Défi 3 écrire les vacances

Pour ce troisième défi : un pique-nique…. le grand plaisir des vacances. Mais ce pique nique réserve une surprise…

De nombreux lecteurs dégustent nos textes avec des temps de visite de plusieurs heures …

à vos plumes et à demain

la plume des vacances

 

9 réponses à Défi 3 écrire les vacances

  1. shori dit :

    Tous trois partirent dans un parc dans les environs du palais. Elisa avait fait des sandwichs comme elle pouvait, avec du pain et du jambon qu’elle espérait bon. Françoise et Henri, quand à eux, avaient tous prévus. Ils firent émerger du sac qu’ils avaient déposé au vestiaire du palais une glacière qui contenait deux grandes salades, une grande bouteille de rosé, ainsi qu’une thermos de café. Une nappe fut rapidement dépliée sur l’herbe, et trois couverts furent prestement mis. Elisa se sentit honteuse de la malheureuse contribution.
    -Je ne parviens toujours à croire que tu te sois décidée à venir nous rendre visite, s’exclama Françoise. Depuis toutes ces années que j’attends de pouvoir te voir et te faire découvrir mon pays…. Tiens, passe-moi ton assiette…
    Henri, sers-la.
    -Merci, je ne boirais pas. Je ….
    Elle se tortilla sur l’herbe, ne sachant comment lui annoncer.
    Françoise la regarda, sans comprendre. Elle savait que son amie ne buvait qu’occasionnellement. Mais tout de même, elle n’était pas devenue intolérante au vin….Elle fronça les sourcils. Son mari avait suspendu son geste.
    -Comment te l’annoncer…. Voilà, je ne suis pas venue toute seule…
    -Tu veux dire …
    -Oui, nous sommes deux à avoir pris l’avion, dit-elle en posant une main sur son ventre.

  2. Marc dit :

    Comme chaque dimanche, de la mi-juin à la fin août, Le Vicomte observait avec une pointe de mauvais esprit et un œil acéré, les familles ou les couples qui prenaient possession du parc et qui s’installaient sur les pelouses – le plus souvent à l’ombre – pour sacrifier au rituel du pique-nique dominical. Il avait établi une classification rationnelle des adeptes de cette pratique en les regroupant en trois grandes catégories : les pragmatiques, les rêveurs et les anachroniques.
    Le nombre de convives importait peu dans la rigueur de ces constatations, seule comptait le rapport à l’environnement et la manière dont on s’y adaptait. Le Vicomte avait, bien entendu, établi de nombreuses sous-classes dans une arborescence assez compliquée et dans laquelle, il faut l’avouer, il se perdait parfois. Toujours est-il que les premiers – les pragmatiques – étaient ceux dont l’équipement ménager était sensiblement le même que celui de leur appartement. À quelques détails près – hormis le décor de la salle à manger, bien sûr – tout était reproduit à l’identique. Le Vicomte avait de nombreuses fois observé qu’une télévision miniature ou un poste de radio pouvait être posé en bout de table, que, dans certaines familles, les enfants possédaient leur rond de serviette et que, parfois, le café était servi dans une tasse de porcelaine munie de sa soucoupe. Les éléments de confort, comme le superflu, étaient soigneusement transportés et méticuleusement disposés pour récréer au plus près tout le bien-être domestique. Les pragmatiques constituaient à n’en pas douter la catégorie de pique-niqueurs qui amusaient le plus Le Vicomte.
    À l’inverse, les rêveurs n’avaient aucun sens pratique et, disait Le Vicomte à leur sujet : « Il leur manque toujours cent sous pour faire un franc ». C’est avec une certaine tendresse qu’il les observait s’asseyant à même le sol le plus souvent bien humide, attirant irrémédiablement toute une nuée d’insectes dévoreurs et laissant choir dans l’herbe leur quartier de melon qu’ils étaient d’ailleurs contraints de manger contre la peau parce qu’ils avaient le plus souvent oublié les cuillères et les couteaux. D’ordinaire, les enfants se tenaient à l’écart de leurs parents et s’en rapprochaient dès une guêpe les avait piqués ou qu’un des leurs avait écrasé le paquet de chips.
    La troisième catégorie était composée d’individus qui auraient pu appartenir à l’une ou l’autre des deux premières, mais qui avaient la particularité d’être absolument insupportables. S’ils possédaient une télévision ou une radio, elle braillait à tue-tête. Les enfants courraient en hurlant, renversaient la salade de nouilles et entamaient une partie de volley en piétinant la nappe à carreaux. Mais leur propension à laisser après leur départ un véritable tas d’ordures éparpillées à l’endroit qu’ils occupaient, heurtait davantage encore la conscience du Vicomte.
    Le Vicomte confortablement assis sur le banc qui lui servait d’observatoire, avait repéré deux beaux spécimens d’anachroniques qui s’étalaient à quelques mètres devant lui. Et, sans trop s’encombrer de contradiction, il fustigea mentalement leur manque de civisme écologique tout en espérant trouver dans les restes qu’ils disséminaient à tout vent, le repas qu’il mendiait tous les jours.

  3. Fiorelia dit :

    Texte 3
    Refroidies par notre morbide découverte, nous entrons silencieuses dans la maison. Je balaie discrètement d’un regard rapide la pièce principale. Ouf, pas de nouveau cadavre ! Seule l’odeur de renfermé est là pour nous accueillir. Nous nous empressons d’ouvrir volets et fenêtres pour aérer un peu, même si je sais très bien que l’odeur incrustée ne se dissipera pas.
    Une fois les lits faits, nous nous retrouvons dans la cuisine.
    En descendant de Gavarnie, nous nous sommes arrêtées pour acheter un gâteau à la broche chez Francis, une institution dans ce coin des Pyrénées. Dans une petite grange, où l’on accède par un chemin étroit et pentu, Francis et ses aides se succèdent auprès du feu de la cheminée pour préparer, devant le public mis à contribution, le fameux gâteau en forme de cône. Nous sommes restées un moment à les observer, le visage en feu, se succéder pour arroser de pâte la broche qui tourne. Peu à peu, le gâteau se constitue autour de la broche. La pâte, qui ne cuit pas complètement, coule un peu et crée de petites excroissances. Une fois la taille voulue obtenue et après un temps d’attente, le gâteau est retiré de la broche. Il peut être dégusté sur place avec un petit cidre ou emporté. Sur le moment, j’ai regretté de ne pas le déguster sur place, en plein air, avec la bolée de cidre. Mais là, dans ma cuisine, j’apprécie que le Rocher des Pyrénées se dresse devant nous. Tentateur…
    « Tu as faim Jo ?
    -Pas trop. Je suis surtout épuisée et toi ?
    -Moi aussi. On se le garde pour demain. On pourrait se faire un petit pique nique au bord d’un lac. Je connais un endroit très agréable que je voudrais te faire découvrir.
    -Très bonne idée. Bon moi je vais me coucher.
    -D’accord. Je range notre gâteau et j’y vais aussi. »
    Assommée par la balade en montagne, la route et la surprise macabre à notre arrivée, Jo s’est effondrée comme une masse. J’entends déjà provenir de la chambre voisine un léger ronflement. Je ne tarde pas non plus à sombrer dans un sommeil peuplé de corbeaux hitchcockiens.
    Le lendemain, je suis réveillée par Jo qui toque à ma porte :
    « Hé la marmotte ! Il est 11h. »
    Jo a l’air en forme, impatiente de découvrir le lac et visiblement pas du tout affectée par la découverte de la veille. Parfait !
    Je place dans un grand panier en osier le fromage des Pyrénées et le jambon de pays achetés la veille à Luz-Saint-Sauveur ainsi que notre gâteau à la broche, un petit rosé de Provence et deux verres. J’installe le panier sur le porte-bagage de mon vélo. Avec sa forme rectangulaire, il s’adapte bien. Parfait !
    Puis c’est le départ, chacune sur un vélo, nous empruntons une voie réservée aux piétons et cyclistes. Bordée de grands arbres, la route est facile. C’est plat. Nous roulons côte à côte en devisant tranquillement, de rien.
    A notre arrivée, la perspective sur le plan d’eau arrache un cri d’émerveillement à Jo. Le lac est entouré d’arbres, des saules pleureurs et des peupliers, qui se reflètent dans une onde verte et limpide. Des petites plages de galets blancs, des nénuphars en fleurs, l’endroit est féérique.
    « Mais c’est merveilleux et désert en plus !
    – Oui à l’exception des poules d’eau, des canards et des grenouilles. »
    Installées sur un plaid épais et doux, nous nous attaquons au panier. Le rosé n’est peut-être pas assez frais mais il produit l’effet attendu et le reste est parfait. Le gâteau est exquis, le fromage de caractère, le temps splendide. Les canards coopératifs et pas agressifs gobent tout ce qu’on leur envoie.
    Un pique nique parfait, une journée sans mauvaise surprise, le corbeau oublié et le reste aussi, je respire. Enfin.

  4. Odile zeller dit :

    Texte d‘Odile

    Elle sursaute et s’exclame : „ Marine … tu es là ? Revenue ?
    La jolie rousse rit et rougit : „ je voulais … et tu n’étais pas là … comme la clé, comme d‘hab … alors … Elles se jettent dans les bras en riant. Marine l’interroge : et toi Vic ?
    Vic s’ébroue et sourit les yeux pétillants. „ Moi, toujours pareil comme la clé, rien ne change ! Tu dirais quoi d’un pique-nique à Port Blanc ?“
    Elles partent en bicyclette, les paniers suspendus aux guidons. Elles chantent à tue tête. On le regarde mais elles s’en moquent. Arrivées sur la plage, ce n’est plus la solitude de leur enfance mais leur coin au ras des rochers est encore libre. Elles étendent une nappe, déposent les fruits, les œufs durs, des tomates, le Coca et la baguette. Elles iront plus tard tâter la mer. Elles ne parlent pas, leurs gestes reprennent une chorégraphie rodée par les années. Elles remontent le cours du temps et se retrouvent là où elles en étaient quand Marine est partie.
    Elles ne disent rien, savourent les abricots juteux, tartinent sur leur pain du pâté avec des cornichons et quand un morceau tombe dans le sable … elles sont prises de fou rires.
    Marine demande le couteau en suspens … les petits Lu on a oublié les petits Lu … tu te souviens ton frère et ses petits Lu … et le café … le café de ta mère ? Au fait ta mère …
    Elles vieillissent tout à coup, regardent autour d’elles, les familles avec leurs enfants, leurs ados …
    Un regard gêné avant de chuchoter des commentaires sur la plage et de nouveau elles reprennent le rire ….
    une baignade, une sieste et l’après midi passe … les confidences viendront plus tard, à la maison.

  5. Clementy dit :

    Texte 3
    Claire restait les yeux fixés sur cette lettre inattendue qui contenait de nombreuses pages, toutes recouvertes des pattes de mouche de papé Gustave. Elle était trop stupéfaite pour commencer sa lecture et puis les autres allaient commencer à s’inquiéter. Il était temps de descendre vers la plage de Morgiou et de retrouver ses amis. Rémi avait sans doute déjà jeté l’ancre dans la crique. Elle commençait à avoir faim. Elle espérait un peu égoïstement que tout serait prêt à son arrivée. Pour cela elle faisait confiance à Rémi, très organisé, qui emmenait toujours largement de quoi nourrir six personnes durant deux jours. Elle s’était toujours moquée de cette peur de manquer qui semblait habiter Rémi et qu’elle lui avait toujours connue. Mais cela comportait aussi un avantage évident : on n’avait jamais à se préoccuper de l’organisation matérielle d’une sortie si Rémi était de la partie. Elle n’aurait qu’à se laisser porter. Ses pensées revenaient se fixer sur cette mystérieuse lettre de son grand-père. Comment une pareille idée avait pu germer dans l’esprit d’ordinaire si cartésien de son papé ? La probabilité qu’elle la trouvât était pour le moins infime. Peut-être cette lettre avait-elle moins pour objet de lui dire quelque chose, à elle, sa petite-fille, que de délivrer l’esprit de son grand-père d’un poids qui lui avait pesé durant sa vie ?
    « Claire ! Claire ! Où étais-tu passée ? On s’inquiétait ! »
    Les cris de ses amis la tirèrent de ses pensées. Elle était arrivée sur la plage sans s’en rendre compte.
    « Claire ! On commençait à imaginer que tu avais fait une chute ! Ça fait plus de deux heures qu’on s’est quitté ! Tout va bien ?
    – Oui, oui, tout va bien, je suis désolée, je n’ai pas vu le temps passer…
    – Tu es certaine que ça va, tu as l’air bizarre…
    – Oui, tout va bien, j’ai une grosse faim, c’est tout.
    – Alors, à table, tout est prêt ! »
    La sollicitude de Rémi lui faisait du bien après le choc de sa découverte. Elle avait vite caché la boite contenant la lettre dans son petit sac à dos, elle n’avait pas envie d’en parler à ses amis, pas avant qu’elle sache à quoi s’en tenir. Elle voulait être seule avec les mots de son grand-père le moment venu.
    Rémi avait étalé un paréo sur le sable et les cakes salés avaient fleuri à côté des salades. Le pique-nique s’annonçait gargantuesque. Rémi avait pensé à la bouteille de rosé fruité et frais, le péché mignon de Claire. Il lui fit un clin d’œil complice en lui servant un verre. Elle lui répondit par un sourire et ferma les yeux en humant le parfum boisé qui émanait de son verre. Le bonheur était simple.
    « Tiens, on dirait qu’on a de la visite ! » Aurore regardait par-dessus ses lunettes de soleil une silhouette qui approchait à contre-jour. Jérémie leva à peine les yeux, occupé à manger une part de cake qui avait tendance à s’émietter. « On ne connait personne ici. J’espère qu’on ne vient pas nous reprocher de pique-niquer sur la plage ! »
    « Claire ? Euh, je crois que tu devrais regarder… » Claire, allongée sur le dos, faisait une pause entre deux assiettes de salade. Elle se sentait bien, elle se tenait à l’ombre du parasol et serait volontiers restée des heures à sentir la légère brise courir sur sa peau. Elle n’avait aucune envie de bouger. Elle voulait faire comme Aurore : vivre, c’est tout.
    « Claire ? Vraiment, je crois que tu devrais regarder… » Claire soupira, un peu agacée par l’insistance de Rémi. S’il lui faisait une blague, il en entendrait parler. Elle se redressa sur un coude et cligna des yeux, cherchant à voir ce qu’on voulait tant lui montrer. D’abord elle ne vit rien. Rien d’autre que des vacanciers, comme eux, alanguis çà et là sur le sable. Quelques bateaux de pêche amarrés dans le petit port. Le soleil sur les rochers et plus loin sur la mer verte et turquoise. Comme elle aimait cet endroit ! Et puis elle vit la silhouette se découper dans le soleil, à quelques mètres d’elle seulement. Cette façon de marcher comme un oiseau craintif, de se tenir les bras croisés en avançant, pour se protéger des autres ou de la vie, de regarder sans arrêt à droite puis à gauche, furtivement, comme apeurée. Claire eut soudain très froid et se mit à trembler.
    « Maman ? »
    Elle se tenait raide, figée devant cette apparition. Elle n’avait pas vu sa mère depuis plus de cinq ans.

    • Odile zeller dit :

      Les deux thèmes familiaux se croisent, le positif et le négatif. Cela accroît la tension dans un cadre idyllique. Le lecteur reste dans l’attente et stimulé par le nouveau personnage de la mère. Très bonne tension, merci

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