saint Eustache voir le feu d’artifice. En tout bien tout honneur, il m’a raccompagnée jusque chez moi et nous nous sommes promis de nous revoir le plus vite possible. Je lui rendrai visite tantôt dans la villa qu’il possède à Gambais. Il viendra me chercher et nous irons chez lui en train. Voilà, ma Chère Amandine, tu sais tout. Je ne me consume pas encore d’amour pour lui, mais j’avoue que cet homme a beaucoup de charme et qu’il ferait sans doute un excellent mari qui me mettrait à l’abri du besoin en m’offrant un doux foyer.
    Je t’embrasse bien chaleureusement.
    Ta Denise
    Post-scriptum : Peut-être pourras-tu bientôt m’appeler Madame Denise Landru ?

  2. Fiorelia dit :

    Texte 7
    J’ouvre les volets et les fenêtres. Le soleil et un petit air frais en profitent pour rentrer et soudain, je respire mieux. Depuis combien de temps suis-je en apnée ? J’observe la chambre de Jack. Les vêtements qu’elle portait la veille ont disparu et son pyjama est jeté en vrac sur la chaise.
    Que faire ? Elle est peut-être tout simplement sortie. Je vérifie mon téléphone portable. Aucune trace d’appel de sa part. Je suis inquiète. Jack m’aurait prévenue si elle était partie. C’est sûr, il lui est arrivé quelque chose. C’est décidé. Je vais chez les flics et je raconte tout. Sa disparition et les cadavres. Inutile de tergiverser plus longtemps. Je me précipite dans la voiture et quitte la maison sur les chapeaux de roues. Dans la voiture, absolument pas concentrée sur le trafic, j’essaie de reprendre mes esprits et de réfléchir à la façon dont je vais relater les faits de ces derniers jours. J’arrive heureusement sans encombre au commissariat, les idées un peu plus claires. Je tente un créneau et finis par laisser ma voiture en vrac sur la chaussée un peu comme le pyjama de Jack sur sa chaise.
    Face à l’officier de police judiciaire qui vient de prendre ma déposition, je réponds comme je peux aux questions complémentaires qu’il me pose.
    Concernant d’éventuels soupçons de Jack, je mentionne l’héritier non identifié, le promoteur immobilier. Puis je relate aussi les derniers commentaires de Jack sur les cousinades, qualifiées de cauchemar, tout en faisant mention de mon sentiment très positif sur le déroulement de la journée. L’OPJ note scrupuleusement tout ce que je lui déclare.
    Il m’interroge ensuite sur Jack et sa fréquentation des réseaux sociaux. Je lui fais part de mon ignorance totale à ce sujet sous réserve de nos échecs, Paul et moi, pour la retrouver par ce biais, avant de tomber sur elle par hasard dans le métro parisien. A ma connaissance, Jack n’est pas branchée sur les réseaux sociaux ou alors pas sous son identité. Mais peut-être utilise-elle un pseudo ?
    A la fin de l’entretien, l’OPJ me confirme que la plainte est enregistrée et qu’elle va être traitée. Il nuance son propos pour la disparition. Jack est majeure et responsable et peut très bien s’absenter sans prévenir. Il est donc un peu tôt pour la considérer comme « disparue ». Mais compte tenu des cadavres de corbeaux, il va quand même enquêter en ce sens. L’enquêteur m’informe enfin que dans la région, plusieurs plaintes ont déjà été déposées par des particuliers qui retrouvaient des cadavres d’animaux devant leur porte. L’enquête a permis d’identifier le responsable de ces actes. Un individu déséquilibré mais pas méchant. C’est peut-être lui qui a laissé les corbeaux chez Jack. Quand je sors du commissariat, je me sens un peu rassurée. Jack est sans doute rentrée et Paul ne va pas tarder.
    De retour à la maison, je ne peux que constater l’absence persistante de Jack. L’angoisse s’empare à nouveau de moi. Pour m’occuper, je me jette sur l’aspirateur, l’éponge et la javel. Rien de mieux qu’un peu de nettoyage pour me vider la tête et passer le temps en attendant l’arrivée de Paul et le retour de Jack. Une fois la maison propre, je m’attaque à la préparation du dîner. Quand Paul sera là (et Jack aussi) tout sera prêt et il n’y aura plus qu’à s’attabler.
    Moi qui me réjouissais de la surprise de Jack en découvrant Paul, c’est raté. Quand enfin Paul arrive pour mettre fin à mon supplice, je suis seule à l’accueillir. Je m’empresse de lui apprendre la disparition de Jack et je vois son sourire s’effacer. Son inquiétude ne fait aucun doute mais il tente de me rassurer :
    « Tu as bien fait de prévenir la police sans délai. Demain, on y retournera ensemble. En attendant, je boirais bien quelque chose, qu’est ce que tu me proposes ?
    -A part du Martini blanc et un reste de rosé, je crois qu’il n’y a rien d’autre.
    -Un Martini c’est très bien !”
    Je prends deux verres, sors les glaçons et commence à servir. Cette soirée de retrouvaille aurait dû être une fête. Mais l’inquiétude hante nos esprits et le silence se fait de plus en plus lourd et persistant. Je cherche désespérément quelque chose à dire quand soudain une voix s’écrit :
    « Ben alors, on veille les morts ici ? Et on boit sans moi en plus ! »
    C’est Jack. De retour et hilare.

  3. Odile zeller dit :

    Le soir venu elles ont pris une table à la crêperie. Vic n’ose pas questionner son amie. Marine, elle, interroge : et ton ami Matthias … c’est fini ?
    Vic baisse le nez : on se voit moins… quand je passe à Paris. Il a vendu son bateau et ils n’ont plus la villa … les coûts, les disputes enfin toujours la même histoire …
    Dehors des déflagrations retentissent.
    „ Viens on va voir le feu d’artifice „
    „ oh Vic pas assises sur la plage dans le sable … les fesses mouillées …non … trop“
    Elles sortent et tombent nez à nez avec Michael.
    „ Mick mais „ lancent elles toutes les deux.
    „ Vic, quelle surprise … tu n’as pas changé … Maman m’a dit que tu avais ouvert un magasin… elle est … ta cliente …“
    Vic s’apprête à pousser Marine en avant mais elle a disparu. Elle aperçoit son sac qui se balance dans la foule.
    „Vic , tu m’écoutes ?“
    – oui Mick mais Marine était …
    – Marine la Marine d’autrefois, ta copine … je ne veux pas dire du mal d’elle mais vraiment … enfin c’est du passé … elle est revenue … enfin je suis bête. Oui puisqu’elle est là … elle cherche quoi ici ? Elle loge chez toi ? Je t’offre une glace ? Viens il y a un nouveau glacier … regarde la fusée, cette gerbe de toutes les couleurs, viens de la terrasse on verra mieux le spectacle …
    Vic hésite …
    Mais Marine ?
    T’inquiète pas elle est grande …

  4. Clementy dit :

    Texte 7
    Claire avait dormi sans rêve, d’un sommeil lourd. Elle s’était laissée bercer par le patient va-et-vient des vagues sur les rochers. Elle ouvrit la porte et le soleil pénétra doucement à l’intérieur. Elle le laissa caresser sa peau. Elle se fit une tasse de thé, prit la lettre de son grand-père dans son sac à dos et s’assit sur le rocher près du seuil, sur lequel elle avait vu si souvent son grand-père veiller à la bonne marche du monde. Elle entendait son papé lui murmurer de sa grosse voix rauque : « Allez, poulette, c’est le moment d’écouter ce que je veux te dire, n’aies pas peur. Il ne faut jamais avoir peur de la vérité quand elle est dite par quelqu’un qui t’aime. »
    Claire tenait les feuillets pliés en quatre, elle les ouvrit et se mit à lire.
    « Pour Claire, ma petite fille chérie
    Je t’écris car je sens depuis quelques temps que la vie en aura bientôt fini avec moi. Ce n’est pas triste, ma belle, c’est l’ordre des choses tout simplement. Pourtant je ne voudrais pas partir sans avoir pris le temps de te dire ce que je t’ai toujours tu. J’ai beaucoup hésité avant de commencer cette lettre et j’ai essayé d’imaginer quel effet elle pourrait avoir sur toi. Mais je crois depuis toujours qu’il ne faut pas avoir peur de la vérité quand elle est dite par une personne qu’on aime et qui vous aime. Je cacherai cette lettre sous le muret du cabanon car je laisse ainsi le soin au hasard de décider si tu la liras. Même si je suis convaincu au fond de moi que le hasard ne sera pas le seul à décider : je te connais suffisamment pour savoir que tu remarques tout, surtout les pierres déplacées. Cela remonte au temps où ta grand-mère et moi cachions des petits trésors dans le jardin à ton attention ! Ton père, que j’ai toujours considéré comme mon propre fils, sait déjà ce que je vais te dire puisqu’il a porté une grande part du fardeau avec moi. »
    Claire leva les yeux un instant puis reprit sa lecture.
    « La toute première fois que ta maman a eu un épisode délirant c’était durant le bal du 14 juillet. Elle avait 28 ans. Tu avais deux ans. Nous étions descendus sur la place à Saint Barnabé pour sentir l’air de la fête. Tu étais adorable dans ta robe à volants. Ton père te portait sur ses épaules et tu étais excitée comme une puce, tapant dans tes mains en voyant les gens rire et s’amuser autour de toi. Ta mère marchait aux côtés de ton père. Ta grand-mère et moi nous tenions derrière et parfois on échangeait un regard heureux en contemplant notre petite famille. La foule commençait à devenir plus dense dans l’attente du bal qui devait commencer vers 21 heures. Le glacier et le vendeur de gaufres étaient pris d’assaut et nous nous tenions un peu à l’écart. Ta mère montrait quelques signes de fatigue. L’année avait été éprouvante pour elle et ces derniers mois son sommeil était devenu fragile. Pourtant rien n’aurait laissé imaginer ce qui allait se produire.
    Je ne veux pas te décrire par le menu ce qui s’est passé. D’abord parce que j’ai longtemps refusé de me remémorer cet épisode qui annonçait le début d’une longue descente aux enfers. Et puis aujourd’hui ce n’est pas le plus important. Sache seulement que ta mère a été prise d’une crise d’angoisse irrépressible, persuadée que la foule autour d’elle n’était là que pour la persécuter. Nous avons réussi à la ramener à la maison où elle a semblé se calmer un peu. Ton père lui a fait avaler un des somnifères qu’elle avait commencé à prendre quand ses problèmes de sommeil étaient apparus. Le lendemain matin, elle semblait avoir oublié ce qui s’était passé.
    Le second épisode est intervenu moins de deux mois plus tard. Ce fut le début d’une longue succession de crises d’angoisse suivies parfois de fugues quand il lui devenait impossible d’affronter sa maladie. Tu as appris à grandir avec les absences de ta mère. Je ne sais que trop bien que tu en as souffert, beaucoup. Mais si je t’écris tout cela aujourd’hui, ce n’est pas pour te rappeler ces tristes moments. Je voudrais que tu saches que, malgré sa folie, ta mère a toujours cherché à te protéger. J’ai mis du temps à comprendre que c’est pour cette raison qu’elle fuyait la maison quand elle sentait venir le mal. J’ai longtemps refusé de croire que ta mère était malade. Il me semblait que son surmenage était à l’origine de tout, qu’avec un peu de volonté, elle allait s’en sortir. Je me suis souvent disputé avec ta grand-mère à ce sujet, lui reprochant de vouloir protéger sa fille à tout prix. J’ai été un idiot. Ta grand-mère en a souffert et elle nous a quittés avant que j’aie pu me faire pardonner. Ta mère t’aime, petite mouette, elle t’aime par-dessus tout. Je pense qu’aujourd’hui encore, là où elle est, c’est toi seule qui la maintiens dans notre monde. Elle craignait par-dessus tout de te blesser dans une période de crise. C’est pour cela qu’elle fuyait, pour te protéger d’elle-même. Tu as grandi, entourée d’amour, mais cernée aussi par la peur latente de nous tous de voir ta mère commettre un jour le pire. »
    Claire reposa la lettre sur ses genoux. Son grand-père ne lui avait jamais parlé directement de la maladie de sa mère. Il la portait comme un fardeau depuis qu’il avait découvert que le mal trouvait ses racines dans sa famille, du côté de sa propre mère. Les médecins avaient eu beau répéter que le seul facteur héréditaire n’expliquait pas tout, il se sentait coupable. Mais dans cette lettre il lui disait autre chose, quelque chose qu’elle n’avait jamais entendu auparavant ou bien qu’elle n’avait jamais voulu entendre. Sa mère, incapable d’exprimer son amour pour sa fille autrement qu’en la fuyant, l’avait chérie, elle, la petite fille qui avait grandi entre les bras de son père et ceux de son grand-père, qui s’était réfugiée auprès de ses amis et plus tard dans la réussite scolaire. Et maintenant elle avait choisi de se cacher dans une vie professionnelle qu’elle avait le sentiment de traverser en apnée. Pourtant n’était-elle pas toujours cette petite fille qui avait besoin de l’amour de sa mère ?

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