Logorallyes pour experts

Voici le premier d’une série de logorallye pour experts ou passionnés de logorallye.

Il s’agit d’insérer dans le texte que vous écrivez les titres de films suivants :

La dolce Vita 

Fenêtre sur cour 

Roméo et Juliette 

Le bon, la bête et le truand 

Taxi driver 

Le grand bleu 

Faites preuve d’imagination, laissez parler votre plume.
vous pouvez bien sûr en oublier un mais il est interdit de couper un titre en petits morceaux !

À vos plumes !

Odile

Vues : 115

7 réponses à Logorallyes pour experts

  1. Loretta Riedel dit :

    L´Italie inspire! Tableaux de Rome et de Naples colorés et vivants et surtout textes d´une ironie très discrète et amusante. Bravo à Odile et Martine!

  2. Odile zeller dit :

    Vacances romaines pour trio viril

    Ils sont trois, leurs amis les ont surnommés le bon, la bête et le truand. Le truand c’était à coup sûr Jérémie toujours facétieux et parfois roublard. Il a toujours un système de produits gratuits ou de restaurants où ils n’auraient rien à payer, quitte à quitter les lieux discrètement. Pierre prétend qu’il est le bon, Marc réplique «  bon en quoi ? «  et refuse d’être qualifié de brute malgré sa carrure de rugbyman ….
    Jérémie leur a trouvé un plan génial pour passer une semaine à Rome, gîte et couverts gratuits à la Villa Bonaparte… il connaît très bien Madame. Pourtant les sites historiques, les grandes tirades romantiques à la Chateaubriand, le style Roméo et Juliette … ce n’est pas leur truc. Ils sont très sportifs et leur film préféré c’est le grand bleu.
    La promesse de vivre enfin la dolce Vita les a séduits ainsi que le tarif à quelques euros du trajet aérien. L’Italie, Rome c’est pour eux pizzas, spaghettis, glaces et jolies brunes. Jérémie a évoqué les ruines du Forum et voir le Pape. Les deux autres n’ont pas pipé en haussant les épaules. Finalement ils sont logés dans une chambre à trois lits avec fenêtre sur cour. Le petit déjeuner est servi dans une immense salle à manger et le dîner, sauf cocktail avec VIP, leur est garanti.
    Et les voilà partis en métro ou à pied, ni en calèche, ni en Vespa. On leur accorde parfois une voiture conduite par un certain Luigi qu’ils appellent entre eux le Taxi Driver nostalgique.
    Les Fiat 500, les excellentes gelati les enchantent plus que les églises et une audience papale. Quand on leur a posé la question ils ont réprimé un fou rire. Le bon la bête et le truand en prière place Saint Pierre ? que diraient d’eux leurs amis. Finalement ils ont voulu voir le pape de loin à l’angélus.
    Rome leur a beaucoup plu même s’ils ont rencontré plus de Coréennes que de Romaines et encore davntage de soutanes. Mais ils ne reviendront pas, désormais ils connaissent les Caravage de Saint Louis des Français, la salle du chapitre de la Trinité des monts, les dégâts des eaux de Saint Nicolas des Lorrains et la façade de Saint Yves des Bretons … sans compter la Sixtine où ils se sont cassés le cou à chercher le doigt de Dieu et la Basilique immense et désertée après une audience.
    Leur prochaine équipée sera nature. Jérémie n’a pas de piste bon marché mais tant pis
    Ce sera la plongée, la Grèce et le grand bleu.

    • Odile zeller dit :

      Commentaire de Martine

      très original de sortir de l’Italie avec autant de reférences italiennes. Comme quoi , l’italie et ses fantasmes , c’est everywhere; j’aime beaucoup ce texte intime et du quotidien banal à la fois.

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta
    Lola
    Elle se lève, prépare son café, prend sa douche et s´habille sobrement, une tenue discrète étant de mise pour affronter l´épreuve qui l´attend. Pour toute autre personne comme par exemple … – elle ne peut s´empêcher de sourire en pensant aux trois vendeurs de fruits et légumes de son marché habituel qu´elle se plait à appeler le bon, la bête et le truand et qui, comme tous les matins, sont probablement déjà au travail en train d´installer leur stand – cette journée ne se différencie en rien de n´importe quelle autre. Pourtant, c´est son avenir qui se jouera dans quelques heures. Son cœur bat la chamade.
    Elle écarte le rideau de la fenêtre sur cour de sa chambre et scrute au-delà des vitres, comme le héros de ce vieux film de l´un de ses réalisateurs préférés, les fenêtres qui lui font face. La plupart des pièces sont encore dans le noir, une faible lumière, comme provenant d´une lampe de chevet, éclaire une des pièces chez le couple qui vient d´emménager au troisième étage de l´escalier B. Elle les a croisés hier, ils semblent vraiment amoureux se dit-elle, tels Roméo et Juliette, et cette pensée lui arrache un autre sourire. Pourvu que leur histoire se termine mieux que pour les héros de Shakespeare !
    La cour est étroite et le soleil a du mal à en percer le périmètre mais il y arrive de temps en temps et ce matin, le grand bleu du ciel laisse espérer que quelques rayons se frayeront un chemin parmi les murs gris qui délimitent l´enceinte. Elle jette un coup d´œil nerveux à son portable, elle vérifie ses appels et l´heure. Elle a encore quelques minutes avant que n´arrive Bruno, l´ami sur lequel elle sait de pouvoir toujours compter et qui est fier, pour l´occasion, de lui servir de taxi driver. Elle se l´imagine, avec son air dégingandé de latin lover désabusé mais qui cache, derrière cette allure de personnage de « La dolce vita », une âme fidèle et un cœur d´or. Le troisième sourire de la matinée ne se fait pas attendre, oui, la journée commence sous les meilleurs auspices ! Elle sent qu´elle l´aura, son concours d´entrée.

  4. martine dit :

    Souvenirs d’Italie

    L’Italie ! Elle lui manquait tellement.

    Elle lui semblait un rêve que les conditions de la pandémie lui rendaient inaccessible. Elle se souvenait de la Dolce Vita romaine, de la langueur gaie de la ville antique semblant toujours sommeiller, à la limite de l’ennui parfois, sous le soleil baignant les façades roses de ses immeubles et les terrasses de Moravia. Des courts séjours répétés et périodiques ouvraient une brèche dans la grisaille parisienne quotidienne et y dessinaient un horizon de couleurs et de sensorialité.

    Par la Fenêtre sur cour de son bureau de psychanalyste, le rouge vermillon du camélia se détachait en tâches violentes masquant le vis-à-vis de l’immeuble mitoyen à la façade crème et aux fenêtres peintes en vert nil. C’était paisible, somme toute , et s’accordait bien à la forme introspective et intime de son activité tout comme l’île où elle travaillait. Les corolles rouges faisaient écho aux multiples histoires d’amour et d’attente dont l’évocation habitait la pièce. Que serait la vie humaine sans ces rêves de passion absolue ? Qui ne s’imaginerait être un jour héros ou héroÏne de Roméo et Juliette, un amour éternel auquel seul la mort mettrait fin tout en l’inscrivant magnifiquement dans l’Histoire, surplombant avec panache les tragédies de la vie quotidienne offensantes par leur petitesse.

    Parfois aussi c’était Naples qui dominait son imaginaire, une envie intense de bleu la dévorait, depuis le ciel traversé des cris stridents des mouettes à la splendeur azurée et immobile du golfe de Pausilippe fasciné par les îles de Capri, d’Ischia, de Procida dont les silhouettes l’hypnotisent. Le bleu, le Grand Bleu ! Dans cette ville de Naples, les habitants truculents et à la vivacité pulsionnelle et sismique semblaient pouvoir être tour à tour et à la fois Le Bon, la Brute et le Truand mais sans jamais se prendre au sérieux dans aucun des rôles. Cette ville où le Vésuve menaçait , depuis la nuit des temps de vous engloutir en quelques minutes par caprice brutal de sa sismicité, affichait que rien ne saurait être vraiment grave. A Naples , on oubliait le goût du sérieux. Ou peut être n’était ce pas le sérieux du sens commun. Sur la bretelle sinueuse de la route qui conduit à Capodimonte depuis Naples, le Taxi Driver, apprenant que l’un de ses passagers était argentin, s’était exclamé : « Argentino ! ah Maradona ! speta , speta ! « et tout en conduisant en zigzag, il traversait la file inverse au mépris de sa vie et de la nôtre, s’employant à retrouver sur l’écran vidéo de son iphone, le but célébrissime du footballeur, précieusement conservé. Après quoi , heureux , ayant montré la séquence, il reprit sa route en restant dans sa voie, gai et chantonnant.

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