Logorallye avril

Bonjour

un nouveau logorallye

les mots sont les suivants :

étui, encyclopédie, épi, étude, expliquer, épaule, entier, école

interdits les thèmes portant sur maladie et confinement et aussi sur l’école … trop facile

 

Évadez vous … écrivez … lisez, critiquez, commentez …

le blog ne vit que grâce à vous

 

Odile

des plumes

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14 réponses à Logorallye avril

  1. ampie dit :

    Mon bureau est un lieu saint. Un lieu de reliques et de mémoire, exosquelette de souvenirs et d’héritages,. Des lambeaux d’histoire, la mienne, celles de mes ascendants, entourent une vaste table de chêne aux lattes en épi, œuvre de mon grand-père, transformée en bureau. Sur les étagères, trente années d’entassement me contemplent : des livres par centaines, des dictionnaires, monolingue, bilingue, analogique, de synonymes, des magazines, des calendriers, des rayons entiers de partitions de chant et de piano, d’albums de photos de quatre générations, des carnets, des cahiers, ceux que je garde de mes années d’étude et d’enseignante à l’école F. Il y a aussi des boites, de toutes tailles, des bocaux remplis de crayons, de stylos, de feutres, des étuis à lunettes, des bateaux dans des bouteilles, des coquillages rapportés de toutes les mers du monde. Autour du bureau des cartons à dessin pleins d’œuvres sans lendemain, des trieurs, des piles de livres qui n’ont pas trouvé leur place sur les étagères. Une encyclopédie de cuisine en trois volumes sert de table à des boites de métal remplies de cartes postales d’œuvres d’art. Quand je vais mal, je m’attarde devant le désordre d’une étagère et je caresse du regard l’un des objets hétéroclites qu’elle abrite. Je m’assois dans mon fauteuil de bureau, celui de mon arrière-grand-père, dans le haut dossier m’accueille comme une épaule aimante. Je ne saurais expliquer la sérénité que j’y puise.

    • Odile zeller dit :

      Une belle description qui dit beaucoup. On entre dans l’intimité de cette pièce.
      Évidemment avec notre situation actuelle on se dit qu’un inventaire serait … et puis non ne pas y toucher, garder cette profusion pour s’y sentir bien
      Merci

  2. Marie-Pierre dit :

    Valentine cherche en vain l’étui de ses lunettes. Elle pensait l’avoir laissé à côté de l’encyclopédie, mais non. Elle pense soudain l’avoir laissé dans la salle de bains quand elle a dompté les épis de ses cheveux. Non plus. Elle ne pourra pas reprendre la rédaction de son étude tant qu’elle n’aura pas expliqué comment cet étui a disparu. Elle regarde derrière son épaule presque certaine de prendre sur le fait un petit lutin farceur. Non. Le mystère reste entier. Le téléphone sonne : Maryse l’informe qu’elle a oublié un sac beige à l’école. Peut-être contient-il le facétieux étui. Peut-être pas. Peut-être que le petit lutin le remettra à sa place à côté de l’encyclopédie quand elle ira jusqu’à l’école.

  3. Odile zeller dit :

    Texte de Loretta

    Elle s´était toujours interdit de fouiller dans la chambre de sa fille. Elle se contentait de jeter un regard distrait sur les étagères de la bibliothèque, lorsqu´elle faisait un brin de ménage. À portée de vue – et de main – l´étui de la flûte languissait, l´instrument ayant été – hélas ! – délaissé par sa propriétaire. L´encyclopédie du père faisait belle figure mais tout là – haut, qui la consulte plus de nos jours ? On va sur Internet, bien plus pratique. Et puis, elle avait eu beau lui expliquer qu´apprendre à faire régner l´ordre était une école de vie, autant aurait valu prêcher dans le désert. Tiens, le bouquet d´épis de blé dont avait fait cadeau sa mère à sa petite – fille, en guise de porte – bonheur. Il y a tellement de temps de cela ! Encore entier, oublié derrière des paperasses amoncelées qui auraient bien besoin d´être triées: pas le temps, priorité aux études … L´avait – elle gardé par tendresse pour la grand´mère ou par négligence, qui saurait dire ? Elle le prit aussi délicatement que possible mais les grains secs s´effritèrent sous ses doigts, s´éparpillant au sol. Éduquer une fille, quelle responsabilité sur les épaules !

  4. Loretta Loria dit :

    J´ai beaucoup aimé ces quatre textes, Janine et Odile (vocations manquées), Claude (tout un univers à découvrir), Madeleine … (l´aventure commence!), que d´univers différents évoqués! Les textes demandent effectivement à grandevoix une suite!

  5. Odile zeller dit :

    LOGORALLYE – Avril –

    Janine

    Étienne avait un regret qui le rendait parfois mélancolique. C’est sûrement cela qui avait déterminé son caractère solitaire.
    Il n’avait pas pu fréquenter longtemps l’école alors qu’il avait le goût de l’étude et surtout qu’il en avait les capacités. Il avait eu beau expliquer à son père qu’il n’avait aucune inclination pour l’ébénisterie, il avait dû se résigner, non sans mal au début. Et puis, avec le temps, il avait appris à aimer le travail du bois.
    Pourtant dès qu’il avait pu mettre un peu d’argent de côté il avait fait un achat que sa famille avait jugé bien extravagant, une encyclopédie ! Quelle drôle d’idée ! En avait-on besoin pour chantourner une pièce de bois ?
    Lorsqu’il avait un moment de répit, Étienne se plongeait avec enthousiasme dans les différents volumes dont il caressait les pages avec volupté. Les mots le fascinaient, l’étymologie le passionnait, quant à l’orthographe, ma foi, il faisait des progrès.
    Parfois il choisissait une lettre, par exemple le E, et il lisait la définition de certains mots, pas tous bien sûr, cela aurait été fastidieux et bien assommant.
    Il avait successivement découvert l’écologie, l’ethnologie, l’éthologie, que sais-je encore. Mais c’est en explorant la lettre O qu’il avait découvert ce qui aurait pu être une vocation, l’ornithologie. Oui, ça lui aurait bien plu d’être ornithologue.
    C’est ainsi qu’il avait pris l’habitude tous les dimanches de parcourir les champs et les bois, l’étui contenant ses jumelles suspendu à l’épaule. Il pouvait rester un jour entier caché dans un fourré à observer les oiseaux, à essayer de les reconnaître à leur plumage ou à leur chant. Il lui arrivait même d’avoir de longues conversations avec des pinsons ou des merles dont il imitait les trilles. Parfois il s’allongeait à l’orée d’un champ de blé et tout en mâchouillant un brin d’herbe, il observait la course des nuages dans le ciel alors que le vent jouait dans les épis provoquant des remous, comme dans la mer.
    Alors Étienne était heureux, tous regrets envolés.

  6. Claude Klein dit :

    LOGORALLYE – étui, encyclopédie, épi, étude expliquer, épaule, entier, école.

    Albert ouvrit l’étui en cuir. Avec précaution, il fit glisser le rouleau de papyrus qui s’y trouvait sur la table ronde de son bureau/bibliothèque. Il le déroula et le lissa amoureusement. Il aurait besoin de toutes ses encyclopédies pour traduire en langage compréhensible ces hiéroglyphes datant des pharaons. Ils étaient originaires de la Haute Egypte et le Museum les lui avait confiés pour qu’il en fasse une vulgarisation. Le grand public devait absolument comprendre le système d’écriture des anciens Egyptiens et Albert en était Le spécialiste. De toutes les tables rondes, de toutes les émissions de radio et de télévision, il avait souvent eu l’occasion de partager ses connaissances. Mais là, c’était différent. C’est à partir d’un épi de blé à tête penchée, qu’il devrait construire un visuel pour l’étude des cycles des moissons à l’époque de Moïse. Un projet destiné aux techniciens en agriculture. Expliquer les sept années de vaches grasses et les sept années de vaches maigres que, fut un temps, ce pays avait expérimentées. – Quelle histoire ! En plus, il faut que je me transforme en exégète.
    Irène entra dans la pièce sur la pointe des pieds. Surtout ne pas faire de bruit. Son époux ne le supporterait pas. Bien que léger, son parfum se répandit dans l’atmosphère confinée. Elle se pencha et regarda le parchemin étalé. Un sursaut, un petit cri étouffé. Sur l’épaule gauche du savant le scarabée d’or, celui que les archéologues cherchaient depuis des siècles.
    Tout entier à sa réflexion, Albert ne s’en rendit pas compte. Il était de la vieille école : une chose à la fois ou, si vous préférez, ne jamais courir deux lièvres en même temps. Vieille maxime de chasseur à pied. Elle lui avait toujours réussi.

  7. MADELEINE BRINKMANN dit :

    Monsieur Rocusé habite, bien malgré lui, une île déserte. Il pense qu’il est le seul survivant du navire de croisière échoué il y a quelque temps en mer de Chine. Assoiffé de culture et sinologue averti, il avait commandé son billet bien à l’avance et s’était réjoui de partir. Pendant la traversée tout, du voyage en lui-même jusqu’aux excursions organisées, fut objet d’enchantement, son intelligence était à tous les instants en éveil. Jusqu’à la nuit funeste durant laquelle une terrible tempête eut lieu. Debout sur le pont avec sa veste de sauvetage, il fut arraché à la rambarde et emporté par les flots.
    Aujourd’hui, il se remémore son soulagement d’être en vie au moment de sentir la terre ferme sous les pieds. Il faisait nuit noire, mais le lendemain matin il vit sur quelle île paradisiaque il se trouvait. Je devrais plutôt parler d’îlot (parce que ce n’était pas très grand), bref, l’endroit tout entier paraissait désert. Mis à part un perroquet aux couleurs vives et brillantes qui dès son arrivée adopta son épaule comme perchoir. Ses plumes en épi sur la tête, il avait l’air lui aussi d’avoir été projeté malgré lui sur la plage par une nuit de tempête. En marchant à l’affût de débris du navire, M. Rocusé découvrit une malle. En l’ouvrant, il mit au jour une veille encyclopédie, des manuels d’école, un étui contenant des lunettes et des stylos et un bloc de papier qu’il mit à sécher au soleil. Il expliqua à Nestor le perroquet qu’il n’allait pas s’ennuyer en attendant qu’un bateau passe, il lui enseignerait le chinois ou étudierait l’encyclopédie par coeur. L’animal le regarda surpris et répéta “Par coeur?”.L’homme éclata de rire en disant “As-tu donc compris ce que je viens de te raconter ?”

  8. Odile zeller dit :

    Lucien Marinier se lèvait chaque matin très tôt. Il s’exerçait au violon une heure durant avant de petit déjeuner. Après des gammes, une étude de Paganini il rangeait son instrument dans son étui et le posait sur la console devant la fenêtre ouverte sur le balcon. La partition était ensuite rangée entre deux tomes de l’encyclopédie. En passant devant le miroir il vérifiait un épi rebelle dressé sur le haut de son crâne.
    Le café était rapidement avalé. Déjà il repassait dans sa tête les derniers dossiers de l’étude, les arguments qu’il devrait expliquer à ses clercs. Lucien est notaire, le 5 eme Marinier notaire à Saint Lo. Si Gaston son frère aîné n’avait choisi la médecine il n’aurait jamais eu cette charge sur les épaules. Sa vocation était la musique, un talent reconnu et apprécié par toute la famille. Il aurait aimé jouer comme virtuose et parcourir le monde entier. Mais son destin le vouait à l’école de notariat.
    Son téléphone se mit à vibrer …
    Son assistante criait : Maître votre violon, votre violon ….
    Lucien jeta un œil inquiet, l’étui avait disparu … son Stradivarius … mais où ? Qui ?

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