Atelier 23 avril

Faute de coiffeurs

Nous allons parler cheveux

blonde, rousse, tiré par les cheveux, se crêper le chignon, un cheveu dans la soupe, se faire des cheveux blancs

toutes ses expressions devront se retrouver dans une scène chez le coiffeur.

bonne inspiration et à vos plumes

Odile

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7 réponses à Atelier 23 avril

  1. Odile zeller dit :

    Texte de Janine
    TIRÉ PAR LES CHEVEUX

    Il s’est réveillé ce matin de très mauvais poil. Ce qui n’est pas l’idéal pour un coiffeur !
    Il se regarda un instant dans les miroirs du salon de coiffure. A force de manipuler du matin au soir les cheveux de ses clientes il avait fini par prendre les siens en grippe, alors un beau jour il s’était rasé le crâne. Finalement ça lui allait plutôt bien, même si ça faisait ressortir ses oreilles décollées.

    Voyons les rendez-vous de la journée. Une permanente, deux colorations. Ah, deux ou trois coupes, là je vais me régaler et même, vu l’humeur… me défouler. Tiens… tiens… madame Ralant à 10h30. Parfois les noms deviennent vocation ! C’est pas un cadeau celle-là ! Elle trouve que je coupe toujours trop, et pourtant je me suis retenu… jusqu’à aujourd’hui !
    Il faut l’entendre. – Je voudrais une coupe pas trop courte, dégradée, la frange longue. La nuque je la préfère en pointe et surtout pas rasée. Et n’oubliez pas c’est en haut qu’il me faut du volume. On est bien d’accord ?»
    Combien de fois j’ai eu envie de lui crêper le chignon ! Façon de parler. Et la coupe c’est pas tout, il y a aussi les mèches ! – Blondes, ni trop claires, ni trop sombres, surtout pas jaunes, ni rousses, un blond… couleur miel. Enfin débrouillez-vous comme vous voulez mais camouflez-moi toute cette grisaille ! Je me fais déjà assez de cheveux blancs comme ça. Il coupe, il coupe ! Vous allez m’en laisser des cheveux? J’avais bien dit pas trop courts, vous êtes en train de me tondre là ! Je vais encore avoir mal à l’estomac !»
    Ah ! Nous y voilà ! – Dites-moi, vous n’auriez pas un problème, vous, avec le fait de couper vos cheveux ?» – Attendez, maintenant que vous m’y faites penser, peut-être bien que oui. J’avais huit ans et les cheveux jusqu’à la taille. Un jour, comme ça, comme un cheveu sur la soupe, ma mère a pris ses gros ciseaux de couturière et zac, elle les a coupés d’un coup. Quand je les ai vus par terre j’ai senti mon estomac se nouer. Depuis je sens mes boyaux se tordre chaque fois qu’on me coupe les cheveux.»
    Si elle croit qu’elle va m’attendrir avec ses histoires ! Ma bonne dame faut avancer dans la vie, prenez du Maalox avant de venir.
    Toi aujourd’hui ça va être ta fête ! Pas trop courts ! Pas trop courts ! Mon salon s’appelle «Faudra TIF Hair» idiote, si tu voulais pas les couper tes cheveux, fallait pas venir chez moi !

  2. Odile zeller dit :

    Elle déteste aller chez le coiffeur. Pendant des années elle s’est abstenue. Elle se coiffait en chignon. Jusqu’au jour où la fatigue aidant elle a décidé dans un geste radical de passer au court.
    Ce tournant a provoqué une prise de chignon familiale.
    Son père à trouvé que cela venait comme un cheveu sur la soupe à la veille des vacances. Sa mère, adepte inconditionnelle du très court lui a demandé plusieurs fois, si elle était bien sure. Ses frères ont souligné que les cheveux ça repousse.
    Arrivée chez un grand coiffeur, une fois installée dans le fauteuil, la coiffeuse voulait qu’elle soit blonde, nuance blond vénitien, alors qu’elle était fière d’être rousse aux yeux verts. Elle ne voulait pas en discuter. Ensuite la longueur fut évoquée. Court, court de combien … elle trouva le débat tiré par les cheveux.
    A sa sortie on l’attendait et les avis furent unanimes : très bien, joli, ses yeux étaient mis en valeur.
    Quelques années plus tard plus personne ne se souvenait qu’elle ait eu jamais les cheveux longs. Même les photos étaient rares.
    C’était du passé, pas de quoi se faire des cheveux blancs, ni de se crêper le chignon. Elle avait tourné la page de sa rébellion capillaire et s’était trouvée une petite coiffeuse de quartier où elle s’offrait une coupe au carré indémodable.

  3. Marie-Pierre dit :

    Je suis frère unique. J’ai deux sœurs, Marie, la blonde et Sophie, la rousse. Elles ont toutes les deux les mêmes yeux verts, les mêmes arguments tirés par les cheveux et les mêmes diplômes. Mais à chaque fois qu’elles se croisent, elles finissent par se crêper le chignon. Si j’essaye d’en placer une, de parler de mes cours de yoga ou de mon nouveau collègue, je tombe comme un cheveu sur la soupe. C’est comme ça depuis que je suis tout petit. Il n’y avait pas de place pour moi sur l’étagère de la salle de bains entre les serviettes hygiéniques, le maquillage et les déodorants de mes sœurs. Pas de place dans le salon pour mes bandes dessinées de Tintin et mes jeux vidéo. J’ai appris très tôt à jouer à la Barbie et à aimer Dirty Dancing. Question de survie. Aussi quand hier soir, Marie et Sophie, pour une fois d’accord, ont prétendu se faire des cheveux blancs pour moi, j’ai saisie l’occasion par le cheveu. Elles craignaient de me voir finir vieux garçon. Quelle femme pourrait supporter un garçon si réservé et sensible qui dépensait autant en soin pour la peau ? J’ai répondu sans hésiter : « Mais une femme, comme vous ». Pour la première fois de ma vie, je leur avais coupé le sifflet.

  4. Claude Klein dit :

    Hé, qui prend le relai?

  5. Claude Klein dit :

    – File moi une blonde Freddy. Le barman s’exécute sans rechigner. Faut dire que ce soir la lune est rousse. Tiré par les cheveux cette expression? Pas du tout s’exclame Antoine qui a inventé le salon de coiffure de plein air. Il fonctionne à chaque lune rousse.
    L’idée lui est venue comme ça une nuit. C’est vrai qu’il y avait urgence. Deux femmes, la soixantaine, étaient en train de se crêper le chignon en plein milieu du boulevard. Le Bonne Nouvelle. Et elles y allaient ces dames! Que je t’arrache une mèche. Et vlan! prends cette beigne! La raison de ce pugilat? Obscure. Un cheveu dans la soupe, paraît-il. Les leurs n’étaient qu’un fouillis inextricable. Echevelées, visages rougis, les protagonistes hurlaient maintenant. L’émeute menaçait. Déjà les badauds prenaient parti. Freddy servait des coups à tour de bras…
    Plus perturbé par l’état des chevelures de plus en plus hirsutes que par l’ambiance électrique, Antoine inspiré par le dieu des coiffeurs cria
    – Mesdames, ce soir on coiffe gratis!
    Il posa une chaise sur le trottoir et d’un geste ample, invita les Walkyries à s’asseoir. A tour de rôle, sans échanger le moindre regard, chacune des pétroleuses se soumit à une séance de remise en plis. Les habitants du quartier soupirèrent de soulagement. Plus besoin de se faire des cheveux blancs. Le calme était revenu et… personne ne paierait les pots cassés.Vive le merlan lança une voix gouailleuse.
    C’était reparti pour un tour.

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