Femmes je vous aime …. 8 Mars

Pour célébrer les femmes ….

vous écrirez un texte ou une nouvelle dans laquelle vous insérerez la phrase : „ elle était si jolie „ au moins 3 fois !

A vos plumes !

 

Odile

 

 

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6 réponses à Femmes je vous aime …. 8 Mars

  1. Hé bien les filles on dort aujourd’hui ? alors voici ma contribution – pas si facile, la contrainte. Mais les hommes, on les aime aussi !

    Le parapluie jaune
    – On va vers où, alors ?
    – Vers la mer ! J’ai besoin d’air. Il va pleuvoir, tu crois ?
    – Non, on dirait que l’averse est passée. Prends quand même un ciré !
    – Je préfère mon nouveau pépin jaune. Il en jette, tu ne trouves pas ?
    – Il ne va pas résister longtemps ! Tu sais bien comment c’est ici, avec le vent…
    Comme chaque lundi, les deux amies s’apprêtent à partir pour leur balade rituelle de deux ou trois heures. Les deux femmes se connaissent bien, pour avoir fait leurs classes ensemble. Suzanne n’a jamais quitté le pays, ni le petit salon de coiffure qui les avait embauchées toutes deux comme apprenties, et qu’elle a repris. Quant à Simone, plus connue sous le pseudo de Mona dans le monde de la haute coiffure parisienne, toujours par monts et par vaux, elle n’y était plus revenue depuis belle lurette.
    Un jour, au hasard d’un salon professionnel, les amies d’enfance se sont revues et ont sympathisé.
    Depuis trois mois, Simone vient très souvent faire un break chez son amie en Bretagne.
    – En voiture, Simone !
    – En charrette, Suzette !
    Au Café du Port, les commentaires vont bon train, quand on les voit passer bras-dessus bras-dessous.
    – Tiens, v’là les coiffeuses !
    – Ah ben oui, on est lundi !
    – Si c’est pas malheureux, deux chouettes gonzesses comme ça… Elles étaient si jolies !
    – C’est la vie, mon kiki !
    – Faut croire qu’elles zaiment pus les mecs !
    – La Suzon, elle a été mariée un sacré bail, quand même…
    – Ouais, mais on n’a jamais su si son mataf’ s’était vraiment suicidé ou quoi…
    – Z’ont rien pu prouver à l’époque, donc elle est blanche comme neige.
    – Admettons… Et l’autre ?
    – Tu la reconnais pas ? C’est la Simone…
    – Mais si ! Tu sais bien, Simone, la fille au Raymond…
    – Lequel, de Raymond ?
    – Le Raymond de la “Belle Angèle”, tiens pardi !
    – Lui qui vendait des galettes au marché…
    – Ben dites donc, elle a vachement changé !
    – Elle était si jolie…
    – Oh ça, avec la vie qu’elle mène à Paris, celle-là…
    – Mona, qu’elle se fait appeler là-bas…
    – Elle a de beaux restes, faut dire ce qui est.
    – Tu l’as jamais vue dans les magazines ?
    – Non, mais ça m’étonne pas. Elle fait quoi ?
    – Ben, coiffeuse, comme l’aut’… mais genre le dessus du panier, tu vois ?
    – Et le lundi, c’est le jour des coiffeuses !
    Insouciantes des commentaires, les deux amies passent en souriant devant l’unique café du village, sans s’arrêter, en route vers la jetée et la grande plage. C’est Simone qui le remarque.
    – Dis donc, le grand rouquin, là au café, ce serait pas le petit Yann, qui était à l’école avec nous ?
    – Si, c’est sûrement lui. J’ai entendu dire qu’il était rentré au pays la semaine dernière…
    – Il était parti où ?
    – En Irlande, aux dernières nouvelles.
    – Depuis longtemps ?
    – Je ne sais pas. Sans doute pas mal d’années. Il s’était marié là-bas. Y’a des bruits qui courent…
    – Quels bruits ?
    – On dit que sa femme ne serait pas tombée toute seule…
    – Elle est morte ?
    – Oui. Mais son accident, ce serait pas très clair, paraît-il…
    – Comment ça, “paraît-il” ?
    – Tu sais comment sont les gens, ça cause, ça ragotte…
    – On dit quoi ? Que c’est lui qui aurait tué sa femme ?
    – J’en sais rien, moi ! Les gens disent n’importe quoi ! Ils n’en savent rien…
    – Tu la connaissais ? Elle était venue ici ?
    – Oui, une fois ou deux. Elle était si jolie… Peut-être qu’il s’était passé quelque chose…
    – Comme quoi ? Qu’il était jaloux ?
    – Va savoir… Violent comme il était, gamin… Ça ne surprendrait personne ici, tu sais.
    – Non, c’est pas possible ! S’ils avaient le moindre doute sur sa culpabilité, tu crois que la police irlandaise l’aurait laissé rentrer au pays, comme ça, tranquillement ?
    – Non, tu as raison, sans doute pas, je suppose…
    – Tu te rappelles ? Il était drôlement beau garçon, à l’époque…
    – Tu trouves ? Moi, je n’ai jamais aimé les rouquins.
    – Moi si ! J’en ai connu un ou deux très… sensuels…
    – Lui, à mon avis, il ne doit pas être trop caressant. Je ne m’y fierais pas !
    – On change, tu sais. Les gens changent…
    – Oh toi, je te vois venir ! Ne va pas t’emmêler avec un gars d’ici ! Surtout pas un dans son genre…
    Le vent est tombé, mais la pluie a repris, froide et pénétrante.
    Simone déploie son grand parapluie coup de soleil, et Suzanne lui prend le bras pour s’y abriter.
    Alors qu’elles quittent la plage pour remonter vers le bourg par la route, elles croisent une camionnette jaune, une ancienne 4L de la Poste. Au volant, l’homme les aperçoit et ralentit à leur approche. Il arbore d’épais favoris et une longue chevelure du même blond-roux qui s’envole sous la brise marine, lorsqu’il penche la tête par la vitre abaissée.
    – Alors, les filles… On s’ balade ?
    – Non, on rentre ! coupe Suzanne.
    – Tiens, mais c’est le p’tit Yann, on dirait… Bonjour Yann ! lance Simone.
    – Bonjour Simone ! Ça caille aujourd’hui, hein ? Ça vous dirait, un p’tit whisky pour vous réchauffer ?
    – Je ne sais pas… Suzanne, qu’est-ce que t’en dis ?
    – Non, je n’aime pas le whisky !
    – Ah, mais le mien, c’est du bon ! Y vient tout droit d’Irlande et je vous jure qu’y vaut le détour !
    – Pourquoi pas ? Tu viens, Suzanne ?
    – Tu fais comme tu veux ! Mais pour moi, c’est non.
    – Allez montez, faites pas de manières, je vais pas vous manger, quoi !!!
    – Viens donc, Suzanne ! Cinq minutes…
    – Non, je t’ai dit ! Moi je rentre.
    – Bon… Tu es sûre, tu ne veux pas venir ?
    – Sûre !! Fais attention à toi ! Je t’aurai prévenue…
    – T’inquiète pas ! Tiens, prends mon pépin, je n’en aurai pas besoin, Yann me ramènera… Hein Yann ?
    – Pas de problème ! En voiture, Simone !!!
    Et Suzanne rentre chez elle, prise d’un coup de grisou que le pépin jaune soleil ne dissipera pas. La saison est bel et bien finie, en tout cas. Lundi prochain, c’est la Samaïn…

  2. Odile zeller dit :

    Quelques notes

    Quand j’avais le cœur broyé elle me consolait. Les souvenirs heureux revenaient : Maman au piano, Juliette à mon bras à la sortie d’un concert. Elle était si jolie que je ne pouvais l’oublier. Elle était trop jolie et pourtant ainsi allait la vie je lui ai fait des infidélités. Elle s’éloignait alors comme une photo jaunie. Eh oui le temps vieillit. Elle était si jolie qu’elle revenait, elle habitait ma vie selon ses fantaisies si si la do si … elle était si jolie cette mélodie si si la do si que je sifflotais ses quelques notes les jours nostalgiques au vent qui l’emportait

    • Claude Klein dit :

      “Elle était si jolie..” Cette phrase me renvoie à mon adolescence. Alain Barrière. Sa voix qui qui fait frémir toutes les copines quand il chante cette chanson. Une bluette toute simple. Et voilà que je me mets à fredonner. Les paroles reviennent

      “Elle était si jolie, que je n’osais l’aimer,
      Elle était si jolie, je ne peux l’oublier.
      Elle était trop jolie quand le vent l’emmenait,
      Elle fuyait ravie et le vent me disait…
      Elle est bien trop jolie et toi je te connais,
      L’aimer toute une vie, tu ne pourras jamais.
      Oui mais elle est partie, c’est bête mais c’est vrai.
      Elle était si jolie, je n’oublierai jamais…”

      Et, nous enchaînons sur Madeleine, La Fannette, les Feuilles Mortes.
      Des amis, une guitare, un groupe assis sur la plage, nous chantons à perdre haleine des soirées durant. A minuit, les pieds recouverts de sable encore tiède pour lutter contre l’humidité qui tombe comme une masse, nous nourrissons le feu avec les dernières brindilles de filao et quelques algues sèches, et, nous continuons à reprendre en boucle tout le répertoire de la bande.
      Par-dessus les flammes, nous échangeons des regards amicaux, amoureux ou simplement amusés. Parfois, un hochement de tête quand une seconde voix ou une improvisation était particulièrement réussie. Oui, nos vacances d’hiver dans l’hémisphère sud étaient chaleureuses. Tout pouvait commencer.

    • Claude Klein dit :

      J’aime beaucoup la façon de reprendre les paroles de la chanson en les insérant dans une texte aussi nostalgique qu’elles. Bravo.
      Claude

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